Des manifestants ont envahi   les rues de la capitale de la RDC pour exiger le départ du président Kabila à la fin de son mandat. (DR)
Des manifestants ont envahi les rues de la capitale de la RDC pour exiger le départ du président Kabila à la fin de son mandat. (DR)

Violences en RDC. Appel au calme

• Deux jours de violences

• Un calme précaire

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a lancé le 21 septembre un appel au calme en République démocratique du Congo (RDC) et insisté sur l’importance cruciale de la tenue d’une élection présidentielle dans le respect de la Constitution. Les membres du Conseil de sécurité ont fortement condamné les violences qui ont déjà provoqué la mort d’au moins 32 personnes, dont quatre policiers, les 19 et 20 septembre à Kinshasa. Le Conseil a interpellé les autorités à respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, particulièrement la liberté de rassemblement, tout en rappelant l’importance cruciale de la tenue d’une élection présidentielle pacifique, crédible, transparente, dans les délais opportuns et dans le respect de la Constitution.
Les 19 et 20 septembre derniers, la capitale de la RDC, Kinshasa, a été secouée par des violences qui ont fait entre une trentaine et une centaine de morts selon les protagonistes. Les troubles ont opposé les forces de sécurité à l’opposition qui exige le départ du président Joseph Kabila à la fin de son mandat prévue à la fin de l’année. Selon les autorités du pays, une quinzaine de détenus enfermés dans une annexe du bâtiment aurait profité du désordre pour s’enfuir. Des pillages ont donc été observés dans la capitale visant essentiellement des magasins tenus par des Chinois.
La tension restait vive à Kinshasa vendredi, tandis que la polémique sur le bilan de ces affrontements et sur les arrestations était toujours en cours. Difficile, par ailleurs, de mesurer l’ampleur de ce mouvement de protestation, car chaque fois ce sont de petits groupes qui disparaissent dès que la police arrive. Tous les protestataires disent vouloir des élections en 2016 et la possibilité d’élire un nouveau président. Ils promettent aussi de continuer à manifester.
Certains leaders de l’opposition ont été arrêtés. Après deux jours d’affrontements, le calme semble être revenu, mais le climat reste très tendu dans la capitale. Depuis le 19 septembre, à Kinshasa, mais aussi sur l’ensemble du territoire, plus aucun accès à Internet ne fonctionne. Les opérateurs téléphoniques confirment avoir reçu des instructions des autorités pour couper l’accès aux SMS et à Internet. Cette mesure, qui est en vigueur, concerne les six opérateurs du pays, l’ensemble de leurs clients, et pour une durée indéterminée. Aucune raison officielle n’a été donnée par les autorités. La loi autorise l’Etat à couper l’accès pour raison de sécurité.
Des interrogations demeurent aussi quant à la situation sécuritaire, notamment à Kinshasa.
La Constitution congolaise interdit à Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 de se représenter au terme de son mandat le 20 décembre prochain. Mais celui-ci ne semble pas vouloir quitter le pouvoir et les nouvelles élections ne semblent pas non plus pouvoir se tenir dans les délais impartis.

Germaine Birba


Situation inquiétante

Selon les émissaires de l’Onu, la situation en RDC reste préoccupante malgré les avancées de l’accord du 24 février 2013 par lequel un atmosphère positif avait prévalu après la signature de l’Accord cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région. Avec la reprise des violences ces derniers jours, toute la communauté internationale est inquiète des dérapages qui peuvent survenir, dont les appels incessants à la retenue et au calme.

Numéro d'édition: 173