Rupture du jeûne: une affaire en or

• Un marché qui reste à satisfaire

• Les réseaux sociaux mis à contribution

• 100 000 chiffres d’affaires journaliers

En mettant à profit les réseaux sociaux, ces deux dames arrivent à honorer les commandes pour la rupture du jeûne. (DR)

Rompre le jeûne.  En cette période où les musulmans observent l’un des cinq piliers de l’islam, cette action constitue une vraie opportunité pour qui sait flairer les affaires. Rompre le jeune, avec quoi ? D’autres  questions découlent de la première, certes, mais le plus important est de savoir qu’il y a une demande à satisfaire, notamment, dans la restauration. En effet, l’abstinence de manger et de boire depuis l’apparition de l’aube véritable jusqu’au coucher du soleil crée donc un besoin de compensation le soir venu. L’iftar est ce repas qui est pris chaque soir par les musulmans au coucher du soleil pendant le jeûne du mois de Ramadan.  L’iftar peut être un repas pris en famille, ou un banquet se déroulant dans une mosquée ou un autre lieu public.

Dans les habitudes au Burkina Faso, et à Ouagadougou, en particulier, l’iftar a été pendant longtemps constitué  de dattes, de jus locaux, de bouillie et de galettes.  La consommation de ces mets augmente considérablement en cette période, permettant à ceux qui les proposent au public de faire de bonnes affaires. Awa est de ceux-là. Vendeuse de bouillie depuis une dizaine d’années dans le quartier kossoghin, elle doit toujours innover pendant le mois de jeûne pour satisfaire la demande. « Je me fais aider de cinq personnes pour attacher la bouillie dans des sachets qu’on revend à 50 F. Cela permet de servir rapidement les gens et d’éviter l’attroupement », dit-elle. A son point de vente sur la route nationale n°22, l’affluence reste la même entre 15h et 18h. Quelle quantité arrive-t-elle à écouler par jour ? Elle peut aller jusqu’à utiliser un sac de 100 kg de petit mil, pour un chiffre d’affaires  entre 75000 et 90 000 F CFA.  A côté d’elle, d’autres femmes vendent des jus locaux, notamment, du zoom koom, du bissap, du gnamakoudji et disent toutes se tirer d’affaire.  A côté  de ces femmes qui se consacrent à la vente sur place, certaines ont développé de nouveaux concepts : un système de vente et de livraison de nouveaux menus. Samira Ouangraoua, à travers sa structure Samy’crêpes, propose un « pack rupture Ramadan » pour faciliter l’iftar.  Il s’agit d’un coffret comprenant « brochette de crêpe à la banane, crêpe au jambon, gaufre, pancake,  salade de fruits, du chocolat et des dattes » pour six personnes au moins.  « Pourquoi ne pas créer quelque chose de spéciale pour permettre aux non musulmans de pouvoir offrir des cadeaux aux jeûneurs et aux musulmans de rompre sereinement leur jeûne ? ». C’est en se posant cette question qu’elle a pu mettre en place son affaire à domicile, au quartier Nonsin, et touche sa clientèle à travers les réseaux sociaux.  Autour d’elle, deux autres personnes à la cuisine et trois livreurs.  Ensemble, ils parviennent à honorer une dizaine de commandes en moyenne par jour en raison de 10 000 FCFA l’unité. Samy’crêpes atteint 100 000 FCFA de chiffre d’affaires journalier rien que pour l’iftar.

Sytta Koulibaly du restaurant Tiaoula service procède aussi de la même manière pour toucher ses clients, mais avec un menu différent. Elle leur propose un « kit spécial rupture  simple » et un  « kit plat de résistance ». Même si les contenus varient d’un jour à un autre, on peut avoir dans le premier kit de la bouillie de farine de petit mil, du deguè, du pastel, des dattes. Le deuxième  kit est un plat lourd des habitudes alimentaires des Burkinabè.  Le « kit spécial rupture  simple » fait 1500 FCFA, le kit plat de résistance 2 000 FCFA, et les deux à 3 000 F CFA. Pour ce restaurant situé au centre-ville, la moisson journalière est fonction des jours ouvrables, car ses clients viennent des différents services, certes, mais elle arrive à faire du chiffre.o

Martin SAMA

 

Encadré

Quels aliments pour réussir son Ramadan ? 

Premier repas : Il faut privilégier l’eau en grande quantité, surtout en temps de chaleur, comme c’est le cas actuellement. Privilégier aussi les fruits qui contiennent une grande quantité d’eau et un peu de sucre (melon ou pastèque, orange, pomme…) autant que vous voulez, sans excès bien sûr ; pensez au partage.

 Deuxième repas : Ensuite, viennent les aliments qui donnent du sucre rapidement comme les dattes (une à 3), les jus de fruits, les boissons sucrées, le bissap, par exemple, mais en quantité raisonnable. Un verre suffit. Pour une bonne hydratation, on peut poursuivre avec une soupe de légumes avec un peu de sel pour ceux qui ne sont pas hypertendus (le sel permet de retenir l’eau), ou de la soupe de viande ou de poisson.

 Troisième repas : Idéalement, après la prière de tarwis (longue prière après la dernière du soir) ou avant, si elle finit vers 22h pour certains. Il faut un repas consistant qui contient du sucre « lent ». Exemple : le riz, le tôt, le couscous, la bouillie, les spaghettis, les gâteaux… Un verre de jus ou de boisson sucrée, en quantité raisonnable toujours, si on veut pouvoir se lever la nuit pour faire des «nawafils», et se réveiller le matin sans grande difficulté.

 Source : Dr Alassane Ilboudo,  L’Observateur Paalga du 13 avril 2021

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Numéro d'édition: 389

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