Uemoa: Le Parlement renvoyé aux calendes grecques

Les élus de l’Union, représentants des populations de l’espace communautaire, regroupés au sein du Comité interparlementaire devraient prendre patience avant de voir l’érection définitive du Parlement de l’Uemoa.

Bien que le président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et Gouvernement de l’Uemoa s’est réjoui de l’inscription à l’ordre du jour du sommet du 19 janvier 2014 à Cotonou, du point relatif aux projets d’actes additionnels portant composition, organisation et fonctionnement du Parlement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, la rencontre s’est achevée sans qu’on ne mentionne dans les communiqués et déclarations ce qu’il en est du futur proche du parlement.
Il semble que l’Acte additionnel relatif au Parlement n’ait pas été examiné. Un sujet à reverser certainement au prochain sommet dont on ne connait pas encore la date. A l’évidence, tout n’est pas encore fin prêt pour l’installation des parlementaires dans leur siège à Bamako. Le président du Cip-Uemoa, Victor Dangnon, qui avait bon espoir que l’Acte additionnel du Parlement plénier soit adopté au sommet de Cotonou, nous affirmait déjà fin octobre 2014, en marge de leur 18e session extraordinaire tenue à Ouagadougou, qu’il n’y avait pas encore de date pour la mise en place de l’institution communautaire, mais un horizon.
Dans cet horizon figure en bonne place la réception du complexe qui abritera le siège du Parlement de l’Uemoa. C’est le Mali qui l’accueille et son Gouvernement a offert un terrain d’une superficie de près de 5 ha, situé dans la partie nord de sa capitale, le long de l’axe routier menant de Bamako à Kati. L’ouvrage initial en construction est un complexe administratif composé en grande partie de l’hémicycle et de l’hôtel des députés.
Pas moins de 15 milliards de FCFA sont prévus pour l’édification de l’immense bâtisse qui permettrait aux 40 députés régionaux (soit 5 par Etat membre) de faire leur travail dans de bonnes conditions et remplir les missions à eux confiées. Le Comité interparlementaire de l’Uemoa, institution mise en place en 2003 et appelée à devenir le Parlement de l’Union a au cours des dix dernières années mené plusieurs missions au service de la paix et de la solidarité à travers les différents pays en vue de renforcer la paix et la sécurité dans la sous-région.


 

Instance majeure de délibération

«L’entrée en vigueur prochaine du Parlement de l’Uemoa constituera une étape capitale dans la vie de l’Union et suscite l’espoir de l’accomplissement des nombreuses attentes de nos concitoyens», déclarait le président de la commission de l’Uemoa, Cheikhe Hadjibou Soumaré, en mars 2014 à Cotonou, à la tribune de la session du Cip. Les dirigeants de l’Union sont convaincus que le Parlement joue un grand rôle dans l’édification d’une démocratie véritable, et mérite, à cet effet, la considération et le respect dus à son statut. Appelé à être un véhicule d’impulsion des Assemblées nationales, le Parlement de l’Union a pour prérogatives, entre autres, d’encourager à une plus grande diligence dans la transposition des Directives de l’Union, de suivre l’équilibre budgétaire et de voter les lois de règlements. Il devrait, après son installation effective, exercer son droit de contrôle démocratique sur les Organes d’exécution de l’Union. Son concours, selon le président Dangnon, est attendu dans le renforcement de la démocratie, la promotion des libertés, la consolidation de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, la mobilisation pour une adhésion à l’idéal communautaire et la sensibilisation pour la levée des entraves au processus d’intégration.
A l’international, la présence de l’institution dans les enceintes mondiales participera à l’animation d’une véritable diplomatie parlementaire qui donnerait plus de visibilité à la région ouest-africaine.

 

Christian KONE

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Numéro d'édition: 95

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