Le président Kaboré à l’occasion, avec ce budget-programme, de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu. (DR)

Loi de finances 2017 : Le budget-programme de Roch

• L’investissement se taille la part du lion

• 1.200 milliards de FCFA pour la relance

• Un air de PNDES

 

L’Assemblée nationale a adopté le budget gestion 2017, le 15 décembre dernier, une semaine à peine après la conférence des bailleurs de fonds sur le Plan national de développement économique et social (PNDES), qui a obtenu des promesses de financement d’un montant de plus de 18.000 milliards sur un besoin de 5.600 milliards de F CFA. Le budget 2017, comme il fallait s’y attendre, porte les marques du programme présidentiel dont le PNDES est le référentiel de mise en œuvre. Le budget 2016 qui avait été hérité de la transition était un budget d’attente. Il a été relu par deux fois par le gouvernement afin de l’adapter aux priorités du moment.
Cette fois, le gouvernement a eu les mains libres, il n’y a pas eu d’urgence. Il a fallu deux séances pour boucler les 8 étapes du vote de cette loi, le 14 et le 15 décembre.
Le parlement a adopté le budget de l’exercice 2017 pour une recette totale de 2.036 milliards de F CFA. Le budget tel qu’il se présente connait un accroissement de près de 27 % par rapport à celui du précédent exercice. Les recettes propres s’élèvent à 1.438 milliards de F CFA. Ces recettes sont l’œuvre principalement des trois régies que sont la DGI avec près de 720 milliards de F CFA, la douane avec près de 603 milliards et la direction générale du Trésor avec 113 milliards. Les recettes extraordinaires s’établissent à 566 milliards de F CFA.
Les dépenses ont connu une hausse sensible de plus de 33 % par rapport à celles du précédent exercice et chiffrent à 2.455 milliards de F CFA, avec un besoin de financement de 418.891.450.000 F CFA. Les dépenses d’investissement, pour cadrer avec les objectifs du PNDES, ont presque doublé, passant de 700 milliards en 2016 à 1.229 milliards. Les charges de personnel progressent de 6,11 %, plus de 550 milliards du fait des incidences financières des mesures prises en 2015 et 2016 en faveur de certaines catégories professionnelles. Tout comme les dépenses de fonctionnement qui passent à 145 milliards de F CFA, soit une progression de 10,9%. Le gouvernement a justifié cet accroissement par la prise en compte des 3 axes du référentiel du gouvernement que sont: 1-réformer les institutions et moderniser l’administration; 2- développer le capital humain; 3- dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et l’emploi. Les résultats attendus de cette loi de finances qui opérationnalise à grande échelle le budget-programme au niveau des finances publiques ont été présentés à l’Assemblée nationale. Les secteurs dont les résultats attendus ont été divulgués sont l’éducation, la santé, l’emploi et la formation professionnelle, l’énergie et les infrastructures (NDLR: voir encadré pour les deux derniers).
Toutes les commissions de l’Assemblée ont donné un avis favorable à cette loi de finances, un avis assorti quelquefois de recommandations ou d’observations à l’endroit du gouvernement. Le budget a été adopté à 78 voix pour, 10 contre et 37 abstentions.

AT


Les chiffres clés du budget

Recettes : 2.036.301664.000 FCFA
Dépenses : 2.455.193.114.000 FCFA
Déficit : 418.891.450.000 FCFA
Epargne budgétaire : 275.288.468.000 FCFA.


Quelques résultats attendus

– Au niveau de l’énergie
• L’électrification en 2017 de 178 nouvelles localités dans le cadre de l’offre de services d’énergie
• La mise en place d’un technopôle d’énergie
• L’installation de kits solaires chez des particuliers hors réseau SONABEL
• L’électrification d’infrastructures scolaires et sanitaires dans 300 localités rurales
• L’installation de 300 pompes solaires en milieu rural et 3.000 lampadaires solaires à Ouagadougou et à Bobo
• La construction de centrales solaires photovoltaïques de puissance unitaire de 42 kWc avec stockage (4.560 Ah) dans 50 centres médicaux avec antenne chirurgicale
• L’électrification de 87 chefs-lieux de département.

– Au niveau des infrastructures
• L’entretien courant des routes dont 2.150.715.000 FCFA pour les pistes rurales et 12.150.000.000 F CFA pour l’entretien du réseau routier classé
• Les travaux à Haute intensité de main d’œuvre (HIMO) d’un montant de 10.832.734.000 FCFA
• La réhabilitation et le renforcement de la route Koupèla-Fada et Koupèla-Gounghin d’un montant de 9.996.783.000 F CFA
• Le renforcement de la route Gounghin-Fada-Piéla-frontière du Niger pour un montant de 13.480.950.000 F CFA
• L’aménagement des routes de désenclavement interne (Dédougou-Tougan et Kongoussi-Djibo)
• L’aménagment et le bitumage de la route nationale Didyr-Toma-Tougan
• La réalisation des infrastructures du 11 décembre 2017.
Au total, il est alloué au ministère des Infrastructures un budget de 254.761.408.000 F CFA dont 90% sont consacrés aux infrastructures qui seront financées par voie de partenariat public-privé.
(Source Rapport de la COMFIB)

Commentaires

Numéro d'édition: 185