50 macroéconomistes venus de 11 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont partagé leurs expériences sur les nouvelles stratégies macroéconomiques en Afrique. (DR)

Macroéconomie : 50 experts en conclave à Ouagadougou

• Venus de 11 pays africains

• Ils renforcent leurs capacités

• Le Burkina Faso est l’une des dix économies les plus dynamiques de l’Afrique

Le taux de croissance, le taux de pauvreté, le Produit intérieur brut (PIB), le taux de pression fiscale, le nombre total de ménages, le nombre total de fonctionnaires, le taux d’exécution du budget, voilà autant d’indicateurs qui servent d’aide de décision aux différents gouvernants. Sans ces indicateurs, il est difficile, voire impossible pour un pays de prévoir l’avenir. Toute chose qui conduirait cet Etat vers l’impasse. L’ensemble de ces indicateurs constituent la macroéconomie d’un pays qui est gérée par des macroéconomistes. Des indicateurs qui font face à des nouveaux défis, tels que le changement climatique. Il faut envisager de nouvelles stratégies pour rester dans l’innovation. Pour s’approprier ces nouvelles méthodes de travail, 50 macroéconomistes venus de 11 pays africains, ainsi que des Commissions de l’UEMOA et de la CEMAC et des Centres régionaux d’assistance technique du FMI : l’AFRITAC Ouest et l’AFRITAC Centre ont pris part du 14 au 18 octobre 2019 à Ouagadougou, à un séminaire régional sur les bonnes pratiques en matière de gestion des modèles à base de Tableau des ressources et des emplois. Cette rencontre est une initiative de l’Agence de coopération internationale allemande (GIZ), du Fonds monétaire international (FMI) et du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement du Burkina Faso (MINEFID).
Selon les initiateurs, l’avenir peut être mieux compris en explorant les tendances futures de manière systématique à l’aide de scénarios et de modèles. Lesquels modèles, disent-ils, sont un outil important dans cet exercice. « Etant des répliques de la réalité, ils ne sont pas toujours exacts, mais ils sont sans aucun doute essentiels à l’élaboration des politiques », ajoutent-ils.
Le Burkina Faso salue le renforcement des capacités
Le Secrétaire général du MINEFID, Docteur Abel Seglaro Somé, a rappelé que c’était à partir des années 90 que les pays africains francophones se sont dotés au fur et à mesure, de modèles à base de Tableaux ressources-emplois (TRE), qui s’inspirent des modèles de Leontief. Ces modèles macroéconomiques à base de Tableaux ressources-emplois se sont imposés dans la plupart de nos pays comme outil indispensable pour réaliser le cadrage macroéconomique et budgétaire, poursuit-il. Aujourd’hui, dit-il, une dizaine de pays africains francophones et d’institutions sous-régionales utilisent cet outil pour leurs travaux d’analyse et de formulation de politiques économiques et financières. Cependant, force est de constater que la forte mobilité professionnelle dans les Directions en charge des prévisions et analyses macroéconomiques, qui, du reste, n’est pas mauvaise en soi, contribue à affaiblir la pérennisation des acquis et l’amélioration des outils de prévision dans le long terme. Ce constat a amené le Directeur général de l’Économie et de la Planification au MINEFID, Docteur Issa Kobyagda, à se réjouir de ce partage d’expériences qui va renforcer les capacités des macroéconomistes afin qu’ils soient le plus efficients possible. Le Représentant résident du département Afrique/FMI, Guy Jenkinson, a mentionné que le FMI voulait contribuer à améliorer les politiques macroéconomiques afin de promouvoir une croissance économique durable et réduire ainsi la pauvreté. Pour sa part, la Directrice résidente de GIZ au Burkina Faso, Angelika Friedrich, dit être convaincue qu’un développement économique doit toujours garder sa face humaine. Pour y parvenir, elle note que les pays ont besoin de décisions politiques qui tiennent la route. D’après elle, ces décisions politiques dépendent fortement de la qualité des analyses macroéconomiques disponibles. Sur ce, elle a exhorté les Etats de se baser sur les besoins économiques élaborés, pour tenter d’inverser la tendance négative et par conséquent, faire de la bonne gouvernance, une pratique quotidienne.

Ambèternifa Crépin SOMDA


L’économie du Burkina Faso

L’économie du Burkina Faso reste dynamique en dépit des préoccupations sécuritaires et de graves vulnérabilités aux chocs climatiques, mais les perspectives à moyen terme restent incertaines. Le Burkina Faso est l’une des dix économies les plus dynamiques de l’Afrique. Avec une croissance prévue de son PIB de 6% en 2019 (et en 2020-2021), le Burkina Faso se situe juste derrière l’Éthiopie (8,5%), le Rwanda (7,8%), le Ghana (7,6%), la Côte d’Ivoire (7%), le Sénégal (6,7%), la Tanzanie (6,6%), le Bénin (6,3%), le Kenya (6,1%) et l’Ouganda (6,1%). Cependant, compte tenu de la forte croissance démographique (environ 3% par an), le taux de croissance par capitale est proportionnellement plus faible, même s’il reste relativement supérieur à la moyenne de l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.

Source : Dossier de presse

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Numéro d'édition: 316

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