Sollicitation sur le marché financier régional: les prévisions du Faso seront-elles atteintes ?

• 219 milliards FCFA levés au 1er décembre 2021

• Sur une projection de 235 milliards pour le dernier trimestre

• La dernière émission prévue pour le 15 décembre prochain

Lever 235 milliards FCFA sur le marché financier régional au cours du trimestre 2021. C’était l’objectif du Burkina Faso, selon le calendrier définitif des émissions de titres publics au 4e trimestre 2021.
Sur la base des prévisions, le pays arrivait en tête du classement au volume. Selon ce programme trimestriel, le volume prévisionnel des émissions pour les 8 pays de l’Union s’élève à 792 milliards FCFA. Ce montant est réparti selon les instruments comme suit : 422 milliards de bons de soutien et de résilience et 370 milliards d’obligations de relance.
Le Burkina Faso arrive en tête du classement au volume avec 235 milliards en prévision, ce qui représente environ 34% du montant global, devant la Côte d’Ivoire (170 milliards) et le Mali (120 milliards).
Depuis le début du dernier trimestre de l’année, le Burkina Faso a émis 9 titres publics. Selon le calendrier, il n’en resterait qu’une pour le mois de décembre pour boucler la série des émissions. Selon les recoupements faits par L’Economiste du Faso, les projections ne seront peut-être pas atteintes. Au 1er décembre 2021, le pays a levé 219,56 milliards sur le marché financier pour un montant total sollicité de 235 milliards FCFA. La dernière opération de l’année et du trimestre est prévue pour le 15 décembre prochain. Il s’agit d’un Bon de soutien et de relance de 30 milliards FCFA sur une durée d’une année.
Si le pays arrive à lever le montant sollicité, il atteindra ses prévisions pour le dernier trimestre de l’année.
Sur les 10 émissions de titres publics effectuées par le Burkina, 6 étaient des Obligations de relance (ODR) et les 4 des Bons de soutien et de résilience (lire encadré). Ces formules correspondent-elles aux besoins de financement du Burkina ? La question a été posée au Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, Sanou Santere. Voici son commentaire : « Au début de la pandémie du Coronavirus en 2020, la BCEAO a proposé des bons COVID-19 pour une maturité de 3 mois, mais cela ne permettait pas aux Etats de financer des investissements structurants en vue de la relance économique.
C’est pourquoi, des obligations de relance ont été proposées en 2021, avec la possibilité pour chaque État de choisir sa maturité allant de 2 à 5 ans. L’équilibre entre les bons et les obligations réside dans le besoin des investisseurs de diversifier leurs placements entre les titres de court terme (bons) et les titres de long et moyen terme (obligations) ».
NK

 

Encadré

Plan de relance économique BCEAO

L’on se souvient que dès le début de la pandémie du Coronavirus, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a décidé de soutenir les Etats à travers des produits entrant dans le cadre des plans de relance économique post Covid-19. Pour l’année 2021, les États ambitionnent de retrouver le taux de croissance économique moyen de 6,5% par an qu’ils réalisaient avant la crise. A cet effet, ils ont mis en place, dans le cadre de leur budget 2021, des plans de relance économique ambitieux. Pour le financement de ces plans, les États ont prévu de faire appel au marché financier régional et de mobiliser des ressources extérieures. Au regard du volume exceptionnel de ces émissions, les Etats, après accord de la BCEAO et en concertation avec l’Agence UMOA-Titres, vont structurer et émettre des titres dits « Obligations de relance » (ODR) pour le financement de leurs plans de relance économique, à l’image de ce qui avait été fait pour les « Bons Covid-19 » en avril 2020, au début de la pandémie. Le programme d’émission de l’année 2021 comprend ainsi des Bons du Trésor et des Obligations de relance.
– Les ODR 2021 sont des obligations assimilables du Trésor de maturités de 3 ans, 5 ans, 7 ans, 10 ans, 12 ans, voire plus, émises en 2021, par voie d’adjudication ouverte avec le concours de UMOA-Titres. Ces titres sont dématérialisés, tenus en compte courant dans les livres de la BCEAO et bénéficient d’avantages spécifiques pour les investisseurs mais également pour les émetteurs souverains. Le Burkina Faso, quant à lui, compte lever via ce nouvel instrument, 100 milliards FCFA avec des maturités de 3, 5, 7 et 10 ans chacun.

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Numéro d'édition: 418

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