La gratuité a occasionné des abus et des gaspillages, ce qui a porté préjudice à l’ONEA (.Ph. DR)

Plan de riposte Covid-19 à l’ONEA: la gratuité a occasionné des abus et des gaspillages

• Préjudiciables à la performance de la société

• Une facture de plus de 6 milliards FCFA

• Avec des pénalités de plus de 1 milliard FCFA

La gratuité a occasionné des abus et des gaspillages, ce qui a porté préjudice à l’ONEA (.Ph. DR)

Dans le cadre du plan de riposte de la Covid-19, le gouvernement burkinabè a ouvert les vannes de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) pour les milliers de clients pour trois mois. Soit d’avril à juin 2020. Une aubaine dont les consommateurs ont profité en s’adonnant à des abus et à des gaspillages d’eau. Tel est le constat auquel est parvenu le rapport de mission de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC) sur l’audit des dépenses effectuées dans le cadre du plan de riposte de la Covid-19 au 31 décembre 2020, et rendu public en mai 2021. « Cette gratuité a occasionné des abus et des gaspillages préjudiciables à la performance de l’ONEA », mentionne le document que L’Economiste du Faso a pu consulter.

Pénalités, près de 800. 000 factures d’eau

Mais au juste, cette gratuité a coûté combien à l’Etat burkinabè ? Plus de 6 milliards FCFA, tel est le montant de la facture supportée par le Trésor public.  En effet, il ressort de ce document que l’Exécutif a alloué un budget de 5 milliards FCFA pour la prise en charge des factures d’eau. Ce montant a connu une hausse pour s’établir à 6. 934. 212. 003 FCFA. La justification se trouve dans le fait que parmi les mesures d’atténuation des effets néfastes de la Covid-19 figure l’annulation des pénalités de retard sur les factures des abonnés de l’ONEA. Le montant total des pénalités obtenu par requête informatique sur la base de 792. 060 factures échues se chiffre à 1. 584. 120. 000 FCFA. Ce qui porte le montant total de l’incidence financière des mesures sociales devant être prises en charge par l’Etat à 6. 934. 212. 003 FCFA, rapportent les enquêteurs.

3,5 milliards FCFA payés en décembre 2020

Après constats, les enquêteurs disent noter que la mise en œuvre a été effectuée sans un plan opérationnel d’urgence et d’un protocole d’accord approuvés par le gouvernement. Autre constat est que les modalités de paiement de l’Etat ne sont précisées dans aucun document, rendant vulnérable l’ONEA lorsque les échéances de règlement deviennent tardives. Conséquences de ces deux constats : l’Etat a failli plomber la trésorerie de l’ONEA. Le rapport mentionne que les risques de tension de trésorerie deviennent énormes si les périodicités de remboursement par l’Etat ne sont pas définies. La société se trouverait dans l’impossibilité de faire un plan cohérent de sa trésorerie. Cette tension de trésorerie de l’ONEA a duré 6 mois, soit de juillet à décembre 2020. « L’Etat a honoré sa première échéance en décembre 2020 pour un montant de 3,5 milliards FCFA », souligne le document.

Des charges supplémentaires n’ont pas été prises en compte

En plus de cette tension de trésorerie, la nationale d’eau dit avoir engagé des charges de fonctionnement supplémentaires dans le cadre du Plan de riposte Covid-19 à l’ONEA.

Malheureusement, font savoir les premiers responsables de l’ONEA, ces charges supplémentaires n’ont pas été comptabilisées dans les 5 milliards FCFA. « Des agents ont également été recrutés dans le cadre de la mise en œuvre de ces activités, générant des charges de fonctionnement supplémentaires pour la société sans une contrepartie réelle », précise le rapport.

Conséquence, ces manques à gagner n’ont pas été pris en compte dans l’estimation des pertes de l’ONEA. Des groupes de travail et des équipes de suivi ont été mis en place pour favoriser le déroulement normal des mesures mais sans contrepartie réelle pour l’ONEA, dans la mesure où ces efforts n’ont pas été valorisés par la Société.

Les prises en charge exigées par le gouvernement ont concerné : les factures de la tranche sociale des abonnés particuliers pour lesquels l’Etat prend en charge les montants des factures d’eau, toutes taxes comprises à la limite de 8m3 ; les factures d’eau des bornes fontaines ainsi que les compensations des gérants des bornes fontaines en fonction des volumes distribués ; les pénalités de retard pour l’ensemble des clients de l’ONEA ; les factures d’eau des abonnés et yaars fermés. o

Synthèse de Ambèternifa Crépin SOMDA

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Numéro d'édition: 402

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