Daniel Da Hien, secrétaire national chargé de l’éducation des consommateurs au sein de la Lcb.

Produits périmés «Qu’ils fassent des affaires, mais pas en nous empoisonnant» Daniel Da Hien

Daniel Da Hien est une des figures emblématiques de la Ligue des consommateurs du Burkina. Interrogé par L’Economiste du Faso sur l’affaire Obouf, le secrétaire national chargé de l’éduction des consommateurs au sein de la Lcb se prononce. Son institution s’est constituée partie civile dans cette affaire et, pour lui, c’est déjà un succès que d’avoir traduit les fraudeurs en justice, au vu du nombre de dossiers de ce genre restés sans suite.

– L’Economiste du Faso : Quelles leçons retenez-vous de ce procès ?
Daniel Da Hien, secrétaire national chargé de l’éducation des consommateurs au sein de la Lcb : Ce qu’il faut retenir pour nous, consommateurs, c’est le fait que le procès ait eu lieu. Avant, il était impensable d’en arriver à ce stade. Ce n’est pas la première fois que notre organisation a épinglé des opérateurs sur des qualités suspectes de riz, d’huile, de sucre, etc. Les dossiers sont restés sans suite. Pire, les fonctionnaires honnêtes, qui ont participé à ces opérations qui étaient d’utilité publique, ont subi des menaces, voire des sanctions, pour n’avoir fait que leur travail.
Il est important de faire savoir que chaque fois qu’un opérateur économique ou un commerçant manipulera un produit (qu’il soit bon ou mauvais) aux fins de tromper la vigilance du consommateur, il sera poursuivi devant les tribunaux.
Ce procès, qu’importe le verdict, est un succès indéniable pour les consommateurs et leurs représentants. Leur cause qui est juste et honnête est défendable peu importe la personne incriminée, qu’elle soit proche du régime ou pas.
Nous demandons aux commerçants de faire preuve de dignité et d’intégrité. Personne ne conteste qu’ils fassent des affaires et gagnent de l’argent, mais pas en nous empoisonnant et en nous trompant.

– C’est une première de voir la Ligue se constituer partie civile. Sa constitution a été jugée partiellement fondée.
Oui, c’est la première fois. Nous avons toujours privilégié les ententes pour retirer et détruire les stocks dangereux et demander réparations quelques fois. Nous profitions également pour faire de la sensibilisation parce que certains commerçants ne mesurent pas les risques qu’ils courent et nous font courir.
Notre constitution de partie civile repose sur les faits. Le consommateur a bel et bien été trompé et je ne comprendrais pas si le juge venait à la rejeter.

– Est-ce pour cela que vous demandez 10 milliards de dommages et intérêts ? Le procès n’a pas clairement établi que les stocks ont été écoulés.
Cela représente les 2.190.000 canettes concernées, vendues. Le procès, c’est le procès. Mais nous déjà en décembre, nous avions des plaintes par rapport à ce dossier. Ce n’est pas en deux jours de travail que l’on dénonce quelqu’un. 57 tonnes ont été refusées par le Laboratoire national et la Douane qui ont demandé de les retourner. Quand ces derniers sont allés vérifier, il n’y avait plus le stock. Ne nous dites pas que l’opération date seulement des 16 et 17 février. Le flagrant délit oui.

– Le procès a-t-il déjà un impact ?
600 packs de 30 canettes, soit 18.000 canettes, ont été retirés du marché lundi dernier (Ndlr : le 30 mars) avec l’accord du propriétaire et déposés à l’Igeae. Ce retrait a été possible avec seulement la discussion avec le détenteur du stock.
Lui-même a compris que son produit n’était pas conforme, pourtant les dates sont claires, mais la qualité du produit s’est détériorée, on ne sait pas encore dans quelles conditions.
Cela veut dire que le procès a laissé des traces. Aujourd’hui, avec ce procès, nous avons envie de réveiller le dossier de Garango où cet instituteur honnête a dénoncé l’utilisation d’huile impropre à la consommation à la cantine des enfants et a subi toutes formes de tracasseries et de menaces. Or, il n’avait fait que son devoir.

Propos recueillis par FW

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Numéro d'édition: 104

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