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Mine de Youga: BMC n’a pas l’intention de quitter le Burkina Faso

• La Société traite du minerai marginal à Youga depuis avril 2021

• Plusieurs investissements réalisés pour faciliter la production à Ouaré

• Face aux attaques terroristes et aux efforts déjà consentis, la Société recherche l’implication des autorités actuelles

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Dans une lettre en date du 23 mars 2022, le Directeur général de Burkina Mining Company (BMC) a informé le ministre des Mines et des Carrières des attaques terroristes sur les sites du Groupe en janvier, février et mars 2022, en plus d’autres tentatives d’attaques programmées déjouées par les Forces de défense et de sécurité. Ces attaques étant des éléments imprévus et incontrôlés, la Société évoque un cas de force majeure grave et souhaite un accompagnement en ces moments difficiles.
Dans les circonstances actuelles, la poursuite des activités à Ouaré est impossible. Toutefois, le Directeur général a tenu à rassurer le ministre que depuis ces incidents, et contrairement à ce qui est véhiculé dans les courriers officiels, « aucune opération de démantèlement, de démobilisation, de démontage et d’exportation des équipements et matériels n’a été effectuée ».
La Société n’a donc pas fait sortir un matériel de ses sites. De plus, de nombreux matériaux et équipements acquis à des montants importants ont été livrés sur le site de Youga, après leur dédouanement. En posant tous ces actes, Burkina Mining Company tient à rassurer : « Si l’intention de l’entreprise était de sortir du Burkina, de nombreux équipements et matériaux n’auraient pas été livrés à Youga une fois le dédouanement effectué ».
Le société Burkina Mining Company exploite la mine de Youga. Mais depuis avril 2021, le minerai de Youga est épuisé. La Société traite le minerai marginal avec une teneur très basse de 0,65 gramme tonne. Une situation qui engendre une perte financière de 8 millions de dollars (près de 4,5 milliards FCFA) par mois. Bientôt 11 mois que cette situation perdure, on peut estimer à près de 50 milliards FCFA de perte engendrée par la Société. Cette option a été choisie par la maison mère afin de permettre à la Société de continuer de fonctionner en attendant l’obtention des permis de Nétiana Mining et de Ouaré Mining dont les demandes ont été introduites auprès du ministère des Mines, après des études de faisabilité et d’impact environnemental et social. Les minerais de Nétiana et de Ouaré devaient alimenter l’usine de traitement de Youga. Malheureusement, l’obtention des 02 permis a pris du temps. Lasse d’attendre, la maison mère a été obligée d’injecter 70 millions de dollars (environ 39 milliards FCFA) dans ses sociétés pour leur permettre de tenir la route.
Pendant cette attente, la Société a réalisé plusieurs infrastructures pour faciliter l’exploitation de Ouaré. Elle a construit des routes, réalisé un grand pont sur le fleuve Nakambé et construit d’autres ouvrages d’art pour faciliter le transport du minerai vers l’usine de Youga ainsi que pour l’utilisation de la population locale.
C’est dans ces conditions que Ouaré va connaitre des attaques sur les sites de ses deux camps. Le premier camp est installé depuis la phase de recherche et le deuxième sur le site en construction pour permettre l’extraction du minerai. Les installations du premier camp, situé à Bittou, ont été attaquées par plus de 100 terroristes lourdement armés le 30 janvier 2022, aux environs de 06h00 du matin. Pendant l’attaque, les assaillants ont manifesté leur haine contre les « Blancs » et les Forces de défense et de sécurité. Ils ont aussi recherché rageusement « l’or du Blanc », selon les témoins de l’attaque. Le bilan de l’attaque fait état de 03 policiers tués, des employés de l’équipe de géologie et d’autres départements ont été enlevés puis relâchés. Le groupe de terroriste s’est retiré en emportant des véhicules de la Société et en brûlant d’autres sur place.
Le camp a de nouveau été attaqué le même jour à 17h. Après leur forfait, les terroristes ont emporté des documents et des objets du camp. Ils ont à nouveau crié qu’ils voulaient les « Blancs et l’or ».
Le 3 février 2022, aux environs de 18h, une autre attaque est survenue sur le second camp construit dans le cadre de la construction de la mine à Ouaré. Les habitations préfabriquées et plusieurs equipements ont été brûlés et 4 gardiens ligotés, bastonnés puis libérés. Ces attaques ont causé la perte de documents, de régistres, d’échantillons ainsi que des données de forages. Les pertes sont estimées à 13 millions de dollars (environ 7,5 milliards FCFA). En somme, la Société a perdu près de 60 milliards FCFA depuis un certain temps, en plus de la cinquantaine de milliards FCFA injectée pour assurer la continuité depuis avril 2021.
Mais après ces tristes évènements, le Société n’a pas eu un interlocuteur gouvernemental en face. Le gouvernement étant dissout, elle a pu rencontrer le Gouverneur et le Haut- commissaire plutard. La convention minière prévoit un délai de 20 jours en cas de force majeure pour adresser une requête aux autorités. Cette situation a eu un impact considérable sur la Société, surtout que le climat d’insécurité ne favorise pas la reprise des activités. Actuellement, sans le minerai de Ouaré, il est impossible à l’usine de Youga de fonctionner.
Une telle situation où les activités sont au ralenti, la Société consent beaucoup d’efforts pour ne pas appliquer le chômage technique.
C’est dans ces conditions qu’elle a reçu une correspondance du ministère des Mines et des Carrières dont le contenu ne reflète pas la réalité du terrain. La Société a sollicité une rencontre avec le nouveau ministre des Mines pour expliquer la situation dans laquelle elle vit. Mining Company et le nouveau ministre des Mines. Ses responsables souhaitent l’implication de la haute hiérarchie de l’armée et de la sécurité afin de permettre la reprise des activités.
Elie KABORE

 

Encadré

Evitez une autre zone d’insécurité

Une solution à la crise sécuritaire dans la zone doit être trouvée pour ne pas créer une autre zone d’insécurité. Cette solution va éviter que l’arrêt des activités de la Société ait un impact social à cause du chomage des employés et des fournisseurs de la mine. Une situation qui peut favoriser leur enrôlement dans les rangs des groupes terroristes.

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Numéro d'édition: 433

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