Numérique au Burkina Faso: Des infrastructures pour «booster» l’économie

• Appel à de nouveaux investisseurs

• Amélioration de la connectivité nationale

• Réduction des coûts de la connectivité en vue

La capitale économique du Burkina Faso, Bobo-Dioulasso, bénéficie depuis 04 septembre 2020, d’un point d’atterrissement virtuel. La cérémonie d’inauguration était placée sous le haut patronage du Premier ministre Christophe Dabiré. Ces infrastructures ont pour but de désenclaver numériquement le Burkina Faso, de moderniser l’Administration, l’économie et la société.

Elles visent plus largement à contribuer au développement économique et social.

Le numérique est un levier pour le développement économique d’un pays. Conscient de l’importance des opportunités qu’il offre en matière de croissance, le gouvernement a décidé de saisir ces opportunités en mettant en place un point d’atterrissement virtuel (PAV) à Bobo-Dioulasso, soutenu en cela par la Banque mondiale dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national pour le développement  économique et social (PNDES), dans lequel les technologies de l’information et de la communication (TIC) jouent un rôle de transformation, de modernisation de l’administration publique, des secteurs économiques et de la société burkinabè.

Ces infrastructures devront favoriser le développement des TIC, améliorer la connectivité nationale, réduire les coûts de la connectivité au profit des citoyens, entreprises et gouvernement et améliorer la compétitivité du secteur privé. « Le Burkina Faso est en train de progresser vers l’ère du numérique. Aujourd’hui, on ne peut pas faire de développement économique et social sans le numérique», a fait savoir Christophe Dabiré. Pour le Premier ministre, le PAV permettra de désenclaver le Burkina Faso dans son rapport avec les autres pays du monde, particulièrement ces voisins. Le gouvernement envisage de continuer l’installation de ce type d’infrastructures dans d’autres régions du Burkina Faso, a affirmé Christophe Dabiré.

L’économie numérique se développe 

D’une capacité de 5 gigabits par seconde, le PAV de Bobo-Dioulasso est le deuxième après celui de Ouagadougou, qui livre déjà 10 gigabits par seconde.  La mise en service de 15 gigabits supplémentaires permettra de faire passer la bande passante internationale globale disponible à 60 gigabits en 2020.

D’un coût d’accès de 2.623.828.000 F CFA, la gestion de la bande passante supplémentaire est confiée à la société coopérative simplifiée PAV-BURKINA dont le président est Philippe Gobga. « Le PAV a permis l’émergence de nouveaux membres, de nouveaux fournisseurs et d’améliorer la qualité en permettant de servir nos abonnés », a-t-il dit. La stratégie du gouvernement :c’est de faire en sorte que le numérique contribue au renforcement du développement économique et appelle davantage des investisseurs, car les coûts des communications numériques seront réduits, a confié Christophe Dabiré.

A en croire la ministre du Développement de l’économie numérique et des Postes, Hadja Fatoumata Ouattara, ces infrastructures à la disposition des opérateurs nationaux et mises en œuvre au profit des objectifs du développement permettront l’approvisionnement localement en bande passante internationale à un coût compétitif.

Le PAV de Ouagadougou a eu de nombreux impacts positifs. « Il a permis aux fournisseurs d’accès, aux compagnies de téléphonie, et aux administrations de s’approvisionner localement via Internet à un coût réduit avec une baisse pour ces structures de 84% du coût initial », a souligné Galiam Ouédraogo, Directeur général des infrastructures de communication électronique. Ces infrastructures permettront de booster la concurrence et d’augmenter les offres de services d’Internet au bénéfice des consommateurs.

S’inscrivant dans le cadre du Programme régional d’infrastructures de communication pour l’Afrique de l’Ouest (WARCIP), ces infrastructures ont pour objectif d’améliorer la connectivité et de rendre plus performantes les communications électroniques des pays de l’Afrique de l’Ouest. D’autres projets portés par le ministère du Développement de l’économie numérique et des Postes concernant le numérique sont en cours, a indiqué Philippe Gobga.o

Diro Benoit Wilfried TOE (Collaborateur)

 

Encadré

NeXT’s confirme son expertise

Stéphane Sanou est le Directeur général de NeXt’s, l’entreprise qui a assuré la mise en place de l’infrastructure. Il nous explique ici la responsabilité de sa société sur ce chantier.  Cette entreprise n’est pas à son premier coup sur ce type d’infrastructures. C’est elle qui a réalisé le PAV et l’IXP de Ouagadougou il y a 2 ans.

L’Economiste du Faso : En quoi a-t-il consisté la réalisation de ce point d’atterrissement

« En résumé, il s’agit d’une infrastructure composée de fibre optique  et d’équipements réseaux pour permettre de déporter le point d’atterrissement, c’est-à-dire, le nœud  ou la fibre optique maritime qui arrive dans un pays. En effet, l’Internet est transporté par des câbles à fibre optique sous-marins. Ils sont ensuite distribués dans les pays à travers un point de jonction qu’on appelle l’atterrissement. Les pays de l’hinterland font donc ce déport à travers un réseau fibre optique qui traverse le pays hôte.

Ainsi donc, le PAV fait de telle sorte que l’on ait accès directement au câble sous-marin.  L’acquisition de la bande passante a été faite auprès d’un opérateur international.

Quel a été le rôle de NeXT’s ?

Il s’agissait de construire le site qui est composé de 2 containers (01 de 20 pieds pour l’énergie et 01 de 40 pieds pour le Data center),

De garantir une énergie propre et continue (groupe électrogène et Onduleur) et le système de monitoring qui permet de surveiller l’installation à distance ainsi que les équipements de connectivité (ceux qui reçoivent la bande passante internationale et qui la redistribuent aux fournisseurs d’accès Internet)

Le projet a coûté près de 500 millions FCFA et duré 3 mois avec une interruption liée aux difficultés d’approvisionnement pour cause de Covid-19. Le travail a été réalisé par nos équipes en Internet avec l’appui de consultants burkinabé. Nous n’avons pas eu recours à une expertise extérieure.

Il faut noter que nous avons aussi réalisé le PAV et l’IXP (point d’accès Internet) de Ouagadougou  en 2018. Depuis ce temps, NeXT’s a développé une expertise dans des projets réseaux complexes.o

Propos recueillis par AT

Commentaires
Numéro d'édition: 358

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.