Construction de l’Etat de droit: Poursuivre le chantier des réformes politiques

• Renforcer l’Etat de droit

• Le chantier de la réconciliation nationale

Lorsque le peuple burkinabè portait son choix sur Roch Marc Christian Kaboré en 2015 comme président du Faso, il avait pris l’engagement de faire de la gouvernance politique et administrative un pilier pour garantir la paix, la cohésion sociale. Pour renforcer la démocratie et les droits humains, il fallait initier des réformes au plan politique après l’insurrection populaire d’octobre 2014.

En matière de renforcement de la gouvernance politique et administrative, l’on peut citer des réformes comme la révision du Code pénal, du Code de procédure pénale et du Code électoral. Grâce à la révision du Code électoral, les Burkinabè de l’extérieur ont pu participer à l’élection présidentielle du 22 novembre 2020. Une avancée dans la consolidation de la démocratie, même si le pays n’a pas pu profiter de tous les bénéfices de ce vote de la diaspora.

Toujours, au plan des réformes politiques, dans un esprit de concertation, le projet de la Constitution devant acter le passage à la Ve République a été une réalité. Il reste maintenant l’adoption de ladite loi fondamentale pour que l’Etat de droit garantissant les libertés individuelles et collectives soit renforcé. Comme le président du Faso l’a lui-même souligné dans son programme quinquennal, le passage à la Ve République est primordial. « Le passage effectif à la Ve République par l’adoption du projet de Constitution posera les bases d’un nouveau socle institutionnel pour notre pays.

Mais, il nous faut du courage pour aller plus loin et rénover notre démocratie », mentionne le chef de l’Etat dans son programme. De l’adoption de la Constitution découleront des réformes non moins importantes comme celles des institutions de la République et de leurs budgets respectifs, la rationalisation des départements ministériels pour plus d’efficacité et d’efficience dans l’action gouvernementale, le renforcement des capacités opérationnelles de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC).

Au plan politique, il reste des réformes à poursuivre comme celle globale du Code électoral, la poursuite des concertations en vue de l’adoption d’un statut de la chefferie coutumière, la relecture de la Charte des partis et formations politiques, la relecture des textes législatifs et règlementaires encadrant l’exercice des libertés religieuses, la relecture de la loi sur les libertés d’association pour prendre en compte la lutte contre le blanchiment des capitaux et la lutte contre le terrorisme, la mise en place de règles adaptées à l’exercice des libertés dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Même si durant son premier mandat, il n’en a pas fait une priorité, le chantier de la réconciliation nationale sera une préoccupation majeure dans les premiers moments du second quinquennat du chef de l’Etat. Elle est l’étape incontournable pour apurer les dossiers susceptibles d’ouvrir la voie au retour de la paix des cœurs par le biais de la triptyque vérité, justice et pardon.

«S’agissant de la réconciliation nationale, socle de la construction et du renforcement de l’État de droit, m’appuyant sur le travail remarquable du Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), et tirant leçon des résultats pertinents et encourageants du dialogue que j’ai initié avec la classe politique, je m’engage, dès le premier semestre de 2021, à organiser un forum de réconciliation avec l’ensemble des forces vives de la Nation dans une dynamique de sincérité et de pragmatisme pour créer les conditions d’une véritable réconciliation nationale », souligne le président du Faso.

Comment y parvenir ? Il faudra une bonne dose d’audace et de la volonté de la part du chef de l’Etat. C’est le prix  à payer pour ériger un Etat fort.

Jérôme HAYIMI

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Numéro d'édition: 373

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