Le président de Vision Burkina, Do Pascal Sessouma : « Notre parti fera du retour de la paix, la priorité des priorités. Vivre pour la patrie sera la règle, mourir pour la patrie sera l’exception »

Présidentielle de novembre 2020: Le journaliste Do Pascal Sessouma entre en lice

• Idéologie pacifiste

• Démilitarisation du pays

• Gouverner par sept engagements

Vision Burkina-parti pacifiste, présidé par le journaliste Do Pascal Sessouma, a fait sa rentrée politique le samedi 13 juin à Ouagadougou.

Le président de Vision Burkina, Do Pascal Sessouma : « Notre parti fera du retour de la paix, la priorité des priorités. Vivre pour la patrie sera la règle, mourir pour la patrie sera l’exception »

Comme le dit l’adage populaire, le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir. L’ancien journaliste-présentateur à la Télévision nationale du Burkina, Do Pascal Sessouma, a bien compris la portée de cette assertion. Il vient de porter sur les fonts baptismaux sa formation politique dénommée Vision Burkina-Parti pacifiste. Lors de la rentrée politique du parti, le samedi 13 juin 2020, à Ouagadougou, le président Do Pascal Sessouma a, par la même occasion, déclaré sa candidature à l’élection présidentielle du 22 novembre prochain. Aux dires du premier responsable de Vision Burkina, le parti a été créé en janvier 2020, reconnu légalement le 17 avril dernier et entend participer au débat politique pour plus d’avancée démocratique dans le pays. Parti du constat que les politiques de développement initiées au Burkina Faso n’appréhendent pas suffisamment les ressorts d’un développement équitable et harmonieux du Burkina Faso, ce nouveau parti veut, selon la formule de Simone de Beauvoir, « réconcilier morale et politique, réconcilier l’homme avec lui-même ». Comme idéologie, Vision Burkina se réclame du pacifisme. « Le pacifisme, c’est la doctrine des partisans de la paix, tous ceux qui aiment la paix. Travailler à promouvoir la paix à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières de notre pays, c’est cela le pacifisme. Le pacifisme, c’est le refus de la guerre et de la violence », a expliqué Do Pascal Sessouma devant un parterre de militants et d’invités. Selon lui, Vision Burkina se veut un parti pacifiste résolument engagé pour le refus de la guerre afin de bâtir un Burkina avec des hommes neutres. M. Sessouma se dit convaincu que les armes n’ont jamais été la solution pour construire la paix. « Vision Burkina se veut un cadre d’expression démocratique ouvert à tous les Burkinabè épris de paix et de justice. Nous voulons construire un pays où toutes les composantes sociales pourront vivre en harmonie », a-t-il précisé.

Pour être en phase avec l’idéologie pacifiste, le président de Vision Burkina propose une démilitarisation du pays des Hommes intègres. Lorsque le pays viendra à bout de l’hydre terroriste et retrouvera sa quiétude et la paix d’antan, a-t-il soutenu, il va falloir « changer carrément le système ». « Il n’y aura plus de ministère de la Défense, il n’y aura plus d’achat de chars. Nous considérons que les chars ne sont pas des outils de développement. Si nous ne pouvons plus acheter de chars, il y aura assez d’argent pour d’autres secteurs vitaux. Si cet argent est investi dans l’agriculture, on pourra se nourrir convenablement. Et si le peuple est bien nourri, il pourra bâtir la patrie. Cela illustre bien notre devise : Paix, pain, patrie », a déclaré Do Pascal Sessouma. Vision Burkina souhaite proposer un regard « fondamentalement différent » sur la situation des Forces de défense et de sécurité. Cette analyse, a confié le président de Vision Burkina, commencera par une réforme en profondeur de nos forces armées pour aboutir à la démilitarisation du pays, à l’instar d’autres Etats dans le monde. « Avec ce choix, au Burkina Faso, à moyen, court et long terme, il n’y aura plus de recrutement militaire et conséquemment, il n’y aura plus d’armée au sens conventionnel du terme. Notre ambition est de faire du Burkina Faso un pays neutre renonçant définitivement à la guerre comme moyen de règlement des conflits. Il y a 25 pays dans le monde qui n’ont pas d’armée et qui n’ont jamais été attaqués.  En Afrique, il y a un seul pays, l’Île Maurice, qui n’a pas d’armée et qui est l’un des plus riches d’ailleurs », a-t-il argué.

A entendre le candidat à la présidentielle, l’opération de démilitarisation se fera sur une base volontaire et aucun militaire ne sera obligé de quitter l’armée contre son gré. « Ceux qui aiment l’uniforme et qui désirent y rester. Leur place sera dans les bataillons spécialisés à la surveillance du territoire et à la protection civile. Certains corps seront préservés et renforcés par des moyens techniques et financiers. A tous les militaires qui voudront quitter l’armée, Vision Burkina proposera des indemnisations pour leur reconversion », a-t-il détaillé. Pour répondre aux priorités, M. Sessouma a souligné qu’une grande partie du budget de la défense irait aux secteurs vitaux du pays comme l’eau, la santé, l’éducation et les routes.

Dans la perspective de gouverner en conformité avec l’idéologie du parti, Do Pascal Sessouma se fixe comme boussole sept engagements au nombre desquels l’établissement de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire et la démilitarisation du Burkina Faso, la réorganisation de l’exercice du pouvoir d’Etat… A propos de l’établissement de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire et la démilitarisation du Burkina Faso, il a laissé entendre qu’il n’est pas exclu de négocier avec l’ennemi. « On peut gagner une guerre sans gagner la paix. Nous croyons qu’il y a une différence fondamentale entre un char d’assaut et un tracteur de labours, une différence entre un tireur d’élite et un enseignant », a-t-il avancé. La concrétisation de ces sept engagements passera par l’adoption d’une nouvelle Constitution pacifiste et inclusive.

Jérôme HAYIMI

Encadré

Les sept engagements de Do Pascal Sessouma

-L’établissement de la paix et de la sécurité sur l’ensemble du territoire et la démilitarisation du Burkina Faso ;

-La réorganisation de l’exercice du pouvoir d’Etat ;

-La réforme totale de l’appareil judiciaire ;

-La refondation de l’administration publique ;

-Le refus absolu de la corruption ;

-La déconcentration de la gouvernance d’Etat ;

– La reconnaissance et l’encadrement de la chefferie coutumière. o

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Numéro d'édition: 350

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