Les réserves du manganèse de Tambao sont aujourd’hui estimées à 107 millions de tonnes et l’exploitation est envisagée sur 30 ans. La société Pan African Tambao, attributaire du tire d’exploitation, répond à la législation en vigueur. Ses actionnaires sont d’une part l’Etat et d’autre part le groupe Timis et ses partenaires. (DR)

Les obligations de PAB en matière d’infrastructures

Sur le volet «projets intégrés», les obligations de Pan African Burkina (PAB), dans l’Accord cadre de Ppp, sont de «construire la ligne de chemin de fer Kaya – Dori -Tambao, réhabiliter complètement le chemin de fer Ouagadougou – Kaya», «financer le bitumage de la route Dori/Gorom-Gorom/Tambao après la transmission de l’étude de faisabilité par l’Etat burkinabè» et «entreprendre une étude de faisabilité pour la construction d’un barrage sur le fleuve Béli».

Sur ces quatre grands projets d’infrastructures, la réhabilitation du tronçon de chemin de fer Ouagadougou – Kaya devrait désormais être confiée au Groupe Bolloré, en raison du contrat de concession de la ligne Abidjan-Kaya jusqu’en 2030.
Les études de faisabilité du barrage ont également révélé la difficulté de le réaliser sur le fleuve Béli sans créer des conflits entre les populations profitant de ce cours d’eau. Ces nouvelles situations devront désormais être considérées dans le cadre de la relecture en cours du Ppp.
Pour le reste des infrastructures à réaliser, l’Accord cadre de Ppp est clair sur le principe de mise en œuvre. D’abord, il y a le délai. Selon l’Accord, «la durée nécessaire à la réalisation des infrastructures routières, ferroviaires, des ouvrages et équipements nécessaires à l’exploitation de la mine est de trois ans, à compter de l’acquisition du permis d’exploitation de la mine ». Sur le plan du délai, PAB, qui a obtenu son permis d’exploitation en mai 2014, estime qu’il a encore beaucoup de temps pour livrer les infrastructures. Ensuite, il y a les préalables à exécuter par le Gouvernement. Bien que la réalisation des infrastructures soit des obligations de PAB, il y a des préparatifs qui relèvent de l’Etat. Mais c’est visiblement au niveau de l’Etat burkinabè qu’il y a des dispositions à prendre. L’étude de faisabilité pour le bitumage de la route est en cours.
Le projet de convention pour « la construction, l’exploitation et le transfert du chemin de fer Kaya-Dori-Tambao » vient seulement d’être remis à Pan African Minerals Burkina le 27 février 2015. «Nous ne saurons dire pourquoi l’Etat n’a pas fini sa tâche, mais ce n’est pas à notre niveau que les choses bloquent. Malheureusement, c’est notre société que les populations ont visée lors des manifestations», regrette Souleymane Mihin, Dg de Pan African Minerals Burkina.
Concernant le volet de la relocalisation des populations, les concertations avancent bien avec les représentants pour définir les types de logement. Environ 234 personnes sur l’ensemble des 678 personnes vivant autour de la mine, soit 32 ménages, seront concernées par un déplacement physique et économique.

Bientôt, la route et le chemin de fer

Il a été prévu 40 millions de dollars pour la réalisation de la route Dori-Tambao. Toutefois, l’étude technique détaillée, telle que souhaitée, n’est pas encore disponible. La Direction générale des Routes (Dgr) du ministère des Infrastructures a récemment eu une rencontre avec PAT à ce sujet. Selon la Dgr, une procédure est en cours pour le recrutement d’un consultant chargé de cette étude. Ce consultant devrait être connu avant la fin du mois d’avril 2015. PAT indique qu’elle est capable, grâce à son expérience dans d’autres pays, de finir la construction de la route en 18 mois, quand l’étude sera disponible.
Concernant le prolongement du chemin de fer, PAT dispose maintenant du projet de convention pour la construction. Il reste l’étude technique qui doit être coordonnée avec le Groupe Bolloré en vue du démarrage des travaux.
Karim GADIAGA


Une grosse différence entre le manganèse et l’or

Le manganèse est un produit qu’on retrouve dans la poudre noire contenue dans les piles génératrices de tension électrique. On le retrouve également dans la matière qui compose les batteries de téléphones portables. Contrairement à l’or, ce qui est purement appelé manganèse n’est pas directement obtenu au Burkina. Il est extrait du sol des blocs de matières brutes contenant le manganèse. Ces blocs sont par la suite broyés pour obtenir des granulats sous forme de gravier. C’est sous cette forme que la matière brute est exportée vers l’Occident pour poursuivre son traitement. Elle va ensuite entrer dans des hauts fourneaux où le manganèse proprement dit est séparé des impuretés (déchets). La teneur en manganèse dans la matière qui entre dans le haut fourneau participe à indiquer la valeur d’un gisement. Le manganèse de Tambao a une teneur autour de 57%, alors que les plus grands concurrents ont des produits en teneur plus faible, autour de 40%.
Le mode d’exploitation du manganèse est très différent de celui de l’or. Il n’utilise pas des produits chimiques pour un traitement quelconque. Cette exploitation n’a pratiquement pas d’impact sur l’environnement, car l’activité minière consiste principalement à dégager des blocs de matière et à les concasser.

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Numéro d'édition: 106

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