Dans l’établissement Baguian Abdoul-Aziz sis en face du cimetière municipal de Ouagadougou, eux y voient la situation sécuritaire et sanitaire. (Ph. Yvan Sama)

Equipements solaires: le marché est plombé

Par la crise sécuritaire et sanitaire

Le marché noir des articles dit « France au revoir »

Et le manque de moyens financiers des Burkinabè

Sur le peu d’affluence des acheteurs, Boureima Sankara, chef de l’établissement Adam’s Solaire, pense que le manque de moyens financiers des Burkinabè est en cause. (Ph. Yvan Sama)

A notre passage le 5 mai 2021 dans la matinée, le mot d’ordre était : « morosité» chez les gérants des boutiques de vente d’équipements solaires qui ont reçu notre équipe. Trois principales raisons sont avancées : le manque de moyens financiers des Burkinabè ; la situation sécuritaire (attaques terroristes dans l’Est du Burkina Faso et au Niger) et situation sanitaire et le marché noir des articles dits « France au revoir ».

A « Oscar Yaar », dans l’Arrondissement 1, trône l’établissement Salomon Services » de Salomon Zongo. A notre arrivée dans sa boutique, un tricycle débarquait des batteries. Malgré cette nouvelle commande depuis la République populaire de Chine et sa boutique remplie de panneaux solaires et de lampes solaires, il se plaint de la rareté des clients.  Il nous révèle qu’à l’heure actuelle, la vente au détail (pièce par pièce) qui lui rapportait plus de bénéfice est malheureusement en baisse. Pas de clients. A, l’inverse, dit-il, c’est l’achat en gros, qui n’est pas financièrement rentable, qui est le plus sollicité. Les principaux acheteurs, selon lui, sont les commerçants de Bobo-Dioulasso et de Ouahigouya. Mais pourquoi parle-t-il de morosité de marché ? A cette question, Salomon Zongo accuse le marché noir « France au revoir » qui plombe leur business. « Avec 30.000 FCFA à 40.000 FCFA, tu peux trouver une batterie sur ces marchés de l’occasion « France au revoir ». Les gens préférant aller acheter ce qui est moins cher que de venir chez nous où ils disent que c’est cher. Mais chez nous, c’est cher parce que c’est la qualité », se défend-il.

« Avant, des Nigériens venaient acheter 100 batteries toutes les deux semaines »

Dans l’établissement Baguian Abdoul-Aziz sis face au cimetière municipal de Ouagadougou, le patron absent, un de ses employés nous confie qu’avant la survenue de la situation sécuritaire et sanitaire, le marché était plus que rentable. Il dit en vouloir pour preuve, les commerçants nigériens qui venaient toutes les deux semaines se procurer au moins de 100 batteries. Aujourd’hui, il dit constater avec désolation que ces « généreux » acheteurs ne puissent plus venir à cause des attaques terroristes qui ont lieu dans l’Est du Burkina Faso et au Niger. Des plaques solaires de 100 à 250 watt ; des batteries de 500 Amp, des lampes solaires sont exposées dans cette boutique, attendant d’éventuels clients.

Dans l’établissement Baguian Abdoul-Aziz sis en face du cimetière municipal de Ouagadougou, eux y voient la situation sécuritaire et sanitaire. (Ph. Yvan Sama)

Equipements solaires, une solution aux délestages

Un détour au marché « Sankaryaaré », Boureima Sankara, chef de l’établissement Adam’s Solaire, en train de jouer aux cartes sur son ordinateur, il « tue » le temps en jouant. Pour lui, cette situation de manque d’affluence des acheteurs est due au manque de moyens financiers des Burkinabè. « Le marché des équipements solaires est là mais c’est la population qui manque d’argent », souligne-t-il. Boureima Sankara dit être convaincu qu’avec cette période de canicule observée dans la capitale et ses nombreux délestages constatés de la part de la nationale d’électricité, « c’est le moment de l’énergie solaire. Pour une installation complète (3 plaques solaires, batterie, 1 convertisseur), il faut débourser la somme de 600 000 FCFA à Adam’s Solaire. Le prix d’une certaine indépendance.  o

Ambèternifa Crépin SOMDA

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Numéro d'édition: 393

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