Observatoire des pratiques anormales sur les corridors

• Les «PDG» omniprésents

• L’insécurité n’arrange pas les choses

• Niamey-Cotonou, l’exception

Les indicateurs de l’OPA font l’objet de restitution auprès des parties prenantes, mais les entraves ont la vie dure. (DR)

La Commission de l’UEMOA a organisé au bénéficie de journalistes de l’Union, un atelier d’information et de sensibilisation sur ses chantiers du 12 au 14 juillet dernier. Pendant 72 heures, les cadres des différents départements de la Commission se sont succédé pour faire le point des activités et échanger sur les perspectives avec les hommes de médias venus des 8 Etats membres.

10 communications ont été présentées, parmi lesquelles, une sur les conclusions du rapport 2019 de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA), l’Instrument régional de suivi de la performance des corridors de l’Union. Les points saillants de ce rapport ont été présentés par  Gnao Chabi Yaarou Ningui, chef de la Division des transports terrestres  du Département de l’aménagement du territoire communautaire et des transports (DATC).

L’objectif de l’OPA est d’identifier, analyser et publier les faits,  pratiques, irrégularités et abus constatés sur les axes routiers inter-Etats. Au finish, il s’agit d’amener les parties prenantes à respecter les dispositions des textes communautaires en matière de transports dans le cadre de la facilitation des échanges. Force est de reconnaitre que plusieurs années après, les indicateurs-clés de l’OPA  n’évoluent pas dans le bon sens. Les perceptions illicites (le racket exercé par les polices et  douanes et gendarmes (PDG)) demeurent, elles sont en hausse. En 2019, la moyenne des 10 corridors s’établit à 71.O81 FCFA, contre 50.334 FCFA en 2018. Le rapport constate l’ « amplification des perceptions illicites sur la quasi-totalité des corridors par rapport à 2018 », avec deux constats diamétralement opposés. Le corridor Cotonou /Niamey  est jugé « moins critique », avec des perceptions illicites en deçà de 10.000 FCFA. Ce qui n’est pas le cas des trois  corridors reliant Dakar (Dakar/Bamako via Moussala ;  Dakar/ Bamako via Diboli et Dakar/Bissau,  avec une moyenne  des perceptions illicites  de plus de 100.000FCFA.

Le nombre de postes de contrôles  fléchit un tout petit peu mais reste très loin de la norme communautaire : « Tendance baissière des contrôles de manière générale sur les corridors, à l’exception des corridors Abidjan-Bamako (avec 23,9 postes de contrôle) et Bamako-Ouaga via Koury (avec 27,2 postes de contrôle)  », constate le rapport.  Ici encore, l’axe Niamey/Cotonou, une fois de plus, fait office de bon élève avec  2,7 postes de contrôle.   

La règle communautaire voudrait que les postes de contrôles ne dépassent pas trois (3) : au départ, au poste juxtaposé et à destination. Certains Etats ayant décidé de renforcer le contrôle sur les corridors en raison de l’insécurité grandissante. 

Sur le troisième indicateur (temps de contrôle), en 2019, il y a une amélioration générale sur l’ensemble des corridors. Mais les retards sont toujours importants. Les corridors Bamako//Dakar sont ceux sur lesquels on enregistre le plus de pertes de temps : Bamako-Dakar via Moussala avec 154 mn et Bamako-Dakar via Diboli avec 147 mn. Deux corridors se distinguent  en termes de perte de moins de temps. Bamako-Ouaga via Koury avec  seulement 13 minutes de retard et Cotonou/Niamey avec 17 mn. L’Union compte 10 corridors, sur ces corridors, l’OPA travaille avec des enquêteurs qui sont en règle lors des contrôles documentaires. Ces rapports visent à interpeller les autorités et les fonctionnaires des Etats membres sur les bonnes pratiques,  afin de booster les échanges. Sur le terrain, les indicateurs ne varient pas sensiblement, preuve que les entraves ont la vie dure.o

FW

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Numéro d'édition: 401

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