PNDES : satisfaisant malgré les difficultés rencontrées

• Des efforts à faire dans certains secteurs
• Une bonne mobilisation des ressources
• Des acquis engrangés en 2019

Comme il est de coutume depuis la mise en œuvre du PNDES, la revue technique du Comité technique national s’est tenue le 13 mai 2020 à Ouagadougou. Cette rencontre s’est tenue dans un contexte d’épidémie de Coronavirus occasionnant ainsi l’usage de la visio- conférence. Une rencontre qui a mobilisé derrière les écrans, les membres du Comité national pour l’examen des performances des cadres sectoriels de dialogue sur la mise en œuvre du PNDES. Elle a été présidée par la présidente du comité technique du PNDES, Yvonne Rouamba /Guigma. Selon cette dernière, « l’exécution des actions retenues au niveau du PNDES s’est passée dans un contexte difficile, notamment, un contexte sécuritaire assez difficile avec beaucoup de déplacés ».

La présidente du comité technique du PNDES, Yvonne Rouamba /Guigma, en séance de télétravail

Elle a, par ailleurs, souligné qu’en dépit des ce contexte hostile, des acquis avaient été constatés dans plusieurs secteurs, notamment, l’énergie et les infrastructures. Malgré les difficultés observées à certains niveaux, elle a soutenu qu’il y avait plusieurs motifs de satisfaction. Selon elle, il y a des secteurs où la cible a été atteinte tout comme il y a des secteurs tels que le classement Doing business où il faut encore faire des efforts.
En ce qui concerne les recommandations, la présidente du comité technique du PNDES, Yvonne Rouamba /Guigma, a aussi déclaré qu’elles « sont nombreuses et sont relatives aux difficultés rencontrées ». Ces recommandations tendent à sécuriser les financements pour certains projets et aussi au renforcement de la collaboration.
Sur la question de mobilisation des ressources, le Secrétaire permanent du Plan national de développement économique et social, Alain Siri, estime que la mobilisation des ressources en global se passe très bien : « En termes de ressources extérieurs, nous avons mobilisé un peu plus que les années passés ». Par rapport au gap de financement exprimé à la conférence de Paris, ce dernier a déclaré : « On en est à une mobilisation de ressources de partenaires qui avoisine 75% à 80% des besoins exprimés ». Pour ce qui est de la mobilisation des ressources domestiques, il y a des progrès, malgré le contexte économique difficile, le Burkina Faso a atteint un taux de pression fiscale de 17%. Il a, par ailleurs, souligné qu’il restait des efforts à consentir afin d’atteindre la norme communautaire de mobilisation fiscale qui est de 20%. Une difficulté relevée par ce dernier est le retard des déblocages de financement qui serait dû à des impondérables et d’autres aléas qui ralentissent le processus.
Contexte de mise en œuvre et acquis
Il est ressorti de cette rencontre la conclusion selon laquelle, la mise en œuvre du PNDES en 2019 a été mise en mal par un environnement international et national difficile. En effet, au plan international, l’exacerbation des tensions commerciales et géopolitiques entre les grandes économies de la planète, et les incertitudes liées aux conséquences du Brexit ont occasionné un fort recul de la croissance de certains pays développés. Aussi, sur le plan national, malgré la conjoncture économique nettement plus favorable aux pays de l’UEMOA, l’accentuation des attaques terroristes avec leurs effets dépressifs sur les investissements a entraîné une croissance économique de 5,7%, contre une croissance escomptée de 6%. En raison de l’accroissement des recettes fiscales et de la contraction de l’investissement public, le déficit budgétaire a été ramené à 3% du PIB en 2019, contre 4,9% EN 2018.
Cependant, en dépit des difficultés, de nombreux acquis ont été engrangés en 2019.
Dans le cadre de l’amélioration de l’accès des populations à la santé, un certain nombre de réalisations ont été faites, il s’agit, notamment, de l’inauguration du CHR de Ziniaré, la construction et l’équipement de 59 CSPS sur l’ensemble du territoire. L’opérationnalisation du Centre des opérations de réponses aux urgences sanitaires (CORUS) qui a contribué à la gestion de plusieurs crises sanitaires.
Concernant la dynamisation du secteur de l’industrie et de l’artisanat, grâce au dynamisme du secteur minier, la part de la valeur ajoutée de l’industrie dans le PIB s’est située à 20,53% en 2019 pour une cible de 21,5% attendue en 2020. Toutefois, le développement de l’activité de manufacture tarde à se faire sentir quand bien même de nombreuses initiatives sont en cours d’exécution. Le secteur agro-sylvo-pastoral a connu également un progrès, notamment, dans la production halieutique, avec une quantité de poissons estimée à 28.365 tonnes en 2019, contre 27.700 en 2018. En revanche, les résultats en matière de production végétale et agricole restent en dessous des ambitions affichées en 2019.
Rachid OUEDRAOGO (Collaborateur)

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Numéro d'édition: 345

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