Toyota la marque préférée des Burkinabè. (Ph. Yvan Sama)

Les marques de véhicules les plus vendues

• Toyota, la préférée des Burkinabè

• Suivie de Kia et de Hyundai

• Les mécaniciens mis en cause

Daouda Liliou de la société « Liliou Auto Sur » juge le dédouanement des véhicules d’occasion cher au Burkina Faso. (Ph. Yvan Sama)

Mahamadi Nana fait savoir que faute de clients, il est obligé souvent de brader un de ses véhicules d’occasion afin de pouvoir faire face à certaines de ses charges. (Ph. Yvan Sama)

Toyota la marque préférée des Burkinabè. (Ph. Yvan Sama)

La voiture fait partie des moyens roulants les plus sécurisants. C’est ainsi que depuis quelques années, les Burkinabè n’hésitent pas à s’acheter un véhicule pour se prémunir de nombreux accidents de circulation, mais aussi pour les déplacements au service, les voyages, les loisirs…. En d’autres termes, la voiture est aujourd’hui une nécessité. Mais quelle voiture. Se pose alors la question des préférences. Quelle est donc la marque de voiture préférée des Burkinabè ? La réponse à cette question a été sans équivoque auprès des vendeurs de voitures d’occasion que sont Ets Kabré et frères ; Nik Abdoul Auto Parc, Altric Store de Idrissa Ganemtoré, Liliou Auto Sur, Ets Nana Mahamadi et Bationo Auto. Dans la matinée du 17 mai 2022, les responsables de ces structures ont confié à notre microphone que la marque Toyota était la plus achetée par les Burkinabè. Toyota, marque japonaise, est suivie des marques sud-coréennes telles que Kia et Hyundai.
Rav4 est en tête, suivie de Yaris, Highlander, Corolla, Avensis, Matrix.
Quelle série de marque Toyota est-elle la plus achetée ? Les chefs d’établissements desdites sociétés, Ets Kabré et frères ; Nik Abdoul Auto Parc, Altric Store de Idrissa Ganemtoré, Liliou Auto Sur, Ets Nana Mahamadi et Bationo Auto ont fait un classement identique. Toyota Rav4 est en tête, suivie de Toyota Yaris, Toyota Highlander, Toyota Corrola, Toyota Avensis Toyota Matrix.

Les raisons du plébiscite de Toyota
L’intérêt des Burkinabè pour la marque a plusieurs explications, à en croire les vendeurs de véhicules d’occasion. La principale raison est d’ordre économique. Les prix d’achat sont abordables, le moteur de la marque Toyota est résistant et durable, elle possède la consommation la plus basse, soit 1.6, selon Mahamadi Nana des Ets Nana Mahamadi. D’autres raisons, les pièces de rechange sont disponibles et accessibles aux mécaniciens. Les garagistes ont une parfaite maîtrise du moteur de la marque Toyota. Sa réparation est facile. La marque Toyota est adaptée aux routes nationales. Son entretien régulier est facile.
Toyota, marque visible en circulation
Si les professionnels confirment que la marque Toyota est la plus vendue, cela corrobore avec le constat qui se dégage dans la circulation de Ouagadougou. C’est bien cette marque qui est la plus visible sur les routes, dans les parkings. Rav4, Highlander, Yaris, Corrola, Avensis, Matrix sont bel et bien les plus en vue en circulation. Quelques propriétaires de ces voitures confirment que la faible consommation de carburant et le fait que les pièces de rechange ainsi que la parfaite maîtrise du moteur de véhicule par les mécaniciens ont été leurs arguments pour acheter la marque Toyota. Pour les autres marques telles que Mercedes, Mazda, Opel, Nissan, Peugeot, des clients estiment que les pièces de rechange sont difficiles à avoir, les mécaniciens ne les maîtrisent pas. Pire, elles coûtent cher à la poche.
Ambèternifa Crépin SOMDA

 

Encadré 1

Le dédouanement jugé cher

Les vendeurs de véhicules d’occasion jugent le dédouanement pratiqué par la Douane burkinabè cher. Selon Daouda Liliou de la société « Liliou Auto Sur », le dédouanement pour certaines séries de la marque Toyota varie entre 300.000 FCFA et 400.000 FCFA. Des prix jugés élevés par rapport à ceux pratiqués par la Douane des pays voisins tels que le Togo et le Bénin. Pour lui, cela les oblige à élever le prix de vente des véhicules d’occasion dans le but de rentabiliser. Seydou Tiemtoré a abondé dans le même sens en s’indignant du fait qu’au Burkina Faso, les véhicules d’occasion de 10 ans, voire plus, coûtent cher au dédouanement que les véhicules neufs. Pour lui, cela devrait être le contraire. Il a pris l’exemple du Ghana où les véhicules de 10 ans, voire plus, ne sont pas autorisés. L’année de véhicule à ne pas dépasser est de 5 ans. Cette politique ghanéenne permet de moins polluer l’environnement et de protéger les générations futures. 

