Bonne gouvernance: les incohérences de la Transition

• Le recrutement des Directeurs généraux: quid des appels à candidatures ?

• Des ruptures de contrats qui pourraient coûter cher aux finances publiques

• Exit les retraités

Après le coup d’Etat du 24 janvier 2022, la Transition s’est dotée d’un agenda de travail construit autour de 4 axes qui sont les piliers de l’action gouvernementale. Par la suite, le gouvernement de transition a élaboré un Plan d’action de la Transition (PAT). Le projet de document indique que le PAT tire sa source principalement de l’agenda de la Transition et de biens d’autres documents.
La conduite de la Transition se base sur les activités de l’agenda repris dans ce plan de travail. Mais certains actes posés contredisent ces actions prioritaires dont le gouvernement de transition s’est lui-même doté. Le PAT a inscrit comme une action prioritaire sous cette Transition : « Systématisation du recrutement par appel à candidatures des Directeurs généraux des entreprises et des établissements publics ». Cette action concerne tous les ministères.
Alors que l’on s’attendait à l’application stricte de cette disposition, au cours du Conseil des ministres du 20 avril 2022, plusieurs ministres ont procédé à des nominations de Directeurs généraux de sociétés d’Etat et d’Etablissements publics.
La palme des nominations revient au ministre de l’Environnement, de l’Energie, de l’Eau et de l’Assainissement qui a nommé 2 Directeurs généraux au cours du seul Conseil des ministres. Il s’agit des Directeurs généraux de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) et de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL). Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a nommé un nouveau Directeur général de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB).
Au titre du ministère du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes entreprises, le Directeur général de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) a été nommé.
Enfin, le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi a nommé un nouveau Directeur général pour le compte du Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA). La procédure de nominations est aux antipodes de ce qui a été annoncé. Elles sont contraires à l’esprit de la Transition. Sur quels critères ces personnes ont été choisies, même si personne ne doute des compétences des promus? Ces nominations viennent allonger la liste des récriminations que les Burkinabè font aux autorités de la Transition à une période où au nom de la bonne gouvernance, des audits sont réalisés. Poser des actes contraires à ce qui est prescrit dans les documents officiels donne l’impression d’une gouvernance sans une bonne coordination. Les Burkinabè devraient encore patienter. Le recrutement des Directeurs généraux par appel à candidatures est renvoyé aux calendres grecques.
A travers ces nominations de Directeurs généraux, la Transition pourrait mettre les caisses de l’Etat en danger.
Un Directeur général qui a été recruté par appel à candidatures est sous contrat avec l’Etat burkinabè. Malgré son remplacement, il continue de percevoir son salaire jusqu’à la fin de son contrat. Du coup, le budget national se retrouve en train de payer deux salaires pour le même poste. Le fait de remplacer le Directeur général sous contrat est une entrave à la loi du travail. Une rupture unilatérale de contrat qui peut conduire à une procédure judiciaire. Lui couper le salaire est un autre conflit du travail.
Le gouvernement de transition doit faire l’effort de respecter ses propres textes qui constituent un point de départ de la bonne gouvernance. o
J B

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Numéro d'édition: 437

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