Sur son site internet, Le Monde a pu constater que la surveillance des flux satellitaires, que l’on pensait quelque peu délaissée par les services de renseignements au profit des câbles sous-marins, demeure une source d’information de premier choix. (DR)

L’Afrique sous surveillance

• L’espionnage par des interceptions satellitaires

• Les spécialistes du roaming visés

 

Encore une nouvelle découverte dans les documents des archives Snowden. Le continent africain serait sous surveillance satellitaire, selon Le Monde, en collaboration avec The intercept. Les deux médias qui ont pu consulter les documents des archives Snowden (NDLR: les révélations de l’ex-consultant de la NSA, Edward Snowden, ont essentiellement porté sur l’espionnage d’Internet par les câbles sous-marins) ont révélé, le 8 décembre dernier, que les services de renseignements anglais et américains consacrent une large part de leurs ressources à l’espionnage économique et diplomatique. Et ce grâce à un gigantesque réseau de surveillance électronique qui s’appuie sur les satellites, pour ce qui concerne le continent africain.
Sur son site internet, Le Monde a pu constater que la surveillance des flux satellitaires, que l’on pensait quelque peu délaissée par les services des renseignements au profit des câbles sous-marins, demeure une source d’information de premier choix. Près d’une centaine de relevés d’interceptions des services de renseignements britanniques du Government communications headquarters (GCHQ), l’équivalent de la NSA américaine, révèle que le continent africain est largement visé par des interceptions satellitaires.
Et cette surveillance ne se limite pas qu’aux groupes armés et terroristes, puisque dans une vingtaine de pays, des élites politiques, militaires et économiques sont ciblées. Toutes les élites africaines visées. Sans oublier, bien sûr, leurs représentations diplomatiques et celles d’autres pays.
«Depuis les organisations non-gouvernementales comme Médecins sans frontières, jusqu’aux cadres des Nations-Unies, les documents du GCHQ montrent que les collectes massives des services de renseignements visent aussi – surtout – la protection d’intérêts diplomatiques ou commerciaux. En RDC, objet d’une collecte abondante, ce sont avant tout les ressources minières qui préoccupent les espions britanniques», poursuit le média français.

La chasse aux secrets des techniciens des opérateurs télécoms
Pour protéger, améliorer et maintenir leur système de collecte de données, les espions britanniques et américains visent tout particulièrement les techniciens travaillant chez les opérateurs. A commencer par les spécialistes du roaming, la technologie permettant de passer des appels sur mobile depuis l’étranger. Mais cette collecte ne se limite pas aux techniciens spécialisés : en France, le PDG d’OVH, le plus grand hébergeur de sites Web d’Europe, a été directement visé par les services de renseignements.

NK


La réponse de la NSA et du GCHQ aux révélations du «Monde»

«Nous ne faisons jamais aucun commentaire sur des sujets liés aux renseignements, a indiqué au Monde le porte-parole des services de renseignements techniques britanniques (GCHQ). Néanmoins, notre travail est mené conformément au strict cadre juridique et politique qui veille à ce que nos activités soient autorisées, nécessaires et proportionnées, et à ce qu’un contrôle rigoureux puisse être effectué par le secrétaire d’Etat, par la commission parlementaire aux renseignements et à la sécurité, ainsi que par l’autorité de régulation des interceptions et des renseignements. De plus, le régime légal des interceptions pratiquées par le Royaume Uni respecte totalement la Convention européenne des droits de l’homme».
De son côté, l’agence nationale de sécurité américaine (NSA) a fait savoir au Monde que «ses activités de renseignements sont en totale conformité avec le cadre juridique et politique en vigueur».

Commentaires

Numéro d'édition: 184