Gouvernance d’entreprise : Où sont passées les femmes ?

• Banques, assurances, téléphonies, sociétés d’Etat

• Sus aux talons aiguilles ?

• Les PME sauvent l’honneur

A l’occasion de la journée mondiale consacrée à la femme, L’Economiste du Faso vous propose son regard sur la femme et la gouvernance d’entreprise. Combien de femmes sont dans le top management des grandes entreprises au Faso?
Sur près d’une cinquantaine de grandes entreprises dans des secteurs stratégiques de l’économie, il n’y a pratiquement pas de directrice générale, à la lumière du constat fait par notre équipe dans quatre secteurs d’activités: banques, assurances, téléphonies mobiles et principales sociétés d’Etat. La Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) fait exception parmi les 19 sociétés d’Etat. Cette tendance est également marquée dans les filiales des multinationales au Burkina Faso. Il y a beaucoup d’effort à faire au niveau des grandes et des très grandes entreprises en termes de promotion du genre.
Au niveau des PME/PMI où les entreprises reposent souvent sur une personne ou sur une famille, on note çà et là des chefs d’entreprises très en vue dans l’import-export, l’immobilier, les hydrocarbures ou encore dans les médias/communication. Les chiffres du ministère du Commerce en matière de création d’entreprises sur ces trois dernières années montrent une croissance des effectifs. Toutefois, la progression du nombre d’entreprises créées par des femmes se fait timidement.
En matière de représentation dans la sphère politique, malgré tous les discours pro-genre et les mesures réglementaires en matière de quota, l’effet n’est pas tangible. Depuis 2009, la loi a prévu que 30% des listes électorales des partis politiques aux différentes élections, législatives municipales notamment, devaient être constitués de femmes. Selon les données du Conseil national pour la promotion du genre (CONAP/Genre), entre 1997 et 2015, la progression s’est faite en dents de scie.
Le nombre de femmes députés a beaucoup varié entre 1997 et 2015. Ainsi, on note que celles-ci étaient 10 en 1997, 13 en 2002, 17 en 2007 et 24 en 2012 à l’Assemblée nationale. A partir de là, le nombre de femmes députés a chuté à 13 en 2015.  En mars 2017, ce nombre est passé de 12 à 15. Ici, le positionnement sur les listes handicaperait fortement les militantes des partis. Au sein de l’exécutif, des efforts restent à faire pour améliorer la représentation des femmes. Le nouveau pouvoir qui devait reprendre le slogan de la transition qui voulait que «plus rien ne [soit] comme avant» oscille entre 24 et 27% de membres femmes. Le premier gouvernement de Paul Kaba Thiéba comptait 7 femmes sur 27 membres, et le dernier, datant de janvier 2018, comptait 9 femmes sur 33. Il est vrai qu’aucune règle ne définit la composition du gouvernement en termes quota, mais la cible de 30% sur les listes électorales devrait pouvoir être un indicateur.

FW

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Numéro d'édition: 242