Pénurie d’engrais au Burkina: et si on essayait le Polyter ?

• Une réponse expérimentée sur plusieurs espèces et sols du Burkina

• Des résultats probants à tous les niveaux

• Une vulgarisation qui se fait pourtant attendre

«Un intrant agricole révolutionnaire, une opportunité de renforcement de la résilience des populations agricoles aux variabilités climatiques ». Voilà comment est qualifié le Polyter par ses promoteurs au Burkina Faso, Innovation Group, autres méthodes, autres développements (I GROUP-AMAD). Depuis 2017, le Directeur général de cette entreprise et ses collaborateurs travaillent à vulgariser cette technique qui jaillit à leurs yeux comme la panacée à l’insécurité alimentaire. Lassina Sana est formel : « Sur tous les sites où nous avons utilisé le Polyter, les plantes ont bien poussé et sont même entrées en production avant la date prévue dans leur cycle habituel. Il permet d’économiser au minimum 50 à 80% de la consommation d’eau, réduit la consommation des fertilisants de 30 à 50 % et accélère les cycles culturaux de 1,5 à 3 fois ».
Il s’agit, en fait, d’un hydro-rétenteur fertilisant inventé par l’ingénieur agronome franco-italien Philippe Ouaki Di Giorno. Ce sont de petits granulés verts composés à 95% de cellulose, un des constituants principaux des végétaux et issus de la chimie organique, et totalement dégradés par les bactéries au bout de 3 à 5 ans.  La particularité de cet engrais, c’est que les racines des plantes s’y associent, créant une espèce de symbiose. Quand on mélange le Polyter dans de l’eau, il gonfle et solidifie l’eau. Grace à cela, on a la possibilité de conserver l’humidité, même dans du sable : on crée alors une disponibilité en eau et en éléments nutritifs dans le sol, au plus près des racines. La membrane permet une très rapide absorption des liquides et une restitution par pression osmotique de la masse racinaire nodulée dans le Polyter. Incorporant par greffage des éléments NPK et des oligo-éléments, un granule absorbe de 160 à 500 fois son poids sec initial selon la qualité de l’eau. Il permet d’économiser au minimum 50% d’eau et 30% des apports fertilisants. Il constitue un réservoir, car le relâchement dans le sol est infinitésimal. Polyter est un hydro-fertilisant doté d’une très grande capacité d’optimisation des besoins et du développement des végétaux, qui seront libérés lentement en de très petites quantités en fonction des paramètres locaux (température, évaporation et type de végétal). Les nodules sont véritablement liés aux racines, les accompagnant par effet gravitaire dans leur croissance, jusqu’à 95% de l’eau extraite des nodules. La durée du système varie de 3 à 5 ans suivant la nature des sols.
Avec le Polyter, les plantes connaissent une limitation du stress hydrique et des carences en éléments nutritifs. La germination, le démarrage et la reprise du végétal sont très favorisés, car le produit augmente de 3 à 5 fois la masse racinaire. La croissance est donc plus rapide et les cycles de développement du végétal sont multipliés de 1,5 à 3 fois. Il accroît les rendements et optimise la qualité des productions agricoles. Le cycle cultural du végétal est raccourci, accélérant ainsi la fructification. Il renforce la résistance naturelle aux maladies et aux attaques microbiennes et réduit la consommation des apports en fertilisants de 30 à 50%, tout en amplifiant la production de matière humifère et de matière sèche.
Le Polyter favorise le décompactage, l’amélioration de la porosité, l’aération du sol, puisqu’il agit comme un véritable « lombric de synthèse ». Il permet également la stabilisation et la fixation des sols, la restructuration de l’humus, la réduction des pertes par évaporation et la percolation, la réduction des effets négatifs du lessivage sur la structure des sols, la protection de l’environnement et des nappes phréatiques et l’augmentation des lombrics
Au Burkina Faso, les regards sont plutôt braqués sur l’engrais chimique, notamment, l’urée et le NPK., en témoigne la visite par le ministre de l’Agriculture, Dr Innocent Kiba, des installations de stockage de la Centrale d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles (CAIMA), le mardi 12 avril 2022, pour constater de visu le démarrage effectif de l’importation de ces engrais. Cette visite a permis aux différents acteurs de poser le débat sur cet intrant. Pour cette année 2022, selon Passam-manégré Zida, Directeur général de la CAIMA, la structure s’est fixé comme objectif de disposer de près de 200 000 tonnes de NPK et plus de 100 000 tonnes d’urée.
Mais seulement un stock de 5.000 tonnes se trouve actuellement dans ses magasins et 20 000 autres sont en négociation avec des pays voisins, notamment, le Togo et la Côte d’Ivoire.
Même si les différentes parties semblent optimistes sur la disponibilité de l’engrais à la campagne agricole à venir, des contraintes objectives sont dressées devant elles : la guerre en Ukraine (les pays de la zone sont les grands fournisseurs), le démarrage tardif des formalités, la distance à parcourir entre le pays producteur et le Burkina, l’augmentation des prix, l’inaccessibilité de certaines zones de production en hivernage…. Tout porte à croire que l’urée et le NPK, s’ils ne le sont pas déjà, seront des denrées rares pour les producteurs burkinabè. Et c’est bien parti pour être un cycle infernal pour tous, l’Etat, les importateurs, les producteurs, les consommateurs….Et si on essayait le Polyter ?
Martin SAMA

 

Encadré

POLYTER: hydro-rétenteur, fertilisant, activateur

– Hydro-rétenteur parce qu’il retient l’eau à concurrence de 160 à 500 fois son
volume ;
– Fertilisant parce que contenant les éléments majeurs (NPK) de formulation
10-10-10, les éléments secondaires et des oligo-éléments ;
– Activateur parce qu’il accélère le cycle des végétaux.o

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Numéro d'édition: 435

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