Organisée par AFROMAD, cette rencontre propose un réseautage des professionnels intéressés à la question de la dette pour un débat plus nourri. (DR)

Dette publique et liens sociaux : des journalistes abordent la problématique à Nairobi

Organisée par AFROMAD, cette rencontre propose un réseautage des professionnels intéressés à la question de la dette pour un débat plus nourri. (DR)

La dette publique se définit comme l’ensemble des emprunts effectués par l’Etat pour financer son déficit.
Grâce à ces emprunts, l’Etat arrive à financer de grands investissements, à construire des routes, des hôpitaux, des écoles, des universités, etc. Mais comme tout crédit, il faut bien rembourser. Et l’encours de la dette de l’Etat correspond au montant total des emprunts et résulte de l’accumulation des déficits. Selon les statistiques du ministère de l’Economie burkinabè, l’encours de la dette de l’Administration centrale s’élève à 5.958,08 milliards FCFA à fin septembre 2021), contre 4.765,45 milliards FCFA à fin décembre 2020. Cet encours est constitué à 46,7% de dette extérieure et 53,3% de dette intérieure.
Cela signifie concrètement que le pays doit 5.958,08 milliards FCFA. Comment se fait le remboursement de la dette ? La plupart des Etats, y compris le Burkina Faso, empruntent ailleurs pour payer leurs dettes. Un exemple, en ce qui concerne la dette extérieure, c’est-à-dire, celle contractée avec les organismes internationaux, elle se décompose comme suit: 88,9% envers les organismes multilatéraux ; 9% envers les créanciers bilatéraux et 2,1% entre les banques commerciales/institutions financières. Elle s’élève à 2.779,5 milliards FCFA à septembre 2021.
La dette intérieure s’élève, quant à elle, à 3.178,58 milliards FCFA à septembre 2021, contre 2.313,43 milliards FCFA à fin décembre 2020, soit une hausse de 37,4%. Elle est constituée à 81,7% de titres publics (Bons et Obligations du Trésor). En effet, au cours des trois premiers trimestres de 2021, dix-huit (18) émissions d’emprunts obligataires d’un montant global de 906,32 milliards FCFA) et neuf (09) émissions de Bons du Trésor d’un montant cumulé de 312,22 milliards de francs CFA ont été réalisées.
Il ressort donc que le pays emprunte afin de rembourser ses dettes. Cela impacte les citoyens. Comment ? Cette réflexion a été au cœur des échanges lors la 2e édition du Forum africain et le réseau africain sur la dette et le développement (AFROMAD), du 21 au 23 mars 2022 à Nairobi, au Kenya. Des journalistes de 20 nationalités s’y sont retrouvés pour débattre de la dette publique de leur pays.
Il en ressort qu’il existe un lien entre dette publique, inégalités et flux financiers illicites et comment la dette augmente tout en aggravant la pauvreté et l’inégalité.
De plus, il ressort qu’avec les crises économiques, sanitaires et maintenant avec la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les pays africains ont encore plus besoin de fonds pour faire face aux nombreux défis.
Les fonds alloués par tirage spécial par le FMI ont pour objectifs d’aider les pays africains à gérer les conséquences de ces crises. Ce qui engendre plus de dettes pour ces pays africains.
A la même période, l’AFD a aussi alloué un milliard de dollars afin de booster la production de blé au niveau du continent africain.
De ces discussions est ressortie l’importance de mettre en place un réseau de journalistes sur la question de la dette afin d’interroger cette crise de la dette et de poser le débat dans le sens d’une meilleure utilisation des ressources.o
NK

Commentaires
Numéro d'édition: 432

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.