Mangue : C’est parti pour la campagne de transformation!

• Sus à la mouche des fruits

• Objectif: zéro interception

• La création d’un label en cours

 

La campagne mangue pour l’année 2018 est effective depuis le 30 mars dernier. Son lancement officiel a eu lieu à Bobo-Dioulasso en présence des acteurs de la filière et sous le parrainage du Directeur général des productions végétales (DGPV), Alassane Guiré. C’est la deuxième édition de ce lancement, après celle de 2017. C’est un moment fort voulu par l’interprofession (producteurs, transformateurs et exportateurs) afin de discipliner l’activité. Ainsi, depuis 2016, explique le président de l’Association interprofessionnelle de la mangue au Burkina, Paul Ouédraogo, deux dates ont été retenues de façon consensuelle: le 10 mars pour le démarrage de l’exportation et le 1er avril pour la campagne de séchage.

C’est dire donc que l’activité bat son plein actuellement entre action de commercialisation de la mangue fraiche et celle de la transformation dans les unités de séchage du pays. C’est une activité qui génère près de 15 milliards de F CFA, bon an mal an, avec une production annuelle estimée à 300.000 tonnes selon la DGPV. Donc une activité économique de premier rang dans les régions productrices de mangues, concentrées à l’Ouest du pays. Elle fait vivre plus 15.000 producteurs dans les régions de la Boucle du Mouhoun, des Cascades, des Hauts-Bassins et du Centre-Ouest. Mais, cette activité est menacée ces dernières années dans son volet exportation de produits frais et de produits transformés à cause d’infestations liées à la mouche des fruits. C’est un sujet de préoccupations pour l’ensemble de l’interprofession et pour le pays, en raison des devises qu’elles font perdre. M. Guiré a rappelé lors de l’ouverture de la campagne l’interpellation de l’Union européenne, principale destinataire de la mangue du Burkina : «Suite au nombre d’interceptions croissant de lots de mangues du Burkina Faso vers l’Union européenne (16 en 2016 et 20 en 2017), en raison de la présence de mouches des fruits, les instances compétentes de l’Union européenne ont interpellé notre pays par correspondance en date du 11 juillet 2017, nous demandant de prendre les mesures idoines pour éviter, sinon réduire, le nombre d’interceptions pour la campagne mangue 2018 afin d’avoir l’accès à ce marché qui reçoit plus de 80 % de nos exportations de mangues fraiches en dehors de l’Afrique». Le défi actuel est de travailler à réduire justement ces cas d’infestations en renforçant la lutte contre la mouche des fruits; principal vecteur d’anomalies pour les mangues.
Un plan de riposte est en cours d’élaboration au ministère de l’Agriculture à cet effet. Il va consister, de concert avec le maillon de la commercialisation, à améliorer le système de contrôle phytosanitaire de la mangue à l’export, par une mise à disposition d’inspecteurs phytosanitaires aux stations de conditionnement, afin d’éviter les rejets. Aussi, comme nous l’avions annoncé dans les colonnes de L’Economiste du Faso, la filière a bénéficié d’un appui communautaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) via le Programme de lutte contre les fléaux (PLCF). Dans ce cadre, des produits et équipements de lutte d’une valeur de 226 millions de FCFA; comprenant 14.000 litres de Success Appât, 80.000 sachets de Timaye, 12.000 bocs d’Invader, 100 appareils de traitement et 100 kits de protection individuelle; ont été donnés au pays. Et selon le directeur général de la production végétale, une nouvelle dotation en produits de lutte et en matériel de surveillance contre les mouches des fruits d’une valeur de plus de 80 millions de FCFA est en cours. Toutes ces actions, qui sont appelées à se renforcer, préparent le terrain à la création d’un label «mangue du Burkina», selon le parrain de la cérémonie.

FW


Les chiffres-clé de la filière 

33.701 ha, repartis dans huit provinces, principales zones de production et animées par:
15.000 producteurs, pour une production totale estimée à 300.000 tonnes de mangues fraiches l’an.
14 exportateurs internationaux, sans compter les commerçants évoluant sur le marché national et sous-régional, et qui se mobilisent à chaque campagne pour l’exploitation commerciale de la mangue.
76 unités de séchage, avec une production moyenne de 2.000 tonnes de mangues séchées par an.
1 unité industrielle; DAFANI installée à Orodara.
Plus de 2.000 emplois créés.
5 centres de conditionnement de mangues pour l’export.
1.255 ha de vergers modernes.
6 ha de pépinières.
Plus de 15 milliards de FCFA de chiffre d’affaires par saison.

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Numéro d'édition: 247