Augmenter les ressources allouées à la santé, en particulier à la santé de la mère et de l’enfant et à la lutte contre le Vih/Sida. (DR)

Santé maternelle: Une faiblesse des allocations budgétaires relevée

• 23,7% des enfants de moins de 5 ans meurent du paludisme

• Baisse des dotations en faveur de la santé de la mère et de l’enfant

• Le budget pour la lutte contre le Vih/Sida reste relativement élevé

Le Réseau d’accès aux médicaments essentiels (Rame) relève la modestie des allocations budgétaires dans le domaine de la santé dans une étude sur l’«Evaluation du budget de la santé avec un focus sur la santé de la mère et de l’enfant et la lutte contre le Vih/Sida», restituée le 15 juillet 2014.

Les résultats de l’étude indique qu’en 2011, la dotation budgétaire en faveur de la santé représentait 16,34% des dépenses nationales. Cette dotation a été revue à la baisse en 2012 (9,51%) avant d’atteindre 17,03% en 2013.
Une analyse plus approfondie des allocations révèle que le budget de la «santé de la mère et de l’enfant» est en constante baisse, passant de 5,01% en 2011 à 4,49% en 2012 et 3,76% en 2013. Pendant ce temps, celui de la «lutte contre le Vih/Sida» reste relativement élevé: 13,33% en 2011, 4,92% en 2012 et 13,27% en 2013.

 En 2010, lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, le candidat du parti majoritaire, Blaise Compaoré, avait pris l’engagement de consacrer 100 milliards de FCFA à la santé de la mère et de l’enfant au cours de son mandat de 5 ans. Cette promesse est loin d’être tenue à un an de la fin de son mandat.

En 2010, lors de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, le candidat du parti majoritaire, Blaise Compaoré, avait pris l’engagement de consacrer 100 milliards de FCFA à la santé de la mère et de l’enfant au cours de son mandat de 5 ans. Cette promesse est loin d’être tenue à un an de la fin de son mandat.

Selon le Rame, la faiblesse du budget de la «santé de la mère et de l’enfant» est liée à la baisse des allocations pour le kit paludisme (1,34%) entre 2011 et 2012. Quant aux dépenses subventionnées liées aux accouchements, elles ont légèrement augmenté (0,77%) entre 2011 et 2012, avant de stagner en 2013. Pourtant, relève l’étude, le Burkina Faso a pris des engagements au niveau national et international dans le cadre de promouvoir la santé de la mère et de l’enfant. Au niveau national, il s’est engagé dans la «subvention des produits contraceptifs, le suivi des grossesses, la gratuité de la consultation prénatale depuis 2002, la subvention des accouchements et des soins obstétricaux et néonataux d’urgence depuis 2006, la prise en charge des enfants infectés par le Vih, la vaccination gratuite des femmes enceintes et des enfants de moins d’un an, etc.».
Au plan africain, le pays a adhéré à l’Initiative de Bamako (composante essentielle de la santé maternelle et infantile avec la participation de la population). Il a aussi adhéré à la maternité sans risque en 1989, dans le but de permettre l’accès des femmes aux services de soins pendant la grossesse. La Burkina Faso est partie prenante de l’appel d’Abuja du 25 avril 2000 pour protéger les enfants et les femmes enceintes du paludisme. Pour concrétiser tous ces engagements, les pays signataires de l’appel d’Abuja ont décidé d’allouer 15% du budget national à la santé. Sur le plan international, le Burkina Faso a pris des engagements pour promouvoir la santé des couches vulnérables de la population telles que la mère et l’enfant, et pour lutter efficacement contre la pandémie du Vih/Sida. Parmi les engagements, l’étude cite: «la Conférence internationale sur la population et le développement (Cipd) et à son plan d’action en 1994 qui recommandent aux Etats d’intégrer le concept de la santé sexuelle et reproductive comme une approche holistique de la santé de la femme. Aussi, l’adoption en 2000 des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd), un engagement fort des pays du monde entier pour la promotion de la santé de la mère et de l’enfant».


 

Les résultats atteints en deçà des attentes

Selon les données 2010 de l’Institut national de la statistique et de la démographie (Insd), le taux de mortalité infanto-juvénile reste élevé, soit 129 décès pour 1.000 naissances. Les principales causes immédiates de mortalité des enfants de moins de 5 ans sont : le paludisme (23,7%), les infections respiratoires aigües (13,4%) et les maladies diarrhéiques (11,5%). En 2011, le retard de croissance au Burkina Faso était encore de 34,1 % chez les enfants de moins de 5 ans et la malnutrition aiguë de 10,2%. La faible utilisation des services de santé (49% en 2008), et la forte mortalité maternelle sont des données défavorables.


 

Les recommandations de l’étude

Augmenter les ressources allouées à la santé, en particulier à la santé de la mère et de l’enfant et à la lutte contre le Vih/Sida;
œuvrer à ce que les recettes ordinaires soient prédominantes dans les recettes de l’Etat;
mettre en place des stratégies innovantes de mobilisation de ressources nationales en faveur de la santé;
la mobilisation interne des ressources ne saurait se faire sans une population bénéficiant d’une bonne santé;
maîtriser les rythmes d’évolution des dépenses budgétaires en les adossant sur les recettes ordinaires;
équilibrer le marché des soins de santé en respectant la qualité;
intégrer le processus de la décentralisation;
assurer l’équité du système,
appliquer la gestion axée sur les résultats.


 

Lutte contre le Vih/Sida: les résultats satisfaisants

L’augmentation du budget pour la lutte contre le Vih/Sida donne des résultats satisfaisants. Le taux de séroprévalence se situe à 1,1% en 2012. L’étude relève «l’adhésion et la participation de la population aux actions préventives en matière de lutte contre le Vih/Sida». Elle préconise l’instauration d’une confiance par des actions concrètes de prise en charge immédiate de la frange de la population victime de Vih/Sida et des Infections sexuellement transmissibles par un ciblage réel dans un esprit d’équité et de justice sociale.

Elie KABORE

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Numéro d'édition: 71

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