Allocation budgétaire/santé, éducation et protection sociale: ce que cela représente pour chaque Burkinabè

• Entre 2.000 et 30.000 FCFA

• Baisse criarde des investissements

• Au profit des dépenses courantes

Combien l’État a consacré en matière de santé, d’éducation et de protection sociale à chaque Burkinabè au titre des années 2020, 2021 et 2022 ? Selon le rapport de suivi citoyen de l’exécution des budgets alloués aux services publics essentiels (santé, éducation et protection sociale), publié le 27 mai 2022 par le Centre d’étude et de recherche appliquée en finances publiques (CERA-FP), une réponse à cette question a été trouvée.

19.000 FCFA par Burkinabè et par an
Selon le document, en 2020, le gouvernement burkinabè a consacré 17.229 FCFA pour la prise en charge sanitaire de chaque Burkinabè sur un montant de 353,003 milliards FCFA. En 2021, le secteur de la santé a reçu 398,137 milliards FCFA, dont 19.046 FCFA pour la santé de chaque Burkinabè.
Au titre de l’année 2022, le budget initial de l’Etat alloué est de 442,669 milliards FCFA au secteur de la santé, ce qui revient à 20.189 FCFA consacrés à chaque Burkinabè. Rapporté au produit intérieur brut, le budget du secteur de la santé est ressorti à 4,16% en 2022, contre 4,04 % en 2021 et 3,95% en 2020. L’examen du budget par nature de dépenses fait apparaitre la prédominance des dépenses courantes qui représentent en moyenne 67,56% des allocations budgétaires du secteur, contre 32,44% des dépenses d’investissement au profit du secteur. Sur la période, on constate une baisse relative des dépenses d’investissement passant de 37,24% en 2020 à 28,29% en 2022. La part budgétaire s’est située à 13,94% en 2020, 14,90% en 2021 et 15,16 % en 2022. Comparativement à la cible de 15%, elle n’a été respectée qu’en 2022.

27.000 FCFA pour l’éducation
Au regard des montants consentis dans le secteur éducatif, ce qui saute à l’œil, c’est que l’Etat burkinabè y accorde de l’importance. 28.420 FCFA est la somme que le gouvernement a consacrée à chaque Burkinabè en matière d’éducation, sur un budget de 623, 154 milliards FCFA. En 2020, cela représentait, pour chaque Burkinabè, la somme de 27.462 FCFA en 2021 et 27.959 FCFA en 2020 sur des budgets respectifs de 574 milliards FCFA en 2021 et 572,830 milliards FCFA en 2020.
En pourcentage du budget général, il s’est situé respectivement à 22,62% ; 21,48% et 21,35% respectivement en 2020, 2021 et 2022. Comparativement à la cible de 20%, elle a été respectée sur la période sous revue. Rapporté au produit intérieur brut, le budget du secteur de l’éducation est ressorti à 5,85% en 2022, contre 5,83% en 2021 et 6,41% en 2020, contre une moyenne mondiale de 3 à 4% du PIB. L’examen du budget par nature de dépenses fait apparaitre la prédominance des dépenses courantes qui représentent en moyenne 91% des allocations budgétaires, contre 9% des dépenses d’investissement au profit du secteur de l’éducation. Sur la période, on constate une baisse relative des dépenses d’investissement passant de 12,14% en 2020 à 8,48% en 2022.

Protection sociale : 2.700 F CFA par an
La protection sociale de chaque Burkinabè n’est pas en reste. Pour permettre à chaque Burkinabè d’y faire face, le gouvernement a consacré, en 2022, la somme de 2.762 FCFA à chaque Burkinabé, sur un budget de 60,564 milliards FCFA en 2022 du ministère de l’Action sociale. Sur 38,847 milliards FCFA en 2021, 1.858 FCFA y a été consacrée et 2.275 FCFA en 2020 sur un montant de 46,614 milliards FCFA. En pourcentage du budget général, il s’est situé à 1,84% en 2020; 1,45% en 2021 et 2,07 % en 2022.
La cible de 3,5%, elle, n’a pas été respectée sur la période sous revue. Rapporté au produit intérieur brut, le budget du secteur est ressorti à 0,57% en 2022, contre 0,39% en 2021 et 0,52% en 2020. L’examen du budget par nature de dépenses fait apparaitre la prédominance des dépenses courantes qui représentent en moyenne 74,5% des allocations budgétaires du secteur, contre 34,5% des dépenses d’investissement au profit du secteur. Sur la période, on constate une baisse importante des dépenses d’investissement passant de 34,5% en 2020 à 4,9% en 2022 ; parallèlement, les dépenses courantes sont passées de 65,5% en 2020 à 95,1% en 2022.o
Synthèse de Ambèternifa Crépin SOMDA

 

Encadré

Santé, éducation et protection sociale : baisse des dépenses d’investissements 2020,2021 et 2022

Selon certains économistes, un pays se développe grâce aux investissements. Selon le rapport du CERA-FP, il y a une baisse importante des dépenses d’investissements de l’Etat burkinabè dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la protection sociale au titre des années 2020, 2021 et 2022. Par contre, les dépenses courantes (fonctionnement, personnels, etc.) sont en hausse. Cette situation inquiétante doit interpeller les gouvernants à corriger le tir pendant qu’il est encore temps. 

Commentaires
Numéro d'édition: 444

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.