Au bout de 6 mois, la STFL devrait réunir les meilleures conditions qui permettent d’aborder sereinement la phase de sa privatisation. (DR)

STFL : Un Administrateur provisoire prend le relais

• Le sort de la société entre les mains d’Issaka Sourwèma

• 6 mois pour proposer un plan pour l’avenir

• Des pouvoirs de direction et d’administration

 

En attendant sa privatisation, la Société de transformation des fruits et légumes de Loumbila (STFL) vient d’être placée sous la responsabilité d’un Administrateur provisoire (AP). Il s’agit d’Issaka Sourwèma, précédemment PCA depuis 2014. La décision été prise lors du Conseil des ministres du 31 mars 2017.
Il est censé connaitre la nature des goulots d’étranglement, leurs origines, les niveaux d’évolutions dans la volonté ou les tentatives de les solutionner. En théorie, c’est un responsable averti qui devrait pouvoir conduire la STFL hors des difficultés qui empêchent aujourd’hui de mettre en œuvre sa privatisation.
Depuis septembre 2015, sous le gouvernement de la transition, il a été clairement établi que l’avenir de la société s’écrira sous le format de la privatisation. Ce choix a été confirmé par le régime de Roch Kaboré, à l’occasion du Conseil des ministres du 11 mai 2016.
Il reste cependant à régler des questions essentielles comme celui du « visage sous lequel elle est cédée au repreneur ». Faut-il l’opérationnaliser avant de la privatiser ou la céder en l’état ?
En rappel, il découle du rapport adopté le 9 septembre 2015 en Conseil des ministres que l’installation des équipements connaît un taux de réalisation de 70% contre seulement 24% pour la construction des infrastructures. Dans cette situation, il est apparu un besoin de financement supplémentaire estimé à environ 6,5 milliards de F CFA en 2014. Ce montant est clairement dépassé aujourd’hui et il faudra un nouvel audit industriel et organisationnel pour l’actualiser.
Outre cette question cruciale concernant le visage de la société à privatiser, il y a également le passif au plan financier. La STFL doit encore solder ses dettes. Pour les travailleurs licenciés en 2016 et les anciens responsables de la société, il y a non seulement des arriérés de salaire mais aussi les droits légaux et des droits négociés à payer. Il y a également les factures des prestataires à régler. En outre, le prêt BIDC que l’Etat devait commencer à rembourser à partir de 2014 reste sans suite.
L’ensemble de ces questions sera sur la table de l’AP Issaka Sourwèma et son équipe à constituer. Ils devront réfléchir au plan qui va permettre de les évacuer au terme de cette administration provisoire. Pour ce faire, ils disposent de 6 mois.
En plus de travailler à l’apurement du passif (dette et autres sujets pendants), l’AP doit également proposer, au terme de son mandat, le meilleur scénario pour l’avenir de la société. Ici, il s’agira précisément de dire quelle est la meilleure voie pour privatiser la STFL. La proposition devrait être suffisamment argumentée pour guider la décision finale au niveau du gouvernement.
L’AP est désormais le seul maître à bord. Il dispose à cet effet des pleins pouvoirs de direction et d’administration. Concernant les missions de l’AP, les dispositions réglementaires indiquent qu’il est chargé, entre autres, « d’établir un bilan économique, comptable et social de la société ».
Il doit également « élaborer et soumettre aux ministres de tutelle technique et de gestion de la société un projet de plan de redressement en vue de l’apurement du passif ». Pendant sa période de gestion, l’AP prépare et soumet aux ministres concernés par la société des rapports périodiques sur l’élaboration et l’exécution du plan de redressement.

Karim GADIAGA


Trouver définitivement le scénario de la privatisation

L’AP aura la délicate responsabilité de conseiller le gouvernement sur le meilleur scénario de la privatisation de la STFL. Au MINEFID, on avait visiblement choisi de finaliser l’usine avant de la céder au privé. Dans ce sens, un accord de financement complémentaire, d’un montant d’environ 15 milliards de F CFA avec la BIDC, a été obtenu. Cette somme est censée permettre de terminer la construction de l’usine. Mais tout le monde ne partage pas cette voie.
Par contre, le Conseil d’administration de la STFL, des techniciens du MCIA et même l’actionnaire privé, Crystal Trend Investment Limited qui est intéressé par la reprise de l’usine, avaient manifesté leur opposition au prêt destiné à opérationnaliser l’usine.
L’AP devra faire une proposition qui départage ces deux tendances.

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Numéro d'édition: 201