La conférence de presse a été animée par le coordonnateur de l’ONA, Pr Abdoulaye Soma (au milieu) . (DR)

Opposition non affiliée (ONA): Une troisième classe politique

• Un regroupement de partis politiques non affiliés

• Qui prône la modification et l’adaptation du dispositif normatif et pratique

• Elle prend position sur diverses questions d’actualité

La conférence de presse a été animée par le coordonnateur de l’ONA, Pr Abdoulaye Soma (au milieu) . (DR)

 

La scène politique burkinabè, qui comptait jadis deux mouvances, à savoir la majorité présidentielle (APMP) et le Chef de fil de l’opposition (CFOP), s’est agrandie. En effet, l’Opposition non affiliée (ONA) dont la déclaration officielle d’existence a été faite le 26 avril dernier, s’intègre dorénavant dans la sphère politique burkinabè. Pour mieux se faire connaître, la coordination de l’Opposition non affiliée (ONA) a initié une conférence de presse le mardi 2 juin 2020 à Ouagadougou.

Une conférence qui a, notamment, regroupé, en plus des journalistes, plusieurs responsables de partis membres de l’ONA. Il s’est agi d’entretenir les journalistes sur la nature de l’ONA, son positionnement sur les questions structurelles de la vie de la Nation et son positionnement sur les questions conjoncturelles de la gouvernance du pays.

Selon le coordonnateur de l’opposition non affiliée, Pr Abdoulaye Soma, « l’ONA, qui existe et qui est représentée désormais publiquement, a un positionnement structurel substantiel ».

En effet, il est ressorti que sur le plan structurel, l’ONA prône la modification et l’adaptation du dispositif normatif et pratique régissant la classe politique du Burkina Faso. Le jeu actuel entre l’APMP et le CFOP dans la représentation de la classe politique n’est pas conforme aux principes constitutionnels.  L’exclusion des partis politiques non affiliés dans la représentation de la classe politique burkinabè en est l’exemple type.

Le coordonnateur de l’opposition non affiliée, Pr Abdoulaye Soma, a, par ailleurs, ajouté « que l’ONA s’attache à la défense de valeurs qui semblent avoir été négligées ou abandonnées dans la construction et la conduite de la destinée de notre Nation, portant ainsi préjudice au peuple ». Aussi, elle se veut le porte-étendard de la promotion et de la défense de la Constitution, de la forme républicaine de l’Etat, de la démocratie, de l’Etat de droit et des intérêts supérieurs du peuple.

En dépit de cela, l’ONA prône le renouveau politique qui implique le renouvellement du leadership politique du Burkina Faso.  Le coordonnateur de l’ONA a, par ailleurs, lancé un appel à tous ceux qui se sentent brimés par le système politique actuel à faire de l’ONA un bastion pour la survie et la renaissance du Burkina Faso.

Positionnement conjoncturel de l’ONA sur les grands points

Cette conférence de presse a aussi été l’occasion pour le coordonnateur de l’ONA d’expliquer les positions conjoncturelles de sa structure. En effet, selon ce dernier, la prise en compte de l’ONA dans les dialogues doit être incontournable et inconditionnelle. Et pour cause, le Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance de 2001, notamment, à son article 2, et la Charte africaine de la démocratie de 2009 en son article 23 impose de former un consensus dans la classe politique pour prendre les décisions politiques concernant la vie de l’Etat.

Sur la question des élections présidentielles, l’ONA ne souhaite pas la tenue du scrutin, sans une partie du territoire et de la population burkinabè. « En plus d’aboutir à l’élection d’un président anticonstitutionnel, pareilles élections biaiseraient la démocratie et aboutiraient à une structure parlementaire contraire à la Constitution ».

Selon les articles 37 et 80 de la Constitution, les élections présidentielles et législatives ont lieu au suffrage universel. Cela implique que tous les Burkinabè qui ont le droit de vote doivent avoir la possibilité de voter.

Quant à la question concernant la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, les membres de l’ONA ont témoigné leur compassion aux victimes. Ils se sont, par ailleurs, indignés que le régime au pouvoir ait manqué de vision et d’anticipation. Ces derniers ont, notamment, qualifié de hasardeuses les mesures prises par le gouvernement actuel dans la gestion de la crise sanitaire. La coordination de l’ONA a aussi appelé au respect des gestes barrières afin d’endiguer la propagation du virus.

Il a aussi été question, au cours de cette conférence de presse, de la crise sécuritaire liée au terrorisme que traverse le pays. Pour le coordonnateur de l’opposition non affiliée, Pr Abdoulaye Soma: « Nous n’avons pas l’impression que la crise sécuritaire préoccupe vraiment les gouvernants actuels ». Il a, par ailleurs, déclaré que c’était un scandale politique et patriotique que des Burkinabè meurent dans des conditions douteuses hors de la protection du droit. « Nous tenons pour responsables le chef de l’Etat et son gouvernement ainsi que le régime en place de toute mort d’homme dans des conditions douteuses et de toute souffrance endurée dans les parties du territoire hors de la maîtrise de la République », a-t-il ajouté.

L’ONA a, en outre, appelé à la reprise sérieuse du dialogue entre les gouvernants et les acteurs sociaux ainsi qu’à la suppression des mesures sur l’IUTS et les coupures de salaires.o

Rachid OUEDRAOGO (Collaborateur)

 

Encadré:

« L’ONA est un regroupement de partis politiques non affiliés qui se sont vus rejetés par les classes politiques burkinabè jadis limitées à deux. Ainsi donc, tout parti politique n’appartenant ni à la majorité présidentielle, ni à l’opposition, appartient d’office à l’ONA », soutiennent les premiers responsables de la coordination de l’Opposition non affiliée (ONA). o

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Numéro d'édition: 348

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