Magistrats

Nous prévoyions une rentrée gouvernementale mouvementée pour le ministre Bagoro, le nouveau Garde des Sceaux. Bien avant sa prise de service, un préavis de grève des magistrats l’attendait à son bureau. Mais c’était sans compter avec le plan machiavélique des terroristes qui ont ensanglanté l’avenue Kwamé N’krumah le 15 janvier dernier.
Face à cette situation exceptionnelle, c’est plutôt le ministre en charge de la Sécurité intérieure qui était sous les feux de l’actualité. Il fallait bien gérer cette situation d’urgence. Eclipser les magistrats et leurs revendications? Pas vraiment. Non seulement leurs syndicats ont eu l’élégance et la justesse de suspendre le mot d’ordre de grève, mais en plus ils ont mis à profit les circonstances pour réfléchir sur comment donner une réponse judiciaire adaptée au défi terroriste.
Fort heureusement, deux semaines à peine après les attentats, s’est tenue la première session extraordinaire du Conseil supérieur de la magistrature. Une tribune idéale pour remettre à plat toutes les propositions du corps judiciaire et surtout solenniser l’interpellation des pouvoirs publics sur la mise en œuvre de ces propositions pour renforcer le cadre législatif et réglementaire en matière d’enquêtes et de répression du terrorisme. Les magistrats ont décidé de jouer leur partition jusqu’au bout dans cette coalition nationale contre le terrorisme. L’équipe en charge du dossier des attentats au niveau du parquet a ainsi montré des signes d’autonomie dans ces enquêtes, rassurant à cet effet. Reste à lui donner les moyens humains et matériels nécessaires à l’accomplissement de sa mission, car dans cette traque aux terroristes, il ne s’agit ni plus ni moins que de cela. Le gouvernement ne pourra pas en faire l’économie, notre sécurité en dépend. Tout comme la prise des décrets d’application qui traduiront dans les faits les changements promis par les états généraux de la justice et dont les bénéfices attendus par les justiciables se refléteront dans l’indépendance des juges et la célérité dans le traitement des dossiers.
Abdoulaye TAO

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Numéro d'édition: 144

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