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Produits alimentaires: voici pourquoi les prix mondiaux flambent

Les prix mondiaux des produits alimentaires ont bondi en mars 2022 et ont atteint leurs plus hauts niveaux jamais enregistrés. La guerre dans la région de la mer Noire provoque des chocs dans les marchés des céréales de base et des huiles végétales, a indiqué l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans ses prévisions publiées le 8 avril 2022.

Blé : hausse de 12,6% du prix
La production mondiale de blé en 2022 devrait atteindre 784 millions de tonnes, soit une hausse de 1,1% par rapport à 2021, indique la FAO dans son Bulletin sur l’offre et la demande de céréales du mois d’avril 2022. Cette estimation prend en compte les prévisions selon lesquelles au moins 20% des superficies de cultures d’hiver plantées en Ukraine ne seront pas récoltées, notamment, le blé d’hiver, en raison de destructions directes, de difficultés d’accès ou d’un manque de ressources pour récolter. Toutefois, les perspectives concernant la production de céréales secondaires restent favorables en Afrique du Sud, en Argentine et au Brésil.
Ses experts se basent sur son Indice qui suit l’évolution mensuelle des prix internationaux d’un panier de produits alimentaires couramment échangés. Celui-ci a affiché une valeur moyenne de 159,3 points en mars, soit une hausse de 12,6% depuis février, mois au cours duquel il avait déjà atteint son plus haut niveau depuis sa création en 1990. Le dernier niveau de cet indice était déjà supérieur de 33,6% à celui de mars 2021.

+23,2% sur le prix des huiles végétales
L’indice FAO s’est établi en moyenne à 248,6 points en mars. Il gagne 46,9 points (23,2%) par rapport à février et atteint un nouveau niveau record. Cette hausse s’explique par celle des prix des huiles de tournesol, de palme, de soja et de colza. Les cours internationaux de l’huile de tournesol ont considérablement augmenté en mars, en raison d’une diminution des disponibilités exportables due au conflit qui se déroule dans la région de la mer Noire. Dans le même temps, les prix des huiles de palme, de soja et de colza ont, eux aussi, nettement progressé. Ceci, sous l’effet d’une hausse de la demande mondiale à l’importation due à des ruptures d’approvisionnement en huile de tournesol.
En outre, les cours mondiaux de l’huile de palme ont aussi bénéficié du resserrement des disponibilités qui se poursuit dans les principaux pays producteurs, tandis que des craintes quant à une baisse des disponibilités exportables en Amérique du Sud ont également contribué à la hausse des prix de l’huile de soja. Enfin, il est clair que la volatilité et la hausse des cours du pétrole brut ont également soutenu les prix internationaux des huiles végétales.

7e hausse mensuelle pour les produits laitiers
Là aussi, l’indice a enregistré une valeur moyenne de 145,2 points en mars, soient 3,7 points (2,6%) de plus qu’en février. Ce qui marque la septième hausse mensuelle consécutive de l’indice, qui s’établit à 27,7 points (23,6%) de plus que sa valeur d’il y a un an. La tendance à la hausse des prix des produits laitiers s’est poursuivie, principalement en raison d’un resserrement des marchés mondiaux dû à une production de lait insuffisante en Europe de l’Ouest et en Océanie pour satisfaire la demande mondiale.
Les cours du beurre et du lait en poudre ont bondi, sous l’effet d’une flambée de la demande à l’importation, en vue de livraisons à court et long termes, en particulier, sur les marchés asiatiques, et d’une demande interne solide en Europe de l’Ouest. Par ailleurs, l’offre a également été limitée sur les marchés du fromage, car la demande interne a été forte en Europe de l’Ouest. La valeur de l’indice a toutefois légèrement fléchi, sous l’effet des fluctuations des taux de change.

Rebond des cours internationaux du sucre
Son indice a affiché une valeur moyenne de 117,9 points en mars, soit une hausse de 7,4 points (6,7%) depuis février. Laquelle a compensé la plus grande partie de la baisse enregistrée ces trois derniers mois et a porté l’indice à des niveaux supérieurs de 20% à ceux de l’année dernière au même mois. Le rebond des cours internationaux du sucre constaté en mars est principalement dû à la forte hausse des prix internationaux du pétrole brut. Laquelle laisse présager un accroissement de l’utilisation de la canne à sucre dans la production d’éthanol au Brésil, lors de la prochaine campagne. Les prix mondiaux du sucre ont également été soutenus par l’appréciation durable du réal brésilien face au dollar, qui a tendance à restreindre les ventes des producteurs, car elle entraîne une diminution de leurs recettes en monnaie locale. Toutefois, la bonne progression des récoltes et les perspectives de production favorables en Inde, un des principaux exportateurs de sucre, ont contribué à limiter la flambée des prix et ont empêché de plus fortes hausses mensuelles des prix.
L’Economiste Edition N° : 6238

 

Encadré

Les céréales : flambée des prix sur le blé

L’indice FAO a affiché une valeur moyenne de 170,1 points en mars, soit une hausse de 24,9 points (17,1%) par rapport à février qui le porte à son niveau le plus haut jamais enregistré depuis 1990. La hausse de ce mois-ci est imputable à la flambée des prix mondiaux du blé et des céréales secondaires, qui est due en grande partie aux perturbations liées au conflit qui touchent les exportations de l’Ukraine et, dans une moindre mesure, de la Russie. Les pertes d’exportations prévues dans la région de la mer Noire ont aggravé la situation déjà tendue de l’offre mondiale de blé.
Les craintes au sujet des conditions de culture aux Etats-Unis ayant elles aussi contribué à cette tendance, les prix mondiaux du blé ont bondi de 19,7% en mars. Après avoir grimpé de 20,4%, les prix internationaux des céréales secondaires ont enregistré un niveau record, les prix du maïs, de l’orge et du sorgho atteignant leurs plus hauts niveaux depuis 1990. La réduction considérable des exportations de maïs prévue en Ukraine, un exportateur majeur, ainsi que les prix élevés de l’énergie et des intrants ont entraîné une hausse de 19,1% des prix mondiaux du maïs depuis le mois dernier.
La vigueur des marchés du maïs a eu des incidences sur les prix des autres céréales secondaires, ceux du sorgho augmentant de 17,3%. Les incertitudes concernant l’offre ont accru la pression sur les marchés déjà restreints de l’orge, dont les prix se sont envolés de 27,1% depuis février. Par ailleurs, les tendances contrastées en ce qui concerne les riz de différentes origines et qualités n’ont fait que peu évoluer l’indice depuis février, lequel reste inférieur de 10% à sa valeur enregistrée il y a un an.

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