Marché bancaire de l’UEMOA : 3 nouvelles institutions créées en 2017

• Au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal

• Hausse des crédits de plus de 13%

• + 17% de crédits octroyés au Faso

Installation de nouvelles banques et de nouveaux établissements financiers ; hausse du nombre d’établissements agréés de crédit et recours fréquent au refinancement par la banque centrale ; tels sont les faits qui ont caractérisé le système bancaire de l’UEMOA durant la période 2017. Dans son rapport sur les conditions de banque de l’Union, en 2017, publié en juillet 2018, la BCEAO explique que le réseau bancaire s’est consolidé avec l’installation de trois nouvelles banques et de 3 nouveaux établissements financiers. Une situation qui montre que l’activité bancaire dans l’Union est en plein essor. En 2016, l’UEMOA comptait deux nouvelles banques et 3 nouveaux établissements financiers. En 2017, ces nouvelles banques se sont implantées respectivement au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Quant aux nouveaux établissements financiers installés dans l’Union, il s’agit d’un au Sénégal et les deux autres au Niger. Une consolidation du marché bancaire qui se traduit aussi par une hausse des emplois et des ressources. Dans le rapport, la BCEAO a annoncé que les emplois se sont accrus en valeur de 3.028,4 milliards de FCFA, soit une hausse de 11% par rapport à fin 2016. «Cette progression résulte essentiellement d’une hausse des crédits (+2.236,3 milliards de FCFA ; +13,3%) et des autres emplois (+792 milliards de FCFA ; +7,4%). La structure des crédits reste dominée par les concours à court terme dont la proportion s’établirait à 46,8% en fin 2017, contre 48,5% en 2016. Les crédits à long terme ne représentent que 4,9% de l’encours total des crédits en 2017 ; tandis que la part relative aux crédits à moyen terme se chiffre à 41,5%», explique la banque centrale.

Trésorerie en baisse et recours à la Banque centrale
Une mauvaise note par contre pour les établissements de crédit, la trésorerie des banques est ressortie négative à 3.380,7 milliards de FCFA, contre un déficit de 3.150,8 milliards de FCFA enregistré en fin 2016. Conséquence de cette trésorerie en baisse : les banques font fréquemment recours au refinancement de la Banque centrale. S’agissant des ressources des établissements de crédit, elles se sont inscrites en hausse de 2.798,5 milliards de FCFA entre décembre 2016 et décembre 2017, soit une évolution de 11,5%, pour ressortir à 27.183,5 milliards de FCFA en fin décembre 2017. Cette évolution résulte essentiellement de la progression des dépôts et emprunts (2.073,9 milliards de FCFA ; +10,1%), des fonds propres nets (474,7 milliards de FCFA ; +21,7%) et de diverses ressources (249,9 milliards de FCFA ; +15,4%).

Source : BCEAO (juillet 2018 : rapport sur les conditions des banques dans l’UEMOA)
Par pays, les crédits mis en place ont augmenté en Guinée-Bissau (+14,3%), au Burkina (+17,3%) au Mali (+12,5%), au Sénégal (+11,35%) et en Côte d’Ivoire (+2,92%). En revanche, il est observé une baisse du montant des crédits octroyés au Bénin (-25,44%), au Niger (-10,22%) et au Mali (-4,25%).

+ 17% de crédits octroyés au Burkina Faso
En 2017, le cumul annuel des crédits mis en place par les banques dans l’Union s’est inscrit dans une tendance haussière. Il est passé de 12.376,8 milliards de FCFA en 2016 à 12.889,1 milliards de FCFA en 2017, soit une hausse de 4,1%.
Cette augmentation est principalement imputable aux octrois de crédits de trésorerie (+23,2%), d’exportation (+10,1%) et d’habitation (+10,1%). Par pays, les crédits mis en place ont augmenté en Guinée-Bissau (+14,3%), au Burkina (+17,3%), au Mali (+12,5%), au Sénégal (+11,35%) et en Côte d’Ivoire (+2,92%).
Notons ici que le Burkina Faso arrive en tête des crédits mis en place dans l’Union au cours de l’année 2017. Ce qui traduit le dynamisme des services bancaires du pays. En revanche, il est observé une baisse du montant des crédits octroyés au Bénin (-25,44%), au Niger (-10,22%) et au Mali (-4,25%). Les principaux bénéficiaires des crédits mis en place au cours de l’année 2017 sont les entreprises privées (60,3%), les particuliers (15,1%) et les entreprises individuelles (11,9%). Par rapport à l’année précédente, il est observé une hausse du montant des crédits octroyés aux sociétés d’Etat (+19,2%), aux entreprises individuelles (+9,4%) et aux entreprises privées du secteur moderne (+3,5%). En revanche, les crédits mis en place au profit de la clientèle financière et des particuliers sont en baisse respectivement de 12,7% et 2,6% en 2017. Pour la durée des crédits, la part des crédits à court terme demeure prépondérante. En effet, le poids des crédits dont l’échéance est inférieure ou égale à 2 ans est passé de 73,6% en 2016 à 74,9% en 2017. Les crédits à moyen terme (entre 2 ans et 5 ans) et ceux de long terme (supérieur à 5 ans et inférieur ou égal à 10 ans) représentent respectivement 13,8% et 10% en 2017, contre 15,8% et 9,3% en 2016.

Hausse des dépôts effectués
Les montants des dépôts à terme effectués à l’ouverture de nouveaux comptes sont ressortis en
hausse au cours de l’année sous revue.En effet, le cumul annuel de dépôts est ressorti à 8.396
milliards de FCFA en 2017, contre 8.059 milliards de FCFA en 2016, soit une hausse de 4,2%, en lien notamment avec la hausse des dépôts à terme effectués par les entreprises publiques (+17,6%), les ménages (+10%) et les entreprises privées du secteur productif (+5%). Par pays, le montant des nouveaux dépôts à terme s’est inscrit en hausse au Sénégal (+42,9%), en Côte d’Ivoire (+17,1%), au Mali (+14,6%) et au Bénin (+7,1%). En revanche, des baisses sont enregistrées en Guinée-Bissau (-54%), au Togo (-28%), au Burkina (-13,8%) et au Niger (-7,2%). L’examen de la structure des dépôts, suivant leurs durées, révèle qu’en 2017, 81,4% des dépôts effectués par les agents économiques sont de court terme (inférieur ou égal à 2 ans), 21,6% sont de moyen terme (entre 2 ans et 5 ans) et 5,8% sont de long terme (16,4%). La prépondérance des dépôts de court terme traduit le fait que les agents économiques constituent des ressources pour satisfaire des besoins plus ou moins immédiats.

NK

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Numéro d'édition: 265

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