Style : Gouvernement Zida Le Faso Danfani, nouveau code vestimentaire

• La veste fait place à la tenue traditionnelle

• Des actes positifs, mais insuffisants

Le Faso Danfani, l’un des symboles de la Révolution sous Thomas Sankara, semble retrouver des couleurs au sein du gouvernement de la Transition au Burkina Faso. Le renouveau de ces vêtements en cotonnade confectionnés par les tisserands burkinabè est incarné par le Premier ministre Yacouba Isaac Zida.

En effet, peu après la stabilisation du pays suite à l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014, et à son arrivée à la tête du gouvernement de Transition, il avait troqué le treillis pour le costume.
Puis, l’on aura remarqué qu’il a rapidement retourné sa veste pour le Faso Danfani. Lorsqu’il reçoit ses hôtes à la primature ou lors de ses tournées à l’intérieur du Burkina et même hors du pays, le Premier ministre apparait vêtu, la plupart du temps, en habit traditionnel. De plus en plus, certains membres du Gouvernement lui ont emboîté le pas.
Du ministre de la Communication, Frédéric Nikiéma, au ministre de l’Education nationale et l’alphabétisation, Samadou Coulibaly, en passant par le ministre de la Culture et du tourisme, Jean Claude Dioma, et le ministre des Sports et des loisirs, David Kabré, tous apparaissent fréquemment lors des cérémonies vêtus de Faso Danfani.
Il ne s’agit sûrement pas d’instructions particulières venues du sommet de l’Etat, comme c’était le cas pendant la Révolution où se présenter à une réunion sans cette tenue occasionnait des sanctions, mais certainement une volonté du chef du Gouvernement et de certains de ses ministres de prouver que l’on peut s’habiller bien avec du local. Cette promotion de la culture burkinabè est diversement appréciée par les uns et les autres. Pour certains, cet élan contribue à rehausser le Faso Danfani et instituer la fibre patriotique. «Je pense que tout Africain doit être fier de sa culture. Le nouveau style vestimentaire des membres du Gouvernement permet de promouvoir le pagne tissé. C’est un retour aux sources qui doit inspirer tous les Burkinabè. Il est temps que nous consommons ce que nous produisons», affirme Claude Koala, un citoyen.
Pour d’autres comme le styliste François 1er, ce nouveau code vestimentaire n’est pas suffisant pour aider à la valorisation du pagne tissé: «Il ne suffit pas de porter de grands boubous en pagne tissé à la télé ou à des cérémonies officielles pour prétendre faire la promotion du Faso Danfani. Le problème est plus sérieux que cela». Le Gouvernement doit, selon lui, tout mettre à la disposition des tisserands et de tous ceux qui travaillent dans le domaine la matière première à moindre coût. Pour lui, il faut poser des actes concrets.
Germaine BIRBA


 

Producteur, mais pas transformateur

Le Burkina Faso fait partie, depuis quelques années, des plus grands producteurs de coton en Afrique. Malheureusement, toute la production est vendue à l’extérieur, au lieu d’être transformée sur place. Ce qui constitue de grosses pertes pour la population et l’Etat. Ce regain du port du Faso Danfani au sein du gouvernement burkinabè doit lui donner l’occasion d’adopter une politique forte visant à soutenir transformation sur place du coton produit.

 

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Numéro d'édition: 115

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