Secteur minier: Les promesses des candidats à l’élection présidentielle

• Zéphirin compte organiser des assises nationales sur le secteur minier

• Roch et Eddie promettent le redémarrage effectif de Tambao

• Eddie, Kadré, Claude et Zida pour une relecture du Code minier

programmes des candidats à l’élection présidentielle du 22 novembre 2020 n’occultent pas le secteur minier dont voici quelques extraits.

Tahirou Barry, le candidat du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR) se donne pour objectif d’accroître les recettes fiscales minières situées autour de 196 milliards en 2019 et les affecter à l’amélioration des conditions de vie des populations. A cet effet, il s’engage à développer l’information géologique et minière en vue de renforcer le nombre de mines industrielles en exploitation, valoriser et promouvoir l’expertise nationale dans le secteur minier, opérationnaliser le Fonds minier de développement local, encadrer adéquatement l’exploitation artisanale de l’or, combattre sans complaisance la fraude minière et renforcer les actions de recouvrement ciblées des contribuables reliquataires.

Zéphirin Diabré, candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), compte organiser des assises nationales sur le secteur minier pour une gestion durable du secteur minier. Il s’engage à créer des brigades spéciales de contrôle des sociétés minières et doter les vérificateurs de solides compétences grâce à une formation aux normes et aux instruments internationaux en matière de fiscalité minière. Afin de veiller à rationaliser les incitations fiscales du Code des mines, il s’engage à faire un toilettage des régimes dérogatoires de faible portée ou très peu usités.

Ambroise Farama, candidat de l’Organisation des peuples africains-Burkina Faso (OPA-BF), propose que l’Etat assume sa souveraineté nationale dans la gestion de ses ressources minières par un contrôle des sociétés extractives. Cela passe par des réformes législatives en vue d’accroître la participation de l’Etat à au moins 51% des actions des sociétés extractives. Il encourage les nationaux à investir dans le secteur minier et soutiendrait l’exploitation semi-mécanisée à travers un programme d’appui à l’exploitation semi-industrielle faite par les nationaux. L’exportation sera centralisée pour un meilleur contrôle et l’Etat trouvera les moyens pour financer l’exploitation minière par les nationaux (Effort populaire d’investissement (EPI), volontariat populaire, actionnariat populaire, etc.

Roch Marc Christian Kaboré, candidat du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Le président sortant s’engage à la réalisation d’une étude de faisabilité qui permettra le démarrage de la mise en exploitation effective de la mine de manganèse de Tambao, afin de mettre en valeur cet important gisement. Il compte augmenter la part des produits locaux dans l’approvisionnement du secteur minier, et également faciliter le transfert des compétences vers les acteurs locaux. Son action visera la création de pôles de développement autour des zones minières et le développement d’une industrie manufacturière répondant aux grands besoins de consommation des entreprises minières par la création d’un réseau de fournisseurs locaux répondant aux standards du secteur.

Yéli Monique Kam, candidate du Mouvement pour la Renaissance du Burkina (MRB), compte imposer aux sociétés minières d’accorder l’exécution par les sociétés de droit national burkinabè́ d’au moins 50 % de toutes leurs commandes et consommations de biens et services.

Eddie Constance Hyacinthe Komboïgo, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), engagera la puissance publique pour que la mine de Tambao soit enfin exploitée.

Son ambition est de faire en sorte que les ressources du sous-sol du pays profitent à tous les Burkinabè, en réalisant un audit profond du secteur au cours des 5 ans de mandat. Renforcer les capacités de l’Administration à évaluer les performances financières des entreprises extractives, créer et opérationnaliser le Guichet unique du minier, encadrer l’exploitation minière artisanale et semi-mécanisée, instituer des mécanismes de promotion des capitaux nationaux dans le secteur d’exploitation des mines font partie de son programme. Eddie aura un regard plus avisé sur les contrats miniers.

En vue de sauvegarder les intérêts des générations futures, un fonds spécial dédié à des investissements structurants et à la jeunesse sera créé. De même, dans la révision du Code minier, un accent particulier sera mis sur la sauvegarde de l’environnement.

