De g à d : le ministre en charge du commerce, Abdoulaye Tall, le ministre des Mines et des Carrières, Jean Adolphe Somé, et le représentant du Premier ministre, le ministre en charge de la fonction publique, Bassolma Bazié. (Ph. La Tribune du Faso)

Exploitation minière artisanale d’or: une manne financière aux mains des terroristes

• Lieux de caches d’armes et de fabrication d’engins explosifs

• Endroit de recrutement de potentiels terroristes

• L’Etat veut vite y mettre fin

De g à d : le ministre en charge du commerce, Abdoulaye Tall, le ministre des Mines et des Carrières, Jean Adolphe Somé, et le représentant du Premier ministre, le ministre en charge de la fonction publique, Bassolma Bazié. (Ph. La Tribune du Faso)

L’exploitation minière artisanale d’or est-elle devenue une source de financement des groupes terroristes ? Pour le gouvernement du Dr Albert Ouédraogo, les artisans miniers, les organismes nationaux et internationaux qui s’intéressent à la thématique, la réponse est affirmative avec les attaques terroristes qui tenaillent le pays des Hommes intègres et ce, depuis 2015.
Comment, pourquoi et surtout quels remèdes y apporter pour préserver l’activité minière artisanale et « bouter » ces hors-la-loi du territoire ? La réflexion a fait l’objet d’un débat-panel les 14 et 15 juillet 2022 à Ouagadougou, à la faveur de la Journée de l’artisan minier (JAM) sous le thème : « Exploitation artisanale de l’or dans un contexte sécuritaire difficile : défis et perspectives ».
Le ministre des Mines et des Carrières, Jean Adolphe Somé, souligne qu’avec les attaques sur des sites aurifères artisanaux, la présence et même la prise de contrôle de certains sites par des groupes armés, on est en droit de penser que ces sites suscitent un certain intérêt pour eux et pourraient leur offrir un cadre de dissimulation et une source de financement et de recrutement.
Pour lui, ce constat a été d’ailleurs corroboré par des études qui tendent à démontrer l’intensification des activités de ces groupes armés dans les zones abritant les sites d’exploitation artisanale d’or.

Les artisans miniers veulent récupérer leurs lieux de travail

Les artisans miniers veulent récupérer leurs lieux de travail. (Ph. La Tribune du Faso)

Le représentant des artisans miniers, Mahamadou Kouama, a abondé dans le même sens en mentionnant que les sites aurifères, leurs lieux de travail, ne sont pas épargnés par l’hydre terroriste. « Nous avons perdu plusieurs de nos collègues dans ces attaques lâches sur les sites miniers artisanaux », se désole-t-il.
Mahamadou Kouama dit espérer qu’au sortir de cette rencontre, des solutions à même d’endiguer les fléaux qui minent l’exploitation artisanale seront trouvées et des mécanismes d’accompagnement seront mis en place. En attendant, il a formulé le vœu qu’ensemble, ils puissent trouver les meilleures solutions possibles pour que ce sous-secteur contribue efficacement dans la lutte contre la pauvreté et que les sites aurifères ne soient pas des sanctuaires de terroristes et leurs sources de financement.

Des propositions fortes attendues
Pour sa part, le ministre Jean Adolphe Somé a exhorté les participants venus de toutes les contrées du pays à faire un état des lieux de l’artisanat minier, de la situation sécuritaire sur les sites miniers artisanaux ; échanger sur les réformes nécessaires pour une exploitation minière responsable et profitable à tous ; rechercher et proposer des solutions pour éviter que les sites aurifères artisanaux ne servent de refuge et de sources de financement aux groupes armés terroristes ; proposer des dispositions à prendre pour la mise en œuvre des solutions proposées…et susciter une meilleure perception du secteur de l’artisanat auprès du grand public.

2 à 3 millions de personnes vivent de l’activité minière
Le ministre en charge des mines estime à plus d’un million le nombre d’acteurs sur les sites aurifères et deux à trois fois ce nombre pour ceux qui en vivent. Le PNUD avait estimé déjà, en 2011, à 1,3 million, le nombre de personnes directement liées à l’orpaillage au Burkina Faso, soit 7% de la population.

800 sites artisanaux, soient 600 actifs en 2018

Une visite des différents stands faite par les membres du gouvernement. (Ph. La Tribune du Faso)

Il a révélé que d’après l’étude sur la cartographie des sites d’orpaillage réalisée en 2018 par l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières et semi-mécanisées (ANEEMAS) et le Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB), le pays comptait 800 sites, dont 600 actifs.
Lesquels chiffres situent la place non négligeable qu’occupe l’exploitation minière artisanale au Burkina Faso. Sa contribution financière dans l’économie du pays n’est pas négligeable, à en croire le ministre. Selon l’enquête nationale sur le secteur de l’orpaillage réalisée par l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) en 2017, l’or artisanal a rapporté plus de 9,5 tonnes d’or métal correspondant à environ 235 milliards de francs CFA.
RD

 

Encadré

Les sites miniers sont utilisés à d’autres fins par les terroristes

– Caches d’armes ;
– Lieux d’approvisionnement en produits chimiques et de fabrication d’engins explosifs improvisés ;
– Lieux de prédilection pour le recrutement de certains jeunes à enrôler ;
– L’or produit est facilement passé en contrebande contre des sommes en espèces pour acheter des armes et recruter. 

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Numéro d'édition: 448

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