Le kilogramme (kg) de maïs est passé de 170 F CFA en octobre 2020 à 164 FCFA en janvier et 174 F CFA en février 2021. Pour la même période, le mil s’est acheté à 229, 215 et 226 F CFA le kg. Le prix du kg de sorgho est respectivement de 170, 163 et 174 F CFA. (DR)

Céréales: Les prix s’envolent

• Le pic du mois d’octobre déjà atteint en février

• Une répercussion inévitable sur les produits de l’élevage

• Vite un mécanisme de fixation des prix

Le kilogramme (kg) de maïs est passé de 170 F CFA en octobre 2020 à 164 FCFA en janvier et 174 F CFA en février 2021. Pour la même période, le mil s’est acheté à 229, 215 et 226 F CFA le kg. Le prix du kg de sorgho est respectivement de 170, 163 et 174 F CFA. (DR)

Le kilogramme (kg) de maïs est passé de 170 F CFA en octobre 2020 à 164 FCFA en janvier et 174 F CFA en février 2021. Pour la même période, le mil s’est acheté à 229, 215 et 226 F CFA le kg. Le prix du kg de sorgho est respectivement de 170, 163 et 174 F CFA.  Ces chiffres sont de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire (SONAGESS) du Burkina Faso. On remarque que les prix des céréales ont évolué en baisse entre le mois d’octobre et le mois de décembre 2020. Cette baisse est normale et intervient à la période post-récolte où l’on a une bonne disponibilité céréalière sur les marchés, mais aussi au niveau producteur. Les prix n’ont cependant pas baissé de manière significative comme en 2019 et 2020.

Dès janvier 2021, de légères hausses ont commencé à être enregistrées et en début février 2021, ils sont déjà au-delà de ceux du mois d’octobre 2020. Les prix évolueront normalement en hausse jusqu’à la période de soudure où ils devront atteindre leur pic. Ce pic pourrait se situer entre 250 FCFA/Kg et 260 FCFA pour le mil, entre 200 FCFA et 220 FCFA pour le sorgho et le maïs en ce qui concerne la moyenne nationale.  Dans les zones à risque du Nord, Sahel et Centre-Nord (insécurité, baisse de la production, déplacés internes), les prix à la soudure pourraient même atteindre 300 FCFA/Kg pour le mil, 250 FCFA pour le maïs et le sorgho.  Si pour le consommateur, cette inflation est déjà perceptible au niveau des marchés locaux, il faut craindre, car le pire est à venir. En effet, les céréales restent les matières premières dans  la fabrication de la provende, le mélange alimentaire destiné aux animaux d’élevage. Dans les provenderies (unités de fabrication et de commerce de cet aliment), la situation est déjà intenable. « Nous le vivons, nous le subissons », confie Sié Seydou Coulibaly,  gérant « Kono Aliments » dont le siège est à Ouagadougou. « On n’a jamais vu ça. D’habitude, les prix chutent à la sortie de la campagne agricole et  ne grimpent considérablement qu’avant la prochaine récolte. Mais cette année, nous avons  déjà atteint le pic des prix en février. D’ici août, les  choses seront encore plus dures », renchérit Edouard Ouédraogo, Directeur général  de SAPROCOM SA, une autre unité de fabrication d’aliments pour élevage de la capitale burkinabè. Sié Seydou Coulibaly,  qui est également le président de l’Interprofession de l’aviculture moderne du Burkina Faso (IPAM-B), dit observer depuis octobre 2020, une augmentation de 05 à 25 % sur le prix du maïs, du soja, du son de blé… ses principales matières premières.

Hausse de la demande, production de bière et exportations en cause

De l’avis des différents acteurs de la chaîne, plusieurs facteurs pourraient expliquer ce niveau aussi élevé des prix des céréales. Il s’agit, entre autres, de la hausse des besoins de consommation humaine et surtout industrielle face à une production moyenne due à la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies, d’une part, et d’autre part, à l’abandon de certaines zones de production du fait de l’insécurité ; d’une forte réduction des entrées de céréales des pays tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo ; d’une exportation de céréales, surtout vers le Niger, dont la demande jadis satisfaite  majoritairement par le Nigeria ne l’est plus ; d’une absence de stock report chez les commerçants suite à la précédente campagne agricole qui a également été moyenne. Les stocks ménages et les stocks commerçants étaient quasi nuls à la récolte…

A ces explications s’ajoute une autre, propre à la SONAGESS : « La forte hausse des prix enregistrée cette année par rapport à l’année précédente s’explique par le fait que les prix étaient exceptionnellement bas. Lorsque que l’on fait la comparaison avec la moyenne des cinq dernières années (période de référence en matière d’analyse de prix), l’on constate une relative stabilité (153 FCFA pour le maïs, 196 FCFA pour le mil et 163 FCFA pour le sorgho) ».

A SAPROCOM SA, le stock des céréales en magasin permet encore de maintenir le prix actuel de la provende : le sac de 50kg à 12.500 F CFA et la tonne à 250.000 F CFA. Mais ce n’est que jusqu’à la limite du supportable.

« Au plus tard fin mars 2021, s’il n’y a pas de changement, nous serons contraints de revoir le coût de nos produits», avoue le premier responsable. « Les prix sont stables mais pas pour longtemps, car ce n’est pas tenable. Nous procèderons à une augmentation de  15 à 20% incessamment », affirme M. Coulibaly.

Avec cette révision des coûts dans les provenderies, l’aliment volaille pourrait passer à 15.000 F CFA le sac de 50kg et 300.000 la tonne en moyenne. Les éleveurs pourraient débourser 12.500 F CFA et 250.000 F CFA au lieu de 10.000 F CFA et 20.000 F CFA pour l’aliment bétail. Naturellement, cela va entrainer une répercussion sur les produits de l’élevage. La plaquette de 30 œufs de poulets pourrait passer de 2.500 à 3.000 F CFA, par exemple, et le consommateur devrait payer en moyenne 3.500 pour avoir un poulet au lieu de 3.000.o

Martin SAMA

 

Encadré

Mécanisme de fixation des prix

Il n’existe pas un mécanisme de fixation de prix standard appliqué par les acteurs sur les marchés. Le prix dépend généralement de l’offre et de la demande. Lorsque la demande est forte et que l’offre est faible, les prix augmentent comme c’est le cas présentement. Inversement, lorsque l’offre est plus importante que la demande, on assiste à une baisse des prix. A ces facteurs s’ajoutent les frais connexes (transport, manutention, tracasseries routières, etc.).o

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Numéro d'édition: 380

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