Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alkassoum Maïga. (Ph. Yvan Sama).

13e FRSIT: l’engagement du président de l’Assemblée nationale

• L’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes au cœur de cette édition

• Pour booster le développement socioéconomique du Burkina

L’avenir du Burkina Faso se repose sur la recherche scientifique et l’innovation technologique. Elles permettent le développement endogène du pays et renforcent son indépendance. Cependant, les résultats de ces recherches restent méconnus par les populations et sont peu valorisés. C’est dans ce cadre que les autorités burkinabè ont mis en place le Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques (FRSIT). L’objectif est de promouvoir les recherches scientifiques et l’innovation. Grande manifestation biennale, le FRSIT de cette année se tient sous le thème : « La recherche scientifique et l’innovation au service de l’entrepreneuriat et l’employabilité des jeunes et des femmes dans la sous-région ouest-africaine ». Cette 13e édition de l’évènement s’est tenue du 26 au 30 octobre 2021 à l’Université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou.
Le FRSIT a été créé en 1994 avec pour objectif principal de promouvoir les résultats de recherche. C’est un évènement co-organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation et le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat. Cette manifestation est placée sous le très haut patronage du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. L’objectif général de cette 13e édition était de présenter à l’Afrique et au monde les résultats de recherches, des inventions et des innovations liées au thème de l’édition et de les mettre au service de l’entrepreneuriat et de l’employabilité des jeunes. Cette édition se voulait un tremplin pour une culture inclusive de l’intelligence économique dont le Burkina Faso a besoin pour son développement. Elle a regroupé des chercheurs, des universitaires, des innovateurs, des acteurs du développement et des institutions nationales et internationales. Pour le parrain, le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, l’avenir du Burkina Faso, c’est la recherche et l’innovation. Ce qui explique l’association de l’image de l’Assemblée nationale à ce forum. Il salue la création des « start-up » par les jeunes, car, pour lui, c’est le moteur du développement et de l’autosuffisance du Burkina Faso. « C’est la raison pour laquelle nous accompagnons les chercheurs burkinabè pour valoriser les résultats de leurs recherches. Nous avons pris l’engagement de parrainer la 14e et la 15e édition de ce forum afin de donner un coup de pousse à la recherche scientifique et à l’innovation au Burkina », a ajouté le président de l’Assemblée nationale. Plusieurs activités ont meublé cette édition de 2021. Il y a eu des ateliers scientifiques, des tables rondes et des conférences. Comme innovation, un camp d’innovation et d’incubation a été organisé au profit de 70 étudiants pour la production d’outils, des idées et des technologies. Egalement, 15 doctorants, chercheurs et enseignants-chercheurs ont reçu une formation sur la valorisation des résultats de la recherche. Ces activités ont été organisées en partenariat avec l’Institut supérieur de technologie (IST) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD). La promotion de la recherche scientifique et de l’innovation passe par la valorisation des premiers acteurs : les chercheurs et les innovateurs.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Alkassoum Maïga. (Ph. Yvan Sama).

Pour fêter les 25 ans du forum, une nuit de la valorisation a été organisée pour reconnaitre les mérites de ces acteurs, à travers des prix et des attestations de reconnaissance. Plus de 25 prix ont été distribués à cet effet. Selon le Directeur général de l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et des innovations (ANVAR), Dr Louis Sawadogo, il existe beaucoup de résultats de recherche mais la valorisation est insuffisante. « Par exemple, ce sont les semences améliorées adaptées au cycle court des saisons et à la sécheresse qui ont permis d’avoir des productions dans toute la partie nord de ce pays. Malheureusement, ce n’est pas connu et ce n’est pas valorisé suffisamment », a déploré le DG de l’ANVAR.
L’objectif du FRSIT est donc de mettre en relation ceux qui produisent ces résultats de recherche et ceux qui sont censés les utiliser. La meilleure utilisation d’une technologie est quand le résultat aboutit à la création d’une entreprise qui va assurer de l’emploi. A en croire le ministre de l’Enseignement supérieur, Alkassoum Maïga, il existe une masse critique de découvertes et d’innovations dans pratiquement tous les secteurs pour améliorer le vécu quotidien des Burkinabè. « En 2018, nous avons fait le bilan de plus de 1620 innovations et technologies prêtes à la consommation », a-t-il rassuré. Son ministère travaille avec le Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID) et l’ANVAR qui accompagnent les chercheurs et les innovateurs. Actuellement, le FONRID a financé 150 projets de recherche qui sont en cours.
Ce forum avait abrité des expositions des résultats de recherche et d’innovation. Il y avait près de 200 stands d’exposition regroupant plusieurs espaces pour la satisfaction de tous les participants. Il s’agissait, notamment, d’espace programmes-produits, d’espace entreprises et B2B, d’espace élèves et lycéens, d’espace étudiants et d’espace associations-innovateurs/inventeurs.
Issouf TAPSOBA (Collaborateur)

 

Encadré

Découverte de quelques inventions/innovations made in Burkina

Le Bureau de recherche et de transfert de technologie (BRTT) est une entreprise évoluant dans le domaine de la technologie. Elle a mis au point plusieurs produits, notamment, des fours pour gâteau, des marmites électriques, des séchoirs à gaz, des refroidisseurs rapides (30 mn) de boisson et des machines à tisser automatique solaires et électriques. Selon le promoteur du BRTT, Kushiator Newlove Kwaku, la machine à tisser solaire a une capacité de 3 pagnes par jour. Elle coûte 750.000 FCFA. Son entreprise rencontre des difficultés dans la disponibilité des moyens de production. Une autre entreprise, FEM TIEMA, évolue aussi dans le domaine de la technologie. Elle a présenté plusieurs appareils made in Burkina à l’exposition du FRSIT. L’autotransformateur de tension est un appareil de fabrication de FEM TIEMA. Elle permet de régulariser la tension de l’électricité en protégeant les appareils au court-circuit que peuvent occasionner les baisses de tension. « On fabrique plus de 30 types d’appareils. Le prix de l’autotransformateur de tension diffère selon la capacité. Le prix est compris entre 40.000 et 2.000.000 FCFA », a laissé entendre le DG de TIEM FEM, Nestor Tiéma. « J’ai des difficultés de financement. Mon objectif est de créer un centre de formation professionnelle », a-t-il ajouté.

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Numéro d'édition: 412

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