Ce vidéoclub alimenté permet à ses enfants de suivre des films. (Ph. Yvan Sama)

Utilisation des plaques solaires dans les zones non loties de Ouagadougou: source de rentabilité économique

• Procure d’énormes avantages

• Facilite les études

• Plaidoyer pour la réduction des prix des équipements

Grâce à l’énergie solaire, Aguiratou Nabaloum, habitante de Zongo, passe son temps entre les travaux ménagers et la télévision; (Ph. Yvan Sama)

« …, je me fixe les objectifs suivants: porter la capacité disponible de notre énergie de 800 MW en fin 2020 à 1 500 MW en 2025 ; augmenter le nombre de ménages abonnés au réseau électrique de 1 038 000 en 2020 à 2 000 000 en 2025 ; accroître le taux d’accès national à l’électricité de 40% en fin 2020 à 70% en 2025 », telle est l’ambition que s’est fixé le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, pour son second mandat. En attendant que cette promesse présidentielle se concrétise, des milliers de ménages des quartiers périphériques de Ouagadougou ont opté et ce, depuis quelques années, pour l’utilisation des plaques solaires. Dans ces quartiers périphériques, les habitants, en plus de regarder la « lumière » de « Bénéwindé ville » (nom du Maire de Ouagadougou) de loin, pire, certains poteaux électriques qui transportent le courant des transformateurs aux résidents de la capitale les traversent. Mais depuis peu, ils ont eu  leur salut  grâce à  la libération du secteur des équipements solaires. Les différents ménages ne se sont pas fait prier en les procurant pour éclairer leur vie.

L’énergie solaire, un avantage pour les études et le commerce

Et ce n’est pas Souleymane Ilboudo et sa femme qui diront le contraire. Habitants du quartier Zongo dans l’Arrondissement de Boulmiougou, le couple Ilboudo, après un investissement de près de 750 000 FCFA, a installé trois plaques solaires et une batterie de grande puissance dans la concession familiale. Selon le maître des lieux, ses deux enfants scolarisés bénéficient des avantages de l’électricité pour leurs études. Notre hôte a même tiré le courant jusque dans son atelier de mercerie et dans celui de sa femme qui est couturière. Souleymane Ilboudo (avare en parole) confie juste  que sa femme et lui font de bons chiffres d’affaires grâce à l’électricité. Un coup d’œil dans l’atelier de couture confirme ses dires, car toutes les machines de couture fonctionnent avec l’énergie électrique. Cette prouesse a amené l’épouse Ilboudo à embauché 5 employés. C’est un atelier de couture qui ne désemplit pas. Le seul hic avec les plaques solaires, a souligné Souleymane Ilboudo, est le changement fréquent des batteries. Le tout dernier changement qu’il dit avoir acheté sur le marché d’articles dit « Au revoir la France » lui a couté la somme de 175 000 FCFA. Il a souhaité que la Sonabel, qui est annoncée depuis des lustres, arrive vite. Pour lui, même s’il ne paie pas de factures d’électricité, il reste que la Sonabel sera un plus dans ses activités économiques.

Ce vidéoclub alimenté permet à ses enfants de suivre des films. (Ph. Yvan Sama)

« Nous voulons vendre de la glace », dixit les femmes

A l’absence de son mari, Aguiratou Nabaloum passe son temps entre les travaux ménagers et la télévision. Lorsque nous pénétrons dans cette modeste cour, Dame Nabaloum était scotchée sur une chaîne. Elle nous confie que son mari a installé trois plaques solaires et une batterie dont le coût d’installation est connu du seul mari. Cette installation solaire permet le fonctionnement de cinq ampoules et trois ventilateurs. « Mes 5 enfants profitent de la lumière pour étudier leurs leçons la nuit », se réjouit-elle. Un fait que confirme un de ses enfants, Abdoul Nabaloum, élève en classe de 4e au collège Saint Dominique. En ce mardi 4 mai 2021, jour ouvrable, les hommes étaient absents des maisons, constat dans le couple Bazié. Reçu par madame, nous avons constaté l’installation de trois plaques solaires et d’une batterie.

Prix connu que du mari. Toutefois, elle mentionne que cette installation facilite l’alimentation de trois ampoules et trois ventilateurs. Aujourd’hui, dit-elle, trois enfants scolarisés en profitent des avantages des lampes solaires. Les femmes que nous avons rencontrées souhaitent un jour pouvoir utiliser l’énergie solaire pour faire du commerce. Il s’agit de la vente des glaces. Toujours dans le quartier Zongo, le grand frère de Souda Tiendrébéogo se fait de bonnes affaires. Avec son énergie solaire, il a ouvert un vidéoclub et un petit restaurant-maquis. A notre passage, le vidéoclub était animé avec quelques résidents qui suivaient un film et des clients qui avaient pris place au maquis-restaurant. Absent, son frère n’a pas pu nous dévoiler les bénéficies   que résultent ces deux espaces de loisirs alimentés par l’énergie solaire.

« Les plaques solaires nous évitent les coupures de courant »

Dans le quartier Sondogo, toujours dans l’Arrondissement de Boulmiougou, le retraité Compaoré (a travaillé à Marie Stopes), avec une dépense de 75 000 FCFA, jouit des avantages de l’énergie solaire. Grâce à cette somme, il a payé une batterie, une plaque et une télévision. La plaque alimente également  un ventilateur et 3 ampoules.  Il souligne que cela fait 3 ans que ses quatre enfants scolarisés tirent bénéficie de cette installation. « Les plaques solaires nous évitent les coupures de courant. Dans les zones non loties, l’énergie solaire supplée la Sonabel.

Ambèternifa Crépin SOMDA

 

Encadré

Le gouvernement interpellé pour une baisse des prix des équipements solaires

Le marché burkinabè est actuellement inondé de tout type d’équipements solaires. Le constat avec les utilisateurs des plaques solaires et batteries, ils ont tous émis un seul souhait à l’endroit du gouvernement : une baisse acceptable des prix des différents équipements. Pour eux, une telle demande va faciliter l’accès des équipements solaires à un grand nombre mais mieux, elle  va leur permettre d’installer plus de plaques solaires et de batteries afin de mener des activités génératrices de revenus. Autre doléance persistante constatée sur le terrain : tout en reconnaissant l’utilité de l’énergie solaire, ils ont souhaité quand même  être raccordés dans les brefs délais à la Société nationale d’électricité (SONABEL). Une sorte d’assurance énérgie.o

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Numéro d'édition: 393

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