 

Encadré 2

Toyota, marque préférée des Burkinabè ?
Les mécaniciens sont à l’origine

S’il est vrai que Toyota est aujourd’hui la marque préférée des Burkinabè, cela n’a pas toujours été le cas. Si la raison économique est avancée, une autre a été beaucoup évoquée et serait la principale, selon les vendeurs de voitures d’occasion. Seydou Tiemtoré (25 ans de métiers dans la vente de véhicules), a expliqué que les mécaniciens en étaient à l’origine. Il mentionne qu’au départ, il y a quelques années, la marque préférée était la Mercedes, constructeur allemand, et la Peugeot (français). Mais qu’avec le temps, d’autres marques sont arrivées sur le marché burkinabè telles que Scania, Renault, mais les mécaniciens n’étant pas suffisamment outillés pour réparer les moteurs de ces marques, ont volontairement ou involontairement orienté les Burkinabè vers la marque japonaise. 

 

Encadré 3

Au Ghana, les garages sont installés en fonction des marques de voiture

Seydou Tiemtoré , un vieux de la vieille dans le domaine de la vente de véhicules d’occasion, recommande que les mécaniciens et garagistes burkinabè aillent à l’école de leurs collègues ghanéens. Au Ghana, dit-il, les mécaniciens sont formés dans des écoles adaptées à la mécanique, après, ils se spécialisent à réparer les différentes marques. Il avance que dans les garages, le mécanicien accroche son diplôme de mécanicien. Aussi, dit-il, dans le garage, le mécanicien ne fait pas tout. Il y a l’électricien, le peintre, le tôleur, etc. mieux, il souligne que les garages sont installés en fonction des marques de voitures. Exemple, marque Toyota, marque Mercedes, marque Ford. C’est ainsi que les marques rejetées au Burkina Faso ont pignon sur rue au Ghana, au Togo, au Nigeria…

 

Encadré 4

Les mécaniciens, les garagistes et les chauffeurs taxés de faire de la concurrence déloyale

Les vendeurs de voitures d’occasion rencontrés dans la ville de Ouagadougou ne sont pas contents des agissements de certains mécaniciens, garagistes et chauffeurs. Ils leur reprochent de s’improviser vendeurs de véhicules d’occasion, or, ce n’est pas leur métier premier. Daouda Liliou et Mahamadi Nana sont très remontés contre cette concurrence déloyale. Les mécaniciens et les garagistes partent eux-mêmes à Lomé et à Cotonou acheter des véhicules pour leurs clients. Ou les clients se font accompagner par leurs mécaniciens et garagistes dans ces deux capitales sus-citées pour acheter leurs voitures. Quant aux chauffeurs, ils partent dans ces deux capitales acheter les voitures pour leurs patrons ou la femme de ceux-ci ou encore une connaissance du patron moyennant quelques ristournes. 

 

Encadré 5

Vente de véhicules d’occasion : les clients devenus rares

En plus de faire face à la concurrence déloyale faite par les mécaniciens, les garagistes et les chauffeurs des « patrons », nos interlocuteurs disent être confrontés à la rareté des acheteurs de véhicules. D’après Daouda Liliou que nous avons trouvé assis devant son bureau, s’apprêtant à prendre son petit déjeuner aux environs de 10 heures, a confié que le marché s’était raréfié. Nous pouvons faire 2 mois sans vendre un seul véhicule. Tous les jours, c’est le même rituel, nous venons dans nos différentes sociétés où nous passons toute la journée à discuter de l’actualité du pays, faute de client. A notre passage, l’actualité au menu était la probable visite du président de la Transition en France et les 8 miniers coincés à Perkoa. Au même moment qu’ils ne vendent pas, les charges sont là, employés et location de bureau. Pire, chaque jour, il faut payer du carburant le matin pour « chauffer » les véhicules garés. Mahamadi Nana a noté que faute de clients, il était obligé souvent de brader un de ses véhicules d’occasion afin de pouvoir faire face à certaines de ses charges. 

 

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Numéro d'édition: 440

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