L’assèchement des barrages explique la rareté de l’eau 24/24 dans les ménages. (Ph: Yvan Sama)

Approvisionnement en eau potable: l’ONEA et la période chaude

• Un déficit journalier d’environ 51 568 m3

• Un renforcement de la production et de la distribution dans l’immédiat

• La création de nouveaux centres de production d’eau

Une partie du présidium de la conférence de presse. (Ph: Yvan Sama)

La période chaude de l’année 2022 est marquée par un accroissement des besoins en eau potable dans les centres gérés par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA). La structure a animé une conférence de presse le jeudi 21 avril à la station de pompage 3 (SP3) de Ouagadougou, pour expliquer son plan d’action afin de juguler le phénomène. Etaient face à la presse, les cinq (05) Directeurs des différentes régions couvertes : Jean Ouédraogo de Bobo-Dioulasso, Adama Sanou de Koupéla, assurant l’intérim de Kaya, Fillas Ouédraogo de Ouahigouya, Barnabé Millogo de Koudougou et Francis Kéré de Ouagadougou. Et sur la table des discussions, trois (03) points : la situation globale de la desserte, les mesures d’atténuation et les perspectives, les contraintes qui rendent difficile l’approvisionnement en eau des populations.
L’ONEA couvre sur le plan national, cinquante-huit (58) localités appelées centres ONEA et la plupart de ces centres connaissent des déficits dans l’approvisionnement en eau potable. La capacité de production journalière est de 462 025 m3 avec une production moyenne journalière de 349.742 m3. Le déficit journalier est d’environ 51.568 m3 correspondant au cumul des besoins des centres déficitaires. Les capacités de production et de distribution étant insuffisantes, l’eau ne peut donc pas être disponible 24/24.
De plus, la conduite des activités et la mise en œuvre des projets rencontrent de nombreuses contraintes : le contexte hydrogéologique défavorable, l’instabilité de la fourniture d’énergie électrique, la démographie et l’urbanisation galopantes, la situation sécuritaire difficile dans certains centres (Arbinda, Djibo, Titao, Tougan, Dori, Sebba, Diapaga, Pama, Kompienga, Gayeri, Gorom-Gorom), l’afflux massif des personnes déplacées internes dans certains centres (Kaya, Kongoussi, Fada, Djibo, Ouahigouya, Tougan, Toma), l’occupation des berges des barrages exploités et la pollution liée aux activités anthropiques, les difficultés avec les propriétaires terriens pour la réalisation des investissements….

Extension des réseaux

L’assèchement des barrages explique la rareté de l’eau 24/24 dans les ménages. (Ph: Yvan Sama)

Pour combler le gap, l’ONEA prévoit, dans l’immédiat, l’augmentation des capacités de pompage des stations de Ouagadougou, Koudougou, Dori, Kaya…et le raccordement de quarante-trois (43) forages dans plus de 20 centres. Pour ce qui concerne les extensions des réseaux d’adduction et de distribution, des travaux de pose de conduites de différents diamètres sont programmés et attendent d’être exécutés.
En termes de projets structurants, il est prévu l’augmentation de la capacité de production de 2500 m3/h supplémentaire avec la phase 3 du projet Ziga et l’approvisionnement en eau potable Ouaga horizon 2075 pour la capitale Ouagadougou. Pour Bobo-Dioulasso, il y aura le renforcement de la capacité de production de 2 000m3/h, du stockage à 5 000 m3 et l’approvisionnement de la ville à partir du barrage de Samendéni.
La création de centres de production d’eau (CPE) à partir du lac Dem pour alimenter Kaya, Boussouma, Korsimoro, du barrage de Toécé pour alimenter Yako, Gourcy , Boussé ; du barrage de Bagré pour alimenter Tenkodogo, Bitou, Garango et les villes traversées ; du barrage de Sanghin pour alimenter Koupéla, Zorgho, Pouytenga, Boulsa, Bogandé ; du forage de Kouka pour alimenter Kouka, Solenzo, Koundougou et les villages traversés.
La phase de questions-réponses a permis d’avoir plus de précisions sur certains points. Sur la qualité de l’eau, par exemple, les responsables de l’ONEA n’en doutent point, mieux, ils sont même prêts à miser sur ce qu’ils ont de plus cher. « La qualité de l’eau qui sort de nos stations respecte les normes de qualité en vigueur. Notre eau est propre sur le plan chimique et bactériologique», a affirmé le Directeur régional du Centre, Francis Kéré, ajoutant que leur produit bénéficie du contrôle de leur propre laboratoire de l’ONEA et de celui du Laboratoire national de santé publique (LNSP). Cependant, ils déclinent leur responsabilité sur les installations ou les lieux de stockage des clients qui peuvent altérer la qualité de l’eau.
L’ONEA rencontre des difficultés avec les propriétaires terriens pour la réalisation des investissements. Si ce n’est pas la propriété d’un terrain qui est remise en cause, ce sont les cadres légaux ou les montants de dédommagement qui sont décriés. « D’un côté, la population charge l’ONEA parce qu’elle n’a pas d’eau et de l’autre, une partie de cette population s’oppose à la construction de nouveaux ouvrages », se désole Barnabé Millogo, Directeur régional de l’ONEA Koudougou.
Tant bien que mal, l’ONEA reste conscient des missions qui lui sont assignées et multiplie les initiatives dans ce sens. Et de l’avis de la Directrice régionale de l’ONEA Ouahigouya, Filias Ouédraogo, il faut une conjugaison d’efforts de tous les acteurs pour relever les défis. « Notre mission de service public est indispensable pour le bien-être des populations. C’est pourquoi, chacun de nous doit contribuer à assurer la pérennité de l’accès à l’eau potable. Il s’agit, entre autres, de faciliter l’accès au foncier, la protection de la ressource, l’adoption de comportements éco-citoyens », a-t-elle souhaité, elle qui a dirigé la rencontre avec les hommes de médias.
Martin SAMA

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Numéro d'édition: 436

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