Maco: Une surpopulation carcérale de 284,4%

• 15 établissements pénitentiaires sur 25 sont en surpeuplement

• Nombre de détenus en hausse de 18%

• Plus d’hommes que de femmes derrière les barreaux

Le Burkina Faso comptait 25 établissements pénitentiaires au 31 décembre 2013 qui se caractérisent par leur surpeuplement. Le taux d’occupation moyen au niveau national dans ce milieu est passé à 170,7 % en 2013 contre un taux d’occupation de 143,9% en 2012. L’examen des effectifs par établissement pénitentiaire relève qu’au 31 décembre 2013 (Tableau de bord statistique 2013 de la Justice, mai 2014), la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) présentait une capacité d’accueil de 570 détenus.

Par contre, sa population carcérale se chiffrait à 1.621 détenus, soit un taux d’occupation de 284,4%. La surpopulation carcérale reste une réalité dans 15 des 25 établissements pénitentiaires que compte le pays. Le tableau de bord statistique 2013 de la Justice (mai 2014) indique que les taux d’occupation les plus élevés ont été enregistrés à Tenkodogo (434,2%), Bobo-Dioulasso (317,2%) et Kaya (257,5%).
Cette surpopulation s’explique par l’augmentation du nombre de détenus en 2013. On en dénombrait 5.976 à la même date contre 5.035 en 2012, soit une augmentation de 18,7%. L’augmentation des détenus varie d’un établissement à un autre. Tenkodogo, avec 114,4% d’augmentation, enregistre le plus fort taux, suivi de Nouna (73,2%), Ouahigouya (70,3%), tandis que Fada N’Gourma (-21,3%), Baporo (-12,8%) et Gaoua (-12,6%) ont enregistré les plus fortes baisses. Ces différentes augmentations ont impacté le taux d’occupation de ces établissements.
Le nombre de détenus dans les différentes catégories a également connu une augmentation en 2013. Les détenus en attente de jugement ont atteint 2.232 en 2013 contre 1.721 en 2012. L’effectif des inculpés en instruction qui était de 1.069 en 2012 est passé à 1.408 en 2013, celui des prévenus 615 en 2012 contre 777 en 2013 et les condamnés 3.284 en 2012 contre 3.744 en 2013.
Le ratio détenus/gardes de sécurité pénitentiaire (Gsp) connaît une amélioration par rapport à 2004, mais a baissé entre 2012 et 2013. Il est de 5 détenus pour 1 Gsp en 2013 contre 4, 3 détenus pour 1 Gsp en 2012 et 8,1 détenus pour 1 Gsp en 2004. L’augmentation du nombre des Gsp ces dernières années expliquerait l’amélioration du ratio détenus/ Gsp.
En effet, le nombre des Gsp en 2013 serait de 1.730 en 2013, en hausse de 5,6% par rapport à 2012 où on dénombrait 1.638 gardes et 344 en 2004.
La répartition des Gsp en 2013, selon le grade, donne 4,1% d’inspecteurs, 10,8% de contrôleurs, 79,2% d’assistants et 5,9% d’agents. Celle par sexe donne 13,7% de femmes et 86,3% d’hommes.


 

Plus d’hommes que de femmes détenus

Les nouvelles entrées dans les établissements pénitentiaires en 2013, réparties selon le sexe, marquent une nette prédominance des hommes (96,6% contre 3,4% de femmes). Sur les 1.408 inculpés en 2013, seuls 39 étaient des femmes. La majorité des 3.744 condamnés en 2013 serait des hommes (3.690).
La répartition des détenus nouvellement incarcérés, par tranches d’âge, donne une forte prédominance de la tranche d’âge de 25-39 ans avec (48,6%). S’en suivent les tranches d’âge de 18-24 ans et de 40 ans et plus, avec respectivement 26,8% et 19,4% des entrées. La tranche d’âge de 13 à 17 ans (mineurs) vient en dernière position avec 5,4%.

Elie KABORE

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Numéro d'édition: 73

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