Ablassé Ouédraogo, candidat de Le Faso Autrement. Ce candidat veut un climat de paix et de confiance pour promouvoir la croissance, le développement du secteur minier et le développement des énergies renouvelables.

Gilbert Noël Ouédraogo, candidat de l’Alliance pour la démocratie et la fédération – Rassemblement démocratique africain (ADF-RDA).

Il s’engage à conclure des partenariats avec des négociateurs compétents (cabinets spécialisés) pour accompagner l’Etat dans les négociations des contrats miniers, créer une société minière d’Etat à capital exclusivement national pour accélérer le développement des infrastructures socioéconomiques. La société sera rétrocédée progressivement au secteur privé national pour lui permettre de mieux intégrer ce domaine. Il s’engage à règlementer le secteur artisanal en organisant les petits exploitants artisanaux et à renforcer les capacités des écoles de mine en collaboration avec les sociétés minières.

Kadré Désiré Ouédraogo, candidat de « Agir ensemble », s’engage pour la refonte totale du Code minier afin de le rendre plus efficient sur le plan du recouvrement fiscal, et plus contraignant pour les collectivités et l’environnement. Il compte encourager les unités minières et autres à nouer des partenariats solides avec des groupes comme Enel (Italie) et Siemens (Allemagne), un partenariat stratégique avec l’AFD (France) visant l’objectif affiché d’atteindre une capacité de production de 300 mégawatts à l’horizon 2030. « Les industries minières sont porteuses d’énormes richesses, nous pouvons en exiger au moins 40 % des parts des exploitations minières affectées par des investisseurs étrangers. Pour ce faire, il faut raffiner la majorité des produits sur place avant l’exportation, installer des raffineries d’or et autres métaux précieux au Burkina Faso et interdire l’exportation de métaux non finis.

Abdoulaye Soma, candidat du Mouvement Soleil d’Avenir, compte créer « L’or du Faso au Faso », une société d’Etat en matière d’exploitation minière et des carrières pour éviter les évaporations financières, budgétaires, fiscales et salariales au détriment du peuple. Cela s’accompagnera d’un contrôle restreint des nouvelles autorisations d’exploration ou d’exploitation minières demandées par les multinationales au Burkina Faso.

Claude Aimé Tassembedo, candidat indépendant, s’engage à reviser les textes règlementant le secteur minier, pour optimiser le retour sur investissement au profit des populations et une réelle observation des mesures de protection de l’environnement et l’écosystème. Savoir explorer et exploiter les mines de façon stratégique en tenant compte de l’avenir du pays est une nécessité vitale, selon lui. « Ce n’est pas parce qu’on a découvert une mine qu’il faut l’exploiter immédiatement. On peut savoir anticiper sur le temps et faire des réserves en fonction de l’évolution du cours ou des enjeux socioéconomiques », conclut-il.

Yacouba_Isaac Zida, candidat du Mouvement patriotique pour le salut (MPS). Le candidat du MPS s’engage à réorganiser le secteur minier en faisant relire le Code minier en vue d’augmenter la part de l’Etat. Il compte mettre en place un mécanisme afin de connaitre avec exactitude, pour chaque mine, la quantité́ extraite par an, par mois, voire par jour. Réorganiser efficacement le cadastre minier, actualiser les plans de développement des localités éligibles au Fonds minier de développement local et réorganiser la contribution des sociétés minières dans l’ouverture de filières indispensables à la formation d’experts aux emplois spécifiques du secteur minier moderne sont inscrits dans son programme. Il envisage également de rendre effective l’autonomisation des structures de contrôle dans lesquelles les contrôleurs seront missionnés avec une prise en charge par le budget de l’Etat et non celui des mines qu’ils partent contrôler. Enfin, il prône la promotion d’une gouvernance vertueuse par le renforcement du dispositif de suivi-contrôle afin de réduire, voire éliminer la corruption dans ce milieu.o

Synthèse de Elie KABORE

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Numéro d'édition: 368

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