Photo du poisson carpe. (Ph. Yvan Sama).

Commerce de poisson d’eau douce: il faut faire la différence entre le « poisson sauvage » et celui de la pisciculture

• Des poissons originaires des cours d’eau et barrages du pays

• Le secteur contribue à la création de richesses du pays

• Mais fortement éprouvé par la dégradation de la situation sécuritaire

Poisson d’eau douce et poisson de pisciculture
Selon Denise Coulibaly et Alexis Bazié, il y a une différence entre le poisson d’eau douce encore appelé « poisson sauvage » et le poisson de pisciculture privé. Il est appelé « poisson sauvage » parce qu’il a grandi naturellement dans son milieu. La différence réside au niveau du goût. Le « poisson sauvage » a un meilleur goût que celui de pisciculture. Aussi, il y a la différence de couleur. Les poissons élevés sont pour la plupart noirs, tandis que ceux d’eau douce sont clairs et souvent tendent vers le rouge. Cela est dû à la qualité des eaux. Naturellement, ces deux qualités de poisson ne peuvent pas avoir le même prix. Cependant, le consommateur n’arrive pas à faire la différence. o

Longtemps jugé trop cher et délaissé par la majorité de la population au profit du poisson de mer, de nos jours, le poisson d’eau douce ne manque pas dans l’assiette des consommateurs burkinabè. Un business florissant s’est alors développé autour de la vente de ce poisson. Quelles sont ses variétés sur le marché ? D’où viennent-elles ? Les vendeurs sont-ils confrontés à des difficultés ? L’Economiste du Faso a rencontré des acteurs qui se sont prononcés sur la question.
La vente de poisson d’eau douce est très développée au Burkina Faso. Les poissons sont pêchés dans les cours d’eau et les grands barrages du pays. « Je vends principalement les poissons qui viennent du fleuve Mouhoun. Je pratique cette activité depuis 10 ans », a confié Denise Coulibaly, gérante d’une poissonnerie à Ouagadougou du nom de la « Poissonnerie Mouhoun ». Alexis Bazié est aussi gérant de poissonnerie à Ouagadougou. Il commande ses poissons d’eau douce de Kompienga, Samandeni et aussi de Dédougou.
Il existe plusieurs variétés de poisson d’eau douce sur le marché. Les variétés les plus consommées sont, notamment, la carpe, le silure, le capitaine, le macharon, la concorde, l’anguille et le poisson cheval.
Sur le marché, le poisson est vendu en fonction de sa variété et de l’évolution de l’offre et de la demande. Présentement, le prix du kilogramme (kg) de poisson d’eau douce commence à partir de 2.000 FCFA. « Je vends en gros et en détail. Je vends les grosses carpes à 3.000 FCFA le kg et les moyennes à 2.500 FCFA. Pour le prix en gros, à partir de 10 kg, je cède le kg à 2.000 FCFA », a souligné Denise Coulibaly. Mais s’il s’agit des variétés très prisées comme le capitaine, le macharon et le poisson cheval, explique-t-elle, le prix de vente est tributaire du prix d’achat chez le fournisseur.
Conditions de conservation

Photo du poisson carpe. (Ph. Yvan Sama).

Le poisson est une denrée périssable. Il a besoin d’être bien conservé dans le froid. Deux variétés de poisson d’eau douce se gâtent rapidement. Il s’agit de la carpe et du silure. En général, le poisson doit être dans le froid dès qu’il est hors de l’eau. Selon madame Coulibaly, dès que le poisson est pêché, les fournisseurs le garde au frais dans une glacière avec beaucoup de glace avant de l’acheminer à Ouagadougou. « A notre niveau, nous disposons des congélateurs dans lesquels nous les conservons ». Le poisson d’eau douce n’aime pas la chaleur. Même pour aller faire une livraison, il faut le mettre dans la glace durant le trajet, a ajouté Alexis Bazié.
Difficultés
« Nous rencontrons des difficultés au niveau de l’acheminement du poisson. Les pêcheurs ont des moyens rudimentaires. Il n’y a pas de voie qui mène au bord du fleuve pour récupérer les marchandises », a indiqué Denise Coulibaly. En plus, il y a la cherté du coût du transport de la marchandise. Cela entraîne le renchérissement du prix de vente du poisson. La surexploitation des ressources en eau rend souvent indisponibles les gros poissons sur le marché. Les consommateurs préfèrent les gros poissons que les petits.  A cela s’ajoutent les difficultés de conservation du poisson à cause des délestages. « Nous sommes dans un pays où l’énergie est insuffisante. Pendant la chaleur, il y a beaucoup de délestages. Souvent, nous sommes obligés d’acheter beaucoup de glace pour pouvoir garder nos poissons au frais », a confié, quant à lui, Alexis Bazié. De nos jours, a-t-il continué, la plus grande difficulté du secteur est la disponibilité du poisson d’eau douce. Dans les localités à fort défi sécuritaire comme Dédougou, Nouna, il est impossible d’avoir du poisson. Les terroristes ont pris le contrôle de la quasi-totalité des cours d’eau dans ces zones. Selon Denise Coulibaly, à cause de cette situation, c’est à Tougan seulement qu’elle arrive à s’approvisionner en poisson. Avant, Alexis Bazié s’approvisionnait au moins 3 fois par semaine en poisson. Mais maintenant, avec la dégradation de la situation sécuritaire, il a du mal à avoir plus de 2 approvisionnements par semaine. o
TA

 

Encadré

Poisson d’eau douce et poisson de pisciculture

Selon Denise Coulibaly et Alexis Bazié, il y a une différence entre le poisson d’eau douce encore appelé « poisson sauvage » et le poisson de pisciculture privé. Il est appelé « poisson sauvage » parce qu’il a grandi naturellement dans son milieu. La différence réside au niveau du goût. Le « poisson sauvage » a un meilleur goût que celui de pisciculture. Aussi, il y a la différence de couleur. Les poissons élevés sont pour la plupart noirs, tandis que ceux d’eau douce sont clairs et souvent tendent vers le rouge. Cela est dû à la qualité des eaux. Naturellement, ces deux qualités de poisson ne peuvent pas avoir le même prix. Cependant, le consommateur n’arrive pas à faire la différence. 

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Numéro d'édition: 444

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