La chef de la mission résidente de la BOAD au Burkina Faso, Reine Broohim-Ayeva. (Ph. Yvan Sama)

BOAD/Burkina: relever le taux de financement du secteur privé

• La dernière opération au profit du privé burkinabè date de 2014

• La CCI-BF invitée à jouer sa partition

• Zoom sur le nouveau plan stratégique de la BOAD

La chef de la mission résidente de la BOAD au Burkina Faso, Reine Broohim-Ayeva. (Ph. Yvan Sama)

Adama Ouédraogo, représentant du président de la CCI-BF, Mahamadi Savadogo. (Ph. Yvan Sama)

Le secteur privé burkinabè, contrairement à ses homologues de la sous-région, Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, n’est pas trop enclin aux différentes opportunités de financement diverses et variées de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Pourquoi un tel désintérêt et comment y remédier pour un secteur privé dynamique, compétitif, durable et porteur de création de richesse ? C’est pour juguler cette problématique que la mission résidente de la BOAD au Burkina Faso a initié un atelier d’information sur les interventions de la banque en faveur du secteur privé burkinabè au Burkina Faso et ce, en partenariat avec la Chambre de commerce et  d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF). C’était le mercredi 30 juin 2021 à Ouagadougou.

Selon Toussaint Badolo de la BOAD, le désintérêt du secteur privé est « inadmissible ». Et pour cause, la BOAD investit chaque année environ 150 milliards FCFA dans le secteur privé. La dernière opération financière au profit du secteur privé burkinabè date de 2014 et elle concernait la réfection de l’hôtel Azalaï à hauteur de 7 milliards FCFA.

Fort heureusement, dit-il, le 25 mai 2021, le Conseil d’administration de la BOAD approuvait un financement de 6 milliards FCFA à un projet privé burkinabè. Au regard de ce constat, Toussaint Badolo dit regretter que la manne financière de 150 milliards FCFA destinée chaque année au secteur privé des pays membres « échappe » aux hommes d’affaires burkinabè.

Selon la chef de la mission résidente de la BOAD au Burkina Faso, Reine Broohim-Ayeva, le désintérêt doit faire place à un « marquage serré ». D’où cette rencontre d’information et de sensibilisation sur les conditions de financement de la BOAD pour aboutir à un taux plus élevé de financement du secteur privé burkinabè.

Les critères d’éligibilité au financement ; les taux accordés ; les garanties requises, autant de préoccupations qui ont aussi été partagées avec le secteur privé burkinabè. Une démarche qui a été fortement appréciée par la CCI-BF, à en croire le représentant du président Mahamadi Savadogo. D’après Adama Ouédraogo, la CCI-BF, faîtière du secteur privé, va tout mettre en œuvre pour relever le défi d’une forte participation aux financements de la BOAD. Un défi qui passe par l’information et la sensibilisation des acteurs. Mais aussi dans le montage des dossiers fiables ; la formation et l’encadrement des parties prenantes. La CCI-BF va aussi veiller dans le contrôle des investissements des bénéficiaires pour leur réussite.

Plan stratégique (2021-2025) dénommé « Djoliba »

Le secteur privé burkinabè a massivement pris part à la rencontre. (Ph. Yvan Sama)

A cette rencontre avec le secteur privé de la région du Centre, la BOAD a profité présenter le nouveau plan stratégique (2021-2025) dénommé « Djoliba ». Lequel plan est entré en vigueur depuis le 1er janvier 2021.

Pour Reine Broohim-Ayeva, c’est de faire de la BOAD la banque de référence dans la sous-région, à travers des projets d’investissements durables et qui impactent réellement la vie des populations. A travers ce nouveau plan stratégique, la BOAD va accompagner les porteurs de projets depuis le montage des dossiers jusqu’au financement.  Ce plan brasse des secteurs innovants et porteurs de croissance tels que le transport, les télécommunications/tics, la digitalisation ; les financements indirects et structurés ; l’agriculture/agro-industrie ; l’énergie/ressources naturelles et immobilier/santé/éducation. Pour être éligible, Toussaint Badolo a exhorté les acteurs du secteur privé à se doter de projets productifs basés au préalable sur une étude de faisabilité et prônant une gouvernance vertueuse. La BOAD finance directement des projets d’un montant supérieur à 3 milliards FCFA, mais en dessous, la BOAD vous accompagne toujours mais à travers une banque locale. Pour un projet de 10 milliards FCFA, selon Toussaint Badolo, la BOAD peut faire un apport de 5 milliards FCA et le porteur du projet 35%. La BOAD a revu ses taux de financement qui sont entre 7 et 8% par an. Les avantages des conditions de financement de la BOAD sont que les prêts ne sont frappés de taxe sur les activités financières.

Rachel DABIRE

 

Encadré

Burkina Faso : plus de 700 milliards FCFA investis

A la date du 31 mai 2021, le montant total des engagements cumulés de la BOAD au Burkina Faso s’élève à 722 milliards 800 millions FCFA environ en matière d’investissement et ce, dans tous les secteurs d’activités économiques. o

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Numéro d'édition: 399

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