Tambao : L’exploitation du manganèse a commencé

• Plus de 100 millions de tonnes à extraire

• Transport par la route jusqu’à la côte maritime

• Les travaux du chemin de fer toujours attendus

La mine de Tambao est attribuée à Pam, groupe international  contrôlé par Frank Timis. Souleymane Mihin est le Dg de Pam Burkina Sarl, la filiale  locale de la firme. (DR)

La mine de Tambao est attribuée à Pam, groupe international contrôlé par Frank Timis. Souleymane Mihin est le Dg de Pam Burkina Sarl, la filiale locale de la firme. (DR)

Attendue pour décembre 2014/janvier 2015, l’exploitation du manganèse de la mine de Tambao, située dans le nord du pays, près de la frontière avec le Niger et le Mali, a effectivement débuté. Souleymane Mihin, Dg de Pam Burkina Sarl, filiale de la société Pam a récemment confirmé ce démarrage. Le permis d’exploitation de la mine de Tambao a été officiellement attribué à Pam, société appartenant au milliardaire roumain Frank Timis, le 14 mai 2014.

L’exploitation du manganèse de Tambao est d’un grand intérêt économique pour le Burkina Faso. La mine est censée contenir plus de 100 millions de tonnes de manganèse. Un minerai utilisé dans la production de l’acier. Le gisement de manganèse de Tambao a été présenté comme la plus grande mine de manganèse au monde. Elle a été classée au rang de priorité par l’ancien Gouvernement. L’un des gros enjeux est que ce produit puisse permettre de diversifier l’économie nationale dépendante de l’or et du coton.
Le manganèse est un produit destiné à l’exportation. Il devra sortir du continent par le port d’Abidjan. Dans la structuration du projet, il a été prévu que le transport se fera jusqu’au port d’Abidjan par la route

Frank-Timis

Frank-Timis

Souleymane-Mihin

Souleymane-Mihin

pour les deux premières années. Après, ce sera via le chemin de fer.
De ce fait, la réhabilitation de la ligne du chemin de fer d’Abidjan à Ouagadougou, jusqu’à Kaya, et son prolongement à Tambao ont été stratégiquement planifiés pour accompagner l’exploitation.
A ce stade donc, le transport du minerai qui se fait par la voie terrestre, de Tambao à Abidjan, correspond aux prévisions. Toutefois, il y a de forts pressentiments que ce mode de transport, initialement réservé aux deux premières années, demeure bien au-delà de cette date.
La dernière conférence au sommet du Tac (Traité d’amitié et de coopération) ivoiro-burkinabè tenue le 31 juillet 2014 avait débouché sur un accord entre Pam et Bolloré. Ce dernier exploitant actuellement le chemin de fer entre la Côte d’Ivoire et le Burkina. Cet accord prévoyait le démarrage effectif des travaux de réhabilitation et du prolongement de la voie ferrée en août 2014. La conférence avait même demandé aux deux opérateurs, Bolloré et Pam, de respecter strictement le calendrier proposé. Mais sur le terrain, rien n’a encore été fait de part et d’autre.
Le volet réhabilitation incombe au groupe Bolloré, alors que le chantier du prolongement est du ressort de Pam. Joint au téléphone, Souleymane Mihin, Dg de Pan African Minerals Burkina Sarl, a indiqué que sa société attendait que Bolloré finisse sa part de réhabilitation pour leur permettre d’envisager le raccordement en suivant les mêmes données techniques. « En attendant cette situation, nous assurons le transport du minerai pas la route», a confié le Dg de Pam Burkina Sarl. Le sommet du Tac a seulement permis la signature «d’un accord-cadre général ». Il avait établi les grands principes tels que les responsabilités des différents acteurs ou le cahier des charges. Mais pour les détails, Bolloré et Pam devaient encore se réunir pour s’entendre sur les relations contractuelles.
Il leur restait notamment à fixer les annexes financières et techniques. La forme de gestion du chemin de fer commun aux deux opérateurs et les conditions tarifaires applicables à Pam lors du transport de son minerai sont des points cruciaux sur lesquels les discussions seront intenses.
Karim GADIAGA


 

Le chemin de fer très attendu

Dans une interview parue le 11 août 2014 dans L’Observateur Paalga, Sitarail, société concessionnaire du chemin de fer Abidjan-Ouaga, une filiale du groupe Bolloré, avait annoncé le démarrage des travaux de réhabilitation en 2015. « Les travaux de réhabilitation prévus dans l’accord-cadre devraient démarrer au plus tard en début 2015 pour une durée de 3 ans», avait fait savoir Joël Hounsinou, Dg de Sitarail. Ce chronogramme sera -t-il tenu? Notre demande d’informations auprès de Sitarail a été adressée et une réaction devrait normalement suivre dans les prochains jours.
Au total, les travaux sur le chemin de fer vont coûter 438 milliards de F CFA. « La réhabilitation entre Abidjan et Kaya va coûter 262 milliards de F CFA. La nouvelle ligne entre Kaya et Tambao, 176 milliards de FCFA, alors que les études de faisabilité ont déjà mobilisé environ 900 millions de F CFA », avait confié l’ancien Gouvernement. 1.250 km sont concernés par la réhabilitation. Il s’agira « d’améliorer la qualité de la voie, d’augmenter sa capacité de trafic ». A terme, le train devrait pouvoir désormais relier Ouagadougou à Abidjan en moins de 20 heures. La vitesse des trains de transport de marchandises passera de 15 km/h à 90 km/h, et le train des passagers de 25 km/h à environ 125 km/h.
Outre la réhabilitation de l’infrastructure ferroviaire, le Groupe Bolloré prévoit également le renouvellement de son matériel de transport (locomotives, wagons et engins de manœuvre). Sitarail projetait d’acquérir 6 nouvelles locomotives « de dernière génération et de fortes capacités » en début 2015. Un achat qui devrait renforcer son offre de traction. Selon le Dg, il permettra à la société de « répondre à la demande de transport de l’ensemble des clients du fret, avec un potentiel de transport journalier de plus de 3.000 tonnes ». o

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Numéro d'édition: 93

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