Ousséni Kaboré (à droite) a cédé sa place à Kodjané N’Diamoi comme président du comité de pilotage du PR-PICA. (Ph: Yvan SAMA)

Filière coton: les professionnels africains en rangs serrés

• Le Programme régional de production intégrée fait son bilan 2020-2021

• D’importantes recommandations pour la prochaine saison

• Passation de charges entre présidents du comité de pilotage 

Ousséni Kaboré (à droite) a cédé sa place à Kodjané N’Diamoi comme président du comité de pilotage du PR-PICA. (Ph: Yvan SAMA)

Du 24 au 26 mai 2021,  Ouagadougou a servi de cadre à la tenue de la 13e  réunion du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA).  Le PR-PICA est une organisation sous-régionale qui regroupe sept (07) pays producteurs de coton en Afrique de l’Ouest et du Centre, qui partagent les mêmes problèmes parasitaires, de fertilité des sols et d’adaptation des variétés aux changements climatiques. Il s’agit du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal, du Togo, du Cameroun et du Burkina Faso.

Cette treizième réunion a été un creuset d’échanges sur les résultats de la recherche et du développement au titre des campagnes agricoles 2019-2020 et 2020-2021, pour mieux préparer la campagnes à venir 2021-2022. Elle a été aussi un tournant décisif pour le Programme en termes de formalisation de sa démarche de prise en charge des problèmes de la production cotonnière de manière globale, à travers les axes majeurs que sont la sélection variétale, l’agronomie et l’entomologie qui ont fait l’objet de communication pendant la rencontre.  Les échanges qui ont suivi ont permis de faire le bilan du déroulement de la campagne cotonnière 2020-2021 dans les pays membres du Programme ; de présenter les résultats des travaux de recherche-vulgarisation menés au cours des campagnes 2019/2020 et 2020-2021 ; de partager les informations sur la situation de production cotonnière dans la sous-région ; de faciliter les échanges entre les chercheurs, les sociétés cotonnières, les producteurs de coton, les partenaires techniques et financiers et les firmes agro-pharmaceutiques. D’importantes décisions ont été prises et plusieurs recommandations tournées vers l’action et l’atteinte des résultats bénéfiques au développement du secteur coton dans les différents pays ont été faites. Il importe de poursuivre les efforts pour atteindre des résultats concrets et satisfaisants qui contribueront à l’amélioration de la productivité et de la production cotonnière dans les pays membres du PR-PICA en Afrique, en général. En matière de recommandations, on peut retenir pour chaque axe majeur :

Les participants à la 13e réunion bilan en plein travail. (Ph: Yvan SAMA)

-Dans le cas de l’agronomie : les participants souhaitent prendre en compte la formule d’engrais enrichi en CaO dans les différents pays ; les amendements organo-minérales dans les programmes de fertilisation à diffuser auprès des producteurs  et poursuivre le financement des activités de recherche et faciliter l’acquisition des intrants pour les expérimentations retenues dans le cadre du PR-PICA ;

-Pour l’amélioration variétale : la rencontre de Ouagadougou suggère d’impliquer les sociétés cotonnières, les structures nationales de recherche et le PR-PICA dans la facilitation des échanges de matériel à des fins de recherches entre les pays, d’une part, et d’autre part, de rechercher des financements pour la mise en place de programmes communs de création de variabilité et d’une banque de gènes ;

-En entomologie : il faudrait, entre autres, respecter les recommandations sur l’interdiction de l’utilisation des pyréthrinoides avant le 10 août dans les zones nord et le 20 août dans les zones sud pour gérer et prévenir la résistance et la perte de sensibilité de ravageurs aux insecticides tout en veillant à l’alternance des produits en fonction de leurs modes d’action ; tenir compte de la distribution géographique et saisonnière des ravageurs pour le choix et le positionnement des produits  insecticides dans les programmes de protection phytosanitaire ; mettre au point dans tous les pays membres du PR-PICA, un système informatique de surveillance permettant d’informer en temps réel les différents acteurs sur l’évolution du parasitisme pour une réaction efficiente.  De telles rencontres entre différents acteurs de la production cotonnière constituent un maillon essentiel de la chaîne de valeur du coton, permettent des partages d’expériences, de méthodes, d’outils et de recettes pour un avenir meilleur des filières cotonnières africaines. Les participants gardent donc l’espoir d’une amélioration de la productivité et de l’accroissement de la production cotonnière dans leurs zones. A la fin des travaux de la 13e réunion bilan, le Burkinabè, Ousséni Kaboré, a cédé sa place de président du comité de pilotage du PR-PICA à l’Ivoirien Kodjané N’Diamoi pour un mandat de deux ans.  Dakar, la capitale du Sénégal, devrait accueillir la 14e réunion bilan de la structure en 2022.

Martin SAMA

 

Encadré

Quid du PR-PICA

Créé en 1998 au Burkina Faso, sous la dénomination « Projet régional de prévention et de gestion de la résistance de Helicoverpa armigera aux pyréthrinoides en Afrique de l’Ouest » (PR-PRAO), cette initiative est devenue en 2005 à Dakar, le « Programme régional de protection intégrée du cotonnier en Afrique » (PR-PICA). Il a été par la suite décidé de la modification de la dénomination du PR-PICA qui est officiellement devenu en 2017 « Programme régional de production intégrée du cotonnier en Afrique ». Cela a conduit la mise en place de trois Commissions de chercheurs du Programme : la Commission entomologie, la Commission agronomie, la Commission amélioration variétale.o

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Numéro d'édition: 394

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