PNDES phase2: Adopté au plus tard en fin mars 2021

• Le nouveau référentiel 2021-2025 est en cours d’élaboration

• Il intégrera les orientations du prochain président

• Une loi de finances rectificative dès son adoption

Le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020 tire vers sa fin. Y aura-t-il une seconde phase ? Si oui, quel est son niveau d’élaboration ?
En prélude à l’adoption de la loi de finances 2021, les députés ont interpellé le gouvernement sur les perspectives envisagées pour l’élaboration de ce nouveau référentiel.
Dans sa réponse, Lassané Kaboré, ministre de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID), a rappelé : « L’article n°3 du Décret n° 2016-931 du 03 octobre 2016 portant adoption du PNDES dispose que le PNDES reste en vigueur jusqu’à l’adoption d’un nouveau référentiel de développement ».
Pour ce qui est de la réécriture du prochain référentiel, il ajoute que conformément aux dispositions de la loi n°34-2018/AN du 27 juillet 2018 portant pilotage et gestion du développement, le gouvernement a entrepris l’élaboration d’un nouveau référentiel de développement. Cette loi, selon le ministre, dispose que le référentiel de développement doit couvrir le mandat du président élu. Pour conduire l’élaboration du Référentiel national de développement (RND 2021-2025), un dispositif a été défini autour du comité d›orientation et de supervision et comprend 04 Commissions thématiques et un secrétariat technique assisté par 06 groupes de rédaction spécialisés (cadrage macroéconomique et financier, démographie et développement, suivi-évaluation et capitalisation, communication, productivité et rémunération dans l’administration publique) et des experts.
Ce nouveau référentiel en cours d’élaboration utilise une approche participative et inclusive, qui s’inspire de l’Etude nationale prospective (ENP) « Burkina 2025 », des orientations du Schéma national d’aménagement et du développement durable du territoire (SNADDT), des politiques sectorielles et des engagements internationaux auxquels le pays a souscrit (ODD, agenda 2063 de l’UA, etc.) tout en prenant en compte les thèmes transversaux majeurs (genre, environnement, changements climatiques, emploi, etc.). La finalisation du projet de RND 2021-2025 intégrera les orientations du programme de campagne du candidat qui sera élu aux prochaines élections de novembre 2020 et les dispositions de mise en œuvre. A terme, le RND 2021-2025 devrait être disponible pour la validation nationale au plus tard le 15 janvier 2021, son adoption en Conseil des ministres au cours du mois de février 2021 et la présentation du document de RND 2021-2025 à l’Assemblée nationale au plus tard en fin mars 2021.
Dans le processus d’élaboration, la Direction générale de l’Economie et de la Planification (DGEP) joue un rôle central. Dr Larba Issa Kobyagba, Directeur général de la structure, donne des précisions.
Sa structure a un rôle central en matière d’élaboration de tout ce qui est document de politique économique et social. C’est dans ce cadre qu’il a fortement participé à l’élaboration du PNDES avec d’autres entités.
« Pour la rédaction du prochain référentiel, la DGEP est quasi présente dans l’ensemble des Commissions spécialisées et des groupes thématiques mis en place à cet effet. Les Commissions thématiques auxquelles elle prend part sont les commissions «transformation de l’économie», «cadrage macroéconomique», «développement du capital humain», «suivi-évaluation et capitalisation», « cadrage budgétaire, investissement, financement et mobilisation des ressources », « aménagement du territoire et pôles de croissance ». » Le DGEP ajoute que deux de ses directeurs (le Directeur de la prospective et de la planification stratégique et sectorielle et le Directeur du suivi et de l’évaluation des politiques économiques et sociales) font partie intégrante des membres de l’équipe de rédaction dudit référentiel.
Il est vrai que l’Institut national des statistiques et de la démographie (INSD) fait le comptage, mais l’analyse des questions de population repose sur la DGEP. « Lorsque vous voulez faire des prévisions sur les 5 prochaines années sur la santé économique (cadrage macro-budgétaire), vous êtes obligé de vous appuyer sur la DGEP.
Lorsque vous voulez des éléments liés à la transformation structurelle de l’économie, nous avons ce que l’on appelle la mémoire de la transformation structurelle, où la DGEP joue un rôle incontournable. L’un dans l’autre, on pourrait dire que le processus actuel qui se conduit en termes d’élaboration est à un niveau d’ancrage institutionnel beaucoup plus élevé. Notamment, au niveau du Premier ministère, avec le Secrétariat permanent du PNDES », rassure Dr. Larba Issa Kobyagba.
Il termine en précisant que l’adoption de ce nouveau référentiel d’ici fin mars 2021 va entrainer une nouvelle loi de finances rectificative.

Elie KABORE

Prise de dispositions pour élaborer une nouvelle Etude nationale prospective (ENP) 2025

Le PNDES et le prochain référentiel s’inspire de l’ENP 2025 qui s’inscrit dans la logique de la planification de long terme. Le processus actuel consiste à une analyse factuelle de l’ENP 2025, sur ses fondamentaux. Cumulativement, un rapport introduit en Conseil des ministres présente l’état de réalisation de l’ENP « Burkina Faso » 2025 et qui décline la feuille de route pour aller vers une autre ENP. Sur cette base, au cours des 3 prochaines années (2021-2023), il sera procédé à tous types d’analyses à travers les consultations. Pour élaborer ce type d’ENP, vous avez à la fois des consultations techniques, régionales, nationales, la dimension géostratégique ou même internationale pour pouvoir projeter le Burkina Faso au minimum dans les 30 prochaines années. «Nous attendons la définition de l’horizon, si celle-ci est définie par les premières autorités, nous allons aller vers le schéma de mise en œuvre. C’est une étude très lourde qui exige beaucoup d’acteurs et se veut nationale et inclusive, elle va travailler à mettre toutes les parties prenantes à contribution pour garantir son appropriation. L’ENP est comme la Constitution au sens du développement économique. C’est le socle sur lequel tout politique va venir puiser», explique DGEP. o

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Numéro d'édition: 364

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