La majorité des chefs d’entreprises prévoit un retour à une situation socioéconomique normale dans un délai moyen compris entre 1 et 3 ans.

Conjoncture économique : Jugée «moyenne, sinon mauvaise»

• Résultats portant sur lepremier semestre de 2017

• Le statuquo attendu au second semestre

 

De l’avis de la majorité des hommes d’affaires, la conjoncture économique au cours du 1er semestre 2017 est moyenne, sinon mauvaise. C’est une des principales conclusions d’une étude que la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) a finalisée en août 2017.
L’enquête a été menée essentiellement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Il s’est agi de recueillir les appréciations des «patrons d’entreprises» sur la conjoncture au premier semestre en intégrant des aspects liés à l’investissement, aux mesures de soutien aux entreprises, ainsi que leurs attentes éventuelles pour atteindre des niveaux fort appréciables de croissance.
La conjecture au premier semestre «est caractéristique d’une situation d’incertitudes pour les opérateurs économiques qui optent pour une attitude d’attentisme par rapport à leurs décisions d’investissements, de production, d’exportation et même de recrutements de personnel supplémentaire», explique l’étude.
Selon 53% des avis, le climat des affaires n’est pas favorable à la bonne marche de l’activité économique. Cela concerne les trois secteurs d’activités (commerce, industries, services).
Seulement 7% des chefs d’entreprises estiment que le climat des affaires était favorable au premier semestre 2017.
Quant aux causes qui ont engendré cette situation défavorable, on évoque «l’insécurité, les grèves à répétion et la situation politique pas très rassurante».
A propos du niveau de l’emploi, l’enquête révèle qu’il a stagné au premier semestre 2017. Pareil pour les investissements. Ils ont quasiment stagné pour l’ensemble des trois secteurs d’activités ci-haut cités. Situation qui s’explique en partie par les lourdeurs administratives (22%), les difficultés d’accès au financement (21%), la dégradation du climat social (20%) et l’insécurité (18%).
Le volume des exportations dans le secteur du commerce et de l’industrie a connu une baisse. C’est ce qu’indiquent 64% des avis dans le commerce et 48% dans l’industrie. Au cours du premier semestre 2017, le niveau des exportations en volume était en baisse par rapport à la normale pour 2/3 d’entre elles.
Quant à celui des services, les avis tablent, à 67%, sur le fait qu’il a stagné au cours de la période.
Pour ce qui concerne les perspectives, pour le second semestre notamment, les opérateurs économiques ne croient pas à une grande évolution des différents paramètres.
C’est ainsi que du côté de la conjoncture, ils pensent que la situation socio-économique ne connaîtra pas d’amélioration sensible.
«Au regard de la situation actuelle, les chefs d’entreprises, pour la majorité d’entre eux (55%), prévoient un retour à une situation socioéconomique normale dans un délai moyen compris entre 1 et 3 ans, du fait d’une amélioration de la situation politique actuelle (24%), de la stabilité sociale (22%), de l’amélioration de la situation sécuritaire (21%), de l’augmentation des investissements (16%) et de l’amélioration de la situation économique du pays (15%)», indique le rapport d’enquête.
Concernant le climat des affaires, «les perspectives ne sont guère meilleures, car elles restent similaires à la situation actuelle dans les trois (3) catégories d’activités, avec plus de la moitié des chefs d’entreprises qui prévoit une situation économique moyenne (ni bonne ni mauvaise) au cours du second semestre 2017». En outre, on apprend que le niveau de l’emploi n’évoluera pas jusqu’en fin 2017 dans tous les trois secteurs.
Par contre, les investissements vont évoluer faiblement à la hausse au second semestre de l’année.
Pour les six prochains mois, le niveau des exportations en volume sera normal pour 46% des entreprises de commerce d’exportation ; en baisse par rapport à la normale pour 23% d’entre elles et en hausse par rapport à la normale pour un peu moins d’un tiers d’entre elles.
Concernant les industries, l’on pense que le niveau du stock de marchandises, de produits finis et les impayés évolueront à la baisse. Les autres variables (chiffre d’affaires, production, ventes, commandes des clients) seront légèrement en hausse par rapport à leurs niveaux au premier semestre.
Parmi les facteurs de production considérés par l’étude, l’électricité est le facteur le plus utilisé par les entreprises (99%). Cependant, son coût est le plus élevé (81%) ; tout comme celui du méga de connexion internet, et leurs distributions sont jugées mauvaises de la part des opérateurs économiques.
Au chapitre des attentes, les entreprises souhaitent surtout un accompagnement pour un accès aux crédits bancaires jugés très coûteux, la mise en place d’un fonds de financement de leurs activités et une diminution sensible de la pression fiscale. Ainsi, la prise en compte des préoccupations des opérateurs économiques est nécessaire pour une amélioration de la perception du climat des affaires de façon générale ; source de développement de l’activité des entreprises.

Karim GADIAGA


Optimiste quant au règlement de la dette intérieure

Dans l’étude, 30% des répondants affirment détenir une créance vis-à-vis de l’Etat. Pour 58% d’entre eux, ces créances sont des créances fournisseurs. Pour 23%, elles concernent des crédits TVA. 13% des chefs d’entreprises détiennent d’autres types de créances tels que les loyers des locaux loués par l’Etat, la scolarité des élèves affectés par l’Etat, les titres (bons et obligations du trésor), etc.
Parmi les entreprises qui ont de créances vis-à-vis de l’Etat, près de 58% n’ont pas constaté un début de traitement de leurs créances.
Suivant le secteur d’activités, les créances fournisseurs sont ressorties importantes dans l’industrie et les services, 59% respectivement, suivis du commerce (53%).
Dans l’ensemble, 66% des entreprises ont constaté au cours du premier semestre 2017 qu’il n’y a pas eu d’amélioration concernant le règlement de la dette intérieure de l’Etat. En revanche, elles restent majoritairement optimistes (63%) quant à son absorption au cours du second semestre de l’année.

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Numéro d'édition: 226