Arnaud Ouédraogo, ccoordonnateur de la CENOZO. (DR)

Autonomisation des femmes journalistes: La CENOZO organise une table ronde

Leurs productions font la Une des journaux. Vous en avez sûrement déjà entendu parler ou même lu. Ce sont les enquêtes sur le « Viol conjugal », les « filles mineures comme main d’œuvre dans les débits de boissons » ou encore l’article sur les « femmes violées à mort » ou sur les femmes déplacées internes obligées de se prostituer pour survivre…

De plus en plus de femmes journalistes se lancent dans l’investigation. Elles donnent de la voix et leurs découvertes suscitent des débats. Le 8 mars 2021, ces débats ont été portés sur la place publique à l’occasion d’une table ronde organisée par la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO).

« Autonomisation des femmes journalistes par le data journalisme », tel est le thème retenu par la CENOZO. Cette rencontre va permettre de discuter avec les acteurs des questions liées au bien-être des femmes, des enfants et des personnes vivant avec un quelconque handicap. Retour sur la phase pilote d’un projet sous-régional, débuté au Burkina Faso, dans cette interview avec le coordonnateur de la CENOZO, Arnaud Ouédraogo.

Arnaud Ouédraogo, ccoordonnateur de la CENOZO. (DR)

L’Economiste du Faso : En quoi consiste le programme d’autonomisation des femmes journalistes porté par la CENOZO ?

Arnaud Ouédraogo, coordonnateur de la CENOZO : Il s’agit de la phase pilote d’un projet sous-régional qui vise à former les femmes journalistes afin d’en faire des expertes de leur domaine, à les soutenir dans la production d’articles de qualité qui dénoncent les faits de violations des droits humains (particulièrement des femmes, des enfants, des personnes handicapées et des minorités), et à instaurer le débat avec la société civile et les décideurs politiques afin d’impacter la gouvernance et la législation. Ce programme comporte 3 volets que sont la formation, la production et le plaidoyer. Le projet vise à permettre aux femmes journalistes du Burkina de pratiquer quotidiennement l’investigation pour mettre en lumière des faits de violations des droits des femmes, de ceux des enfants et de ceux des minorités.

Quel est le profil des journalistes choisies pour porter cette phase pilote ?

Pour cette phase pilote, CENOZO a sélectionné, par suite d’un appel à candidatures, des femmes journalistes qui pratiquaient déjà ou qui aspiraient à pratiquer le genre enquête dans leur Rédaction.

5 d’entre elles ont eu l’occasion de présenter leur travail lors de la table ronde. Combien étaient-elles au départ du projet ?

Le projet réunit 15 femmes, qui ont été formées à reporting basé sur les preuves et au data journalisme. A l’issue de la formation, elles ont toutes reçu des bourses pour réaliser des articles d’investigation pour mettre en lumière des faits de violations des droits des femmes, de ceux des enfants et de ceux des minorités. La 3e phase consiste à organiser des tables rondes avec la société civile et les représentants de l’Etat, afin de leur permettre d’évoquer les problèmes qu’elles ont révélés dans leurs productions. Il y a 3 tables rondes en tout, et chaque table ronde concerne 5 femmes journalistes réunies selon l’ordre de publication. L’idée est de donner plus d’impact, plus d’écho à leur travail et de susciter des solutions.

Etes-vous satisfait des premiers résultats de ce projet ?

Nous sommes satisfait, dans la mesure où en 3 mois, des femmes journalistes ont publié des articles d’enquête sur des sujets qui sont souvent relégués à des plans inférieurs dans la hiérarchie de l’info dans les Rédactions.

Comment motiver d’autres journalistes femmes dans la production d’enquête ?

En encourageant les femmes à s’engager, à assumer un certain leadership dans les Rédactions et à travers surtout leurs productions, en les motivant à postuler à des Prix avec des articles de qualité, on montre aux femmes praticiennes du journalisme que c’est possible.

Qu’en est-il de la seconde phase du projet ?

En plus, dans la prochaine phase du programme, nous comptons l’ouvrir à d’autres femmes journalistes d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest.o

Propos recueillis par ESS

 

Encadré

Les journalistes à l’honneur

Fleur Birba (Sidwaya)

Nadège Yé (Sidwaya)

Emeline Tagnabou/Zougmoré
(Radio Burkina)

Sandrine Mireille Bado (Minutebf)

Lors de la table ronde organisée par la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation, des journalistes présenteront leurs productions et parleront des conditions de réalisation de leurs enquêtes Il s’agit de :

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Numéro d'édition: 382

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