Yalgado entre deux feux

• Des renforts contre Ebola

• Une guerre contre les dessous de table et les escrocs

Yalgodo acceuille plus de 5.000 visiteurs par jour, parmi lesquels certains malfrats qui n’hésitent pas à excroquer certaines personnes. (DR)

Yalgodo acceuille plus de 5.000 visiteurs par jour, parmi lesquels certains malfrats qui n’hésitent pas à excroquer certaines personnes. (DR)

5.000. C’est le nombre de personnes qui fréquentent par jour le Centre hospitalier universitaire national Yalgado Ouédraogo. Parmi ces personnes, des malades, des accompagnants et quelques personnes pas toujours bien intentionnées. Comment gérer un tel flux sans perturber le bon fonctionnement de l’établissement et assurer la quiétude des patients et des accompagnants ?

De nouvelles mesures sont envisagées pour réduire le nombre des accompagnants à 2. Car certains malades en avaient jusqu’à 5.
L’hôpital veut éviter d’être également le nid de certains escrocs. Deux personnes ont été démasquées et croupissent actuellement en prison suite à des malversations. C’est le cas d’une dame qui a été mise aux arrêts la semaine dernière pour avoir obtenu un prêt de 14 millions de F CFA auprès d’une banque de la place avec le prétexte d’avoir obtenu un marché public de l’hôpital Yalgado pour la livraison de 170 tonnes de céréales. Le second cas est celui d’un employé de l’hôpital qui dérobait et revendait clandestinement les bouteilles à oxygène, essentielles pour la survie de certains malades.
De nombreux cas d’escroquerie ont été constatés, a confirmé le directeur de l’hôpital Yalgado, Robert Sangaré, lors d’une conférence de presse : «Il est bien triste de constater que certaines personnes se servent de l’hôpital pour commettre des arnaques. Les personnes visées sont parfois des cibles vulnérables qui se laissent berner soit dans des dessous de table ou dans d’autres conditions.
Il faut que les gens fassent attention car on ne sait pas qu’elles sont les intentions de tous ceux qui viennent à l’hôpital». Cette conférence de presse était également l’occasion pour la direction de l’hôpital d’assener un coup de gueule envers certains organes de presse.
De nombreux articles ont indexé l’hôpital Yalgado, seulement avec le témoignage de présumés victimes. Il regrette que les médias concernés ne s’approchent pas de l’administration hospitalière pour avoir sa version des faits : «La plupart du temps, ces actes ne sont pas l’œuvre des agents de l’hôpital, mais plutôt de certaines personnes malhonnêtes qui se font passer pour des agents de l’hôpital», soutient Robert Sangaré.
Lui et son équipe sont décidés à aller en guerre contre toutes ces personnes qui salissent la réputation de l’hôpital.

 


 

Des prix raisonnables

Le Centre hospitalier universitaire Yalgado est le plus grand établissement public sanitaire du Burkina Faso. Il a été ouvert en 1960 et a une capacité d’accueil de 759 lits.
Afin de permettre l’accès à la santé à tous, les prix ont été fixés comme suit: 2.000 F CFA pour toutes consultations par un spécialiste ou un généraliste, 1.000 F CFA pour les consultations avec les attachés de santé. Les chambres d’hospitalisation à 6 places sont de 500 F par jour et les chambres à catégorie de 2.000 à 5.000 F CFA le jour.
L’Etat, pour éviter les mortalités maternelles, a subventionné les césariennes dans les centres de santé publics. Ainsi, leurs coûts sont fixés à environs 11.000 F CFA.

Des renforts contre Ebola

C’est un réel ouf de soulagement pour le personnel de l’hôpital Yalgado. Ce mardi 13 octobre, les responsables du Centre hospitalier universitaire (Chu) ont reçu des kits de protection contre la maladie à virus Ebola, au ministère de la Santé.
C’est au total 500 kits, 15 lave-mains, 500 paquets de 100 gants de protection, des gels, du chlore, des thermomètres à laser et bien d’autres consomables qui ont été remis au plus grand centre hospitalier du pays. Pour accompagner la lutte, des formations adéquates seront données aux personnels soignant et administratif de l’hôpital.
Le ministre de la Santé a également souhaité que le Chu organise des séances de simulation afin de mesurer la capacité de réactivité du personnel face à un éventuel cas d’Ebola.
Du coup, le Chu de Yalgado entreprend plusieurs actions non seulement dans le cadre de la lutte contre Ebola, mais aussi pour la sécurité de l’hôpital. Un grand dispositif sécuritaire est annoncé afin de filtrer les allées et venues dans l’hôpital.
Il s’agit également de réduire le laxisme dans le contrôle des visiteurs de l’hôpital estimés à 5.000 par jour.

Germaine BIRBA

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Numéro d'édition: 80

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