Le président de la CCI-BF, Mahamadi Savadogo, et son équipe repartiront à la pêche des voix en 2021. (Ph. DR)

De grandes perspectives pour les secteurs économique et agricole

Le président de la CCI-BF, Mahamadi Savadogo, et son équipe repartiront à la pêche des voix en 2021. (Ph. DR)

2020 a été une année difficile pour ces deux leviers de croissance économique au Burkina Faso. Crise sanitaire et sécuritaire oblige. Pour 2021, les acteurs promettent de consolider les acquis et de dynamiser ces deux secteurs économiques pour un Burkina Faso prospère. L’Economiste du Faso est allé à la rencontre des premiers responsables. Lisez plutôt !

CCI-BF : Le mandat du président Mahamadi Savadogo en jeu

Les 365 jours de l’année 2021 s’annoncent très chargés pour la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF). Et pour cause, les 151 élus consulaires devront remettre leur mandat en jeu. Elus en 2016 pour un mandat de 5 ans, Mahamadi Savadogo et son équipe repartiront à la pêche des voix auprès des différentes faîtières. Du reste, dans son message de vœu de nouvel an dont L’Economiste du Faso a eu copie, Mahamadi Savadogo annonce les couleurs en ces termes : « J’exhorte tous les opérateurs économiques à redoubler d’efforts pour la poursuite des chantiers inscrits à l’agenda 2021 qui sera une année charnière et une année électorale pour notre institution ». Il a aussi exhorté à l’union et à la détermination du monde des affaires pour poursuivre l’ambitieux programme de rénovation consulaire qui contribuera davantage à la transformation structurelle de notre économie et à sa résilience. Mais avant, il a reconnu que le secteur économique, poumon de l’économie burkinabè, a été singulièrement éprouvé en 2020. En effet, le secteur a dû faire face à l’insécurité et à la Covid-19.

Mais le président de la CCI-BF note qu’une résilience a été observée dans tous les secteurs d’activités et ce, grâce à l’union autour des Forces de défense et de sécurité ainsi que la solidarité nationale manifestée dans la lutte contre la pandémie. Toute chose qui a permis le réaménagement du plan d’actions annuel de la CCI-BF, en orientant ses priorités vers des initiatives d’accompagnement des entreprises à la résilience économique. Mahamadi Savadogo souligne qu’en dépit de ces difficultés, la mise en œuvre du Plan stratégique de la mandature 2016-2021 s’est poursuivie avec un niveau d’exécution satisfaisant. En effet, le renforcement de la compétitivité des entreprises étant une priorité pour son institution, des programmes de formation ont été déroulés au profit des acteurs économiques et des grands projets d’investissements ont été initiés sur l’ensemble du territoire national et dans nos représentations à l’extérieur.

Chambre nationale d’agriculture

Vers la professionnalisation du secteur

A en croire le président de la Chambre nationale d’agriculture (CNA), Moussa Koné, 2021 verra une « révolution » du secteur pour permettre aux acteurs de tirer le maximum de bénéfice de leur principale activité. Une révolution qui passe par la consolidation des acquis et la poursuite de sa mission de service public à l’endroit des acteurs des filières agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques. Ce dynamisme du monde paysan passe par :

-La mise en œuvre du Plan stratégique de développement à travers les contrats plan avec les différents partenaires étatiques ;

-le montage et la recherche de financement des projets structurants ;

-la poursuite de la délivrance des cartes professionnelles aux exploitants ;

-la création des maisons de paysans dans toutes les Communes du Burkina qui renfermeront des pools d’expertise pour offrir les services de proximité aux producteurs ;

-la poursuite de plaidoyers pour dynamiser le secteur agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique.

A sa suite, le Secrétaire général de la Chambre nationale d’agriculture, Alfred Diendéré, souhaite voir un monde paysan qui participe activement à l’économie nationale. Une démarche, selon lui, qui passe par la création des métiers liés au secteur agricole qui génèrent des ressources et créateurs d’emploi et de richesse nationale. Il a aussi émis le vœu que la professionnalisation du secteur agricole devienne une réalité. Un vœu qui, d’ailleurs, a été inscrit dans le Plan stratégique de développement pour les 5 prochaines années. Alfred Diendéré mentionne qu’au titre de 2021, une des priorités sera l’enregistrement des exploitations des paysans.

Avec cette phase d’enregistrement des exploitations des paysans, la CNA va délivrer au propriétaire une carte professionnelle. Cette carte est un titre de reconnaissance de son activité et son titulaire sera officiellement reconnu comme un exploitant agricole. Toujours, selon le Secrétaire général, des démarches sont entreprises pour que le détenteur de la carte professionnelle puisse avoir des avantages sur le plan de l’assurance retraite, assurance agricole, l’accès au financement…

Une autre priorité pour 2021, selon Alfred Diendéré, est la création d’un cadre de concertation avec l’ensemble des acteurs des filières agro-sylvo-pastoral, halieutique et faunique. Mais avant les perspectives pour 2021, le président de la CNA note que l’année 2020 a été durement marquée par la crise sécuritaire et la pandémie de la maladie à Coronavirus, avec des conséquences néfastes sur les secteurs de production agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique au Burkina Faso.

Il mentionne que l’insécurité, suite aux attaques terroristes, a occasionné des déplacements massifs des producteurs qui, dans leur mouvement, ont abandonné leurs moyens d’existence (céréales, terres, cheptel, etc.). Quant à la pandémie du Coronavirus survenue en mars 2020, elle a aussi impacté négativement l’exécution des activités agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques.

Ce qui a eu comme corollaire la fermeture des marchés, la distanciation sociale, la fermeture des frontières et autres. Pour juguler cette crise sanitaire, la Chambre nationale d’agriculture a été une force de proposition à l’endroit des pouvoirs publics afin de trouver des solutions palliatives pour permettre aux producteurs d’écouler leurs productions. Malgré les facteurs sécuritaires et sanitaires, Moussa Koné a égrené les acquis de 2020 qui sont :

– l’accompagnement des pouvoirs publics dans la mise en œuvre des projets et programmes des domaines ASPHF ;

-la facilitation de la distribution des intrants et équipements agricoles au profit des producteurs ;

– l’appui à la gouvernance des organisations à travers la mise en conformité avec l’aide uniforme OHADA relative aux sociétés coopératives ;

– le démarrage du processus d’enregistrement des exploitations ASPHF et la délivrance des cartes professionnelles aux exploitants ;

– l’élaboration et l’adoption d’un Plan stratégique de développement à l’horizon 2025 ;

– le renforcement de la mécanisation agricole par la mise à disposition des tracteurs au profit des Chambres régionales d’agriculture (CRA)

– la représentation efficace des producteurs auprès des pouvoirs publics et autres acteurs de développement. o

Ambèternifa Crépin SOMDA

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Numéro d'édition: 374

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