14 juillet à Ouaga: quand l’ambassadeur de France invite à la cohésion face au terrorisme

A l’occasion de la commémoration du 14 juillet à Ouagadougou, l’ambassadeur de France Luc HALLADE a délivré un discours important sur la menace terroriste et la nécessite d’y faire face dans la cohésion. Extrait.

« Ce qui est identique, c’est la menace qui pèse sur l’existence même de la Nation. Il lui faut lutter contre des ennemis, intérieurs et extérieurs, qui veulent l’assujettir, voire la faire disparaître.

Ne nous y trompons pas : aujourd’hui c’est l’avenir de la Nation burkinabé, comme d’ailleurs celui des nations voisines, qui est en jeu.

Ce sont deux modèles de Sociétés qui s’affrontent : l’un fondé  sur la règle de droit, l’égalité entre hommes et femmes, sur la justice rendue au nom du peuple, l’autre sur la barbarie, la contrainte et un messianisme pseudo-religieux  qui cache mal une volonté de prédation.

Cette lutte à mort nous est commune, tant cette volonté de mettre à bas les Sociétés démocratiques se retrouve à différents endroits du monde.

Cette internationale terroriste et pseudo-djihadiste exploite les faiblesses et les failles de nos Sociétés, de nos gouvernements, pour ébranler les fondements mêmes de notre vivre ensemble républicain.

 

Face à une telle menace existentielle, nous devons serrer les rangs.

Au plan national bien sûr, mais au plan international aussi. Nous faisons face à une menace commune. Nous gagnerons ou nous perdrons ensemble.

J’entends ou je lis trop souvent qu’il faudrait, pour gagner cette guerre, chasser les armées étrangères amies et stopper toute collaboration, vécue par certains comme une compromission, avec elles. A commencer bien sûr par l’armée française.

J’avoue ne pas bien comprendre, malgré mes efforts, la logique d’un tel raisonnement. C’est un peu comme si la France et les Français, au moment de la lutte contre les nazis et de la libération de notre territoire national, avaient scandé : « US go home ». Je ne suis pas certain que nous aurions gagné la guerre ….

Je considère pour ma part qu’il s’agit, selon la terminologie utilisée lors de la guerre froide, d’ « idiots utiles » aux terroristes.

Le Burkina-Faso est un Etat souverain depuis 1960 – 60 années d’indépendance, c’est peu. Mais l’indépendance et la souveraineté du Burkina-Faso sont aujourd’hui  menacés par les terroristes, pas par la France ou les alliés du Burkina-Faso.

Et si le verrou burkinabé saute, c’est toute la région ouest africaine et probablement bien au-delà qui sera menacée par l’expansion continue de cette vague terroriste.

Bien sûr, la lutte armée est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante pour vaincre l’hydre terroriste.

C’est pourquoi la France, avec d’autres partenaires, notamment européens et américains, se tient aux côtés des autorités burkinabè, non seulement pour les appuyer dans ce combat, mais aussi pour contribuer au développement du pays, indispensable pour aider les jeunes à envisager un avenir qui soit différent que celui qui consiste à chevaucher une moto, kalachnikov à la main et de tuer ses semblables au nom d’Allah, qui ne leur a, au demeurant, jamais demandé cela.

En 1209, à l’occasion du siège de Béziers dans la lutte contre les Albigeois ou Cathares, Arnaud Amalric, abbé de Citeaux et légat du pape, avait prononcé cette formule terrible et célèbre à la fois : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». C’est à peu près ce qu’appliquent aujourd’hui, à l’égard de la population burkinabé, les terroristes. Ils ont simplement remplacé Dieu par Allah, mais la démarche est la même. On tue indistinctement, hommes, femmes, enfants, au nom d’une religion totalement dévoyée.

Mais à Solhan comme ailleurs, c’est en fait le contrôle des richesses naturelles du pays qui est en jeu. Faire la guerre coûte cher, pour les terroristes comme pour les armées modernes et nécessite des moyens financiers considérables. L’Etat burkinabé le sait bien, qui doit mobiliser une part importante de ses ressources pour faire face à l’effort de guerre : recruter, former, équiper, entraîner et soutenir au combat ses FDS et ses VDP, 1er remparts pour protéger les populations civiles.

Quant aux organisations terroristes, elles se nourrissent de tous les trafics : or, drogue, êtres humains, tout est bon pour alimenter leurs combats meurtriers.

Assécher ces sources de revenus, dont profitent aussi  d’autres organisations mafieuses, est aussi important que de faire la guerre aux djihadistes.

C’est pourquoi, tout autant que la force et la combativité de l’armée nationale, c’est aussi la lutte contre ces trafics qui doit être poursuivie sans relâche.

A l’heure où la Nation consent des efforts considérables au profit de ses FDS et FSI, la vertu publique doit être érigée en dogme et je salue à cet égard l’action menée par tous les organismes en charge de la lutte contre la corruption et contre tous ces trafics.

Pour clore ce long développement sur l’actualité du moment, je voudrais vous inviter à un moment de recueillement et de communion avec toutes les familles qui ont perdu un être cher, qu’il soit civil ou militaire, avec les trop nombreux blessés, et aussi avec tous ceux et toutes celles qui ont dû quitter leurs domiciles, leurs villages et leurs biens et qui attendent le jour béni où ils pourront enfin rentrer chez eux.

…… »

 

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Numéro d'édition: 400

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