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Economie: Quel bilan après le coup d’Etat ?

• Les finances publiques tiennent le choc

• L’inflation en roue libre

• Grogne des consommateurs

L’important, c’est de tirer des leçons de cette initiative pour avancer. (DR)

Le Président Damiba a fait comme promis le bilan de la Transition, le 4 septembre dernier. Il a fait un diagnostic sombre des irresponsabilités et des démissions des partis politiques, des OSC, des administrations et de l’armée elle-même qui ont conduit le pays là où il se trouve aujourd’hui. Une bonne partie du pays est sous emprise terroriste. Toute chose qui a motivé le coup d’Etat du 24 janvier 2022. Sur le plan militaire, son bilan a laissé beaucoup de Burkinabè sur leur faim. Cependant, il faut reconnaitre les efforts de réorganisation de l’armée, mieux équipée et plus alerte sur le terrain. Les résultats de tout ceci feront probablement le menu du prochain bilan prévu en janvier 2023. Le président est resté focus sur les aspects militaires, et fait des annonces de réformes qui vont probablement impacter la vie sociale et administrative du pays. Sur le volet économique, le président du Faso est resté muet en termes de Bilan, comme s’il y avait une répartition des tâches au sommet de l’Etat.
Quelques aspects ont plutôt été abordés par le Premier ministre Albert Ouédraogo, lors de sa grande interview télévisée. Cependant, qu’est-ce qu’il faut retenir du premier semestre de gestion économique de la Transition ? La bonne nouvelle, c’est que les finances publiques s’en sortent mieux que prévu. Les principales régies de recettes (DGTCP, Douanes et les Impôts) affichent globalement un niveau de recouvrement au-delà des objectifs : 110%. Cette performance est rassurante, dans la mesure où elle indique que ces administrations n’ont pas levé le pied malgré les incertitudes liées au coup d’Etat. Elle indique également que ces administrations ont affiné leurs outils de contrôle et de recouvrement dans un contexte de ralentissement de l’activité économique, enclenché bien avant le putsch mais accentué par celui-ci. Ce ralentissement a été amplifié par des coupes sèches effectuées dans les budgets de fonctionnement et d’investissements, impactant ainsi le niveau des marchés publics. L’insécurité a également plombé l’activité économique, avec des marchés de réalisation d’infrastructures gelés dans certaines parties du territoire. La petite frayeur au niveau des finances publiques est venue du marché financier régional où, du fait des menaces de sanctions de la CEDEAO, des investisseurs ont été réticents et proposaient des taux d’intérêt assez élevés pour les levées de fonds du Trésor du Burkina Faso.
Si sur le plan financier le pays s’en sort tant bien que mal, c’est au niveau de la lutte contre l’inflation qu’il faut surveiller le curseur. La vie chère talonne les ménages avec un niveau d’inflation le plus élevé de la sous-région autour de 16 et 17%.
L’augmentation du prix du pain, puis celui du carburant ont ouvert la voie à des hausses de prix dans tous les secteurs d’activités. Toute chose qui a vu le Premier ministre monter en première ligne dans les discussions avec les partenaires sociaux pour trouver des points de convergence, afin d’atténuer les impacts négatifs des augmentations. Les associations de consommateurs, pour la dernière augmentation des prix à la pompe, n’en démordent pas et demandent au gouvernement de faire marche- arrière, malgré une conjoncture internationale peu favorable.
Le gouvernement a du pain sur la planche. Ecartelé entre la lutte contre l’insécurité où le pays attend des résultats rapides et la lutte contre l’inflation, il n’a pas droit à l’erreur. Malgré des marges de manœuvre faibles.o
FW

 

Encadré

Front syndical : Bassolma Bazié démine le terrain

L’entrée du leader syndical, Bassolma Bazié, au gouvernement, a surpris plus d’un. L’homme qui était en première ligne pour battre le pavé et réclamer la satisfaction de la plate-forme revendicative de l’Unité d’action syndicale, a désormais troqué sa tenue de « Général au costume de ministre de la Fonction publique. Aux résultats déjà, deux acquis : l’augmentation du SMIG acceptée par le patronat et la relecture du Code du travail en ses aspects contestés par les syndicats depuis des lustres. Il s’agit, notamment, de l’augmentation du quantum des dommages et intérêts, de la règlementation de l’externalisation des ressources humaines, du durcissement des CDD.

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