Entre Canal+ Afrique et Neerwaya Multivision, c’est désormais une cohabitation pacifique et une concurrence saine. La différence qui guidera le choix du consommateur se fera sur des arguments commerciaux, techniques et d’accessibilité. (YS)

Programmes audiovisuels : Fin de la guéguerre entre Canal + et Neerwaya

• Solution trouvée à l’amiable

• Neerwaya peut reprendre les chaînes Canal +

• Arrêt de la diffusion des chaînes BeIn Sport

Fini la bagarre entre Canal + Afrique et Neerwaya Multivision. Les deux sociétés de rediffusion de programmes audiovisuels à péage ont décidé de mettre un terme au conflit qui les opposait sur l’exploitation du marché local. A la suite d’un accord signé le 26 juin 2015, une symbolique poignée de main entre David Mignot, Directeur de Canal+ Afrique, et Franck Alain Kaboré, patron de la société Neerwaya Multivision basée au Burkina, a officiellement mis fin au contentieux.

Le problème portait principalement sur la reprise des chaînes BeIn Sport par Neerwaya Multivision. Cette activité avait été qualifiée «d’illicite et d’acte de piratage». Elle a été dénoncée par le concurrent Canal+ Afrique à travers sa représentation locale. L’affaire avait même atterri devant la justice, faute d’avoir préalablement trouvé un accord auprès du Conseil supérieur de la communication (Csc).
Finalement, c’est une entente qui a pu être conclue en dehors des tribunaux. «C’est un accord gagnant-gagnant qui permet de régler à l’amiable le contentieux. Cet accord met fin au conflit judiciaire qui opposait nos deux sociétés. Tant que le contrat sera respecté et que les deux sociétés travailleront en bonne intelligence, il n’y a aucune raison qu’un conflit réapparaisse», rassure la direction de Canal+ au Burkina.
Suivant l’accord signé, Neerwaya Multivision s’est engagée «à ne plus reprendre les chaînes pour lesquelles elle n’a pas acquis les droits de diffusion». Exit donc les chaînes BeIn Sport sur Neerwaya. Pour sa part, Canal+ Afrique s’est engagée à «permettre à Neerwaya Multivision de diffuser les chaînes Canal+ dans les mêmes conditions qu’elle». A partir de maintenant, Neerwaya peut proposer à ses clients les chaînes Canal+ en lieu et place des chaînes dont il abandonne la diffusion. Ce, au même tarif que la société Canal+ Burkina et les autres distributeurs que sont Isec et Sodisat.
D’après les responsables de Canal+Burkina, cet accord constitue une belle opportunité pour Neerwaya.
«Neerwaya Multivision va pouvoir enrichir ses offres de télévision payante en proposant à ses clients l’ensemble des chaînes Canal+ diffusées sur le continent africain : Ouest, Centre, Cinéma, Séries, Sport, Foot et Family et près d’une dizaine de chaînes thématiques», explique la direction de Canal+ Burkina.
«Le client Neerwaya Multivision pourra bénéficier des programmes exclusifs, originaux et innovants proposés par les chaînes Canal+, notamment le meilleur du sport événement, avec la Ligue 1 française, le Barclays English Premier League, la Liga, ainsi que les deux plus grandes compétitions européennes, l’Uefa Champions League et l’Uefa Europa League», ajoutent les responsables de Canal+ Burkina.
Karim GADIAGA


 

La diffusion de BeIn Sport au Burkina était illégale

Pourquoi la distribution des chaînes BeIn Sport par Neerwaya au Burkina était-elle qualifiée d’illicite et d’acte de piratage ? La direction de Canal+ Burkina répond : «BeIn Sports n’est pas détentrice des droits de diffusion des compétitions sportives sur le Burkina Faso. Les chaînes BeIn qui étaient reprises par Neerwaya Multivision sont des chaînes dont les droits de diffusion ont été acquis par BeIn pour la France et le moyen- Orient. La reprise de ces chaînes au Burkina Faso s’est effectuée sans droits».
Avant de pouvoir être autorisé à diffuser les chaînes BeIn Sport au Burkina, Neerwaya Multivision «devait signer un accord de distribution avec la société BeIn et en plus ne pas diffuser les compétitions pour lesquels BeIn n’a pas acquis les droits de diffusion au Burkina Faso. Exemple : la Can (Coupe d’Afrique de nations), Coupe du monde, Ligue 1, Ligue A, Champions league…», ajoute Canal+ Burkina. o
Forte concurrence sur le marché

Selon le Conseil supérieur de la communication (Csc), structure chargée de délivrer les licences pour la diffusion des programmes audiovisuels, le secteur comptait officiellement 4 sociétés reconnues en septembre 2014. Il s’agit de Neerwaya Multivision, Canal+ Afrique, Dsk et Tvcom.
Neerwaya Multivision est la première société autorisée en juillet 1998. Ensuite, il y a eu Canal+ Afrique et Dsk Distribution en 2008. La toute dernière est Tvcom arrivée en 2013. Parmi ces sociétés, Canal+ Afrique est à la fois un opérateur de télévision payante par satellite, présente dans plus de 30 pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, et aussi une société qui commercialise les chaînes Canal + et le bouquet Canal+ composé. Au niveau du Burkina la société de diffusion Canal + est accompagnée par Isec et Sodisat, des partenaires commerciaux qui revendent exclusivement les bouquets Canal+.
De leurs côtés, Neerwaya Multivision et les autres sociétés de rediffusion se contentent de distribuer des bouquets.
Aucune société n’accepte pour le moment de dévoiler ses chiffres et de se prononcer sur son parc d’abonnés. Mais, c’est sur un marché burkinabè en pleine croissance qu’elles évoluent aujourd’hui. Grâce à ses capacités techniques, Canal+ Afrique couvre «l’intégralité du territoire». Ce qui n’est pas le cas des autres qui se limitent pour l’instant aux deux ou trois premières villes.
Une différence existe également au niveau de l’éventail de chaînes proposées. Là où ses concurrents dépassent à peine la centaine de chaînes de télévision et de radios, Canal+ Afrique annonce «plus de 200, avec une grande variété de chaînes africaines nationales ou privées».

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Numéro d'édition: 119